Migrants. Les buralistes se rebiffent contre les frais de la carte ADA

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Depuis fin 2019, les migrants perçoivent leur allocation temporaire d’attente sur une carte bancaire, qui ne permet pas de retirer de l’argent en liquide.

Gérée par la scop Up France (ex-Chèques Déjeuner), elle est en train d’être renouvelée à partir de fin avril. Les buralistes, qui les acceptaient, ont reçu subitement ce lundi 15 des factures de la part d’Up France( qui gère cette carte suite à des marchés publics remportés en 2019 et 2020), contre lesquelles ils se rebiffent, et depuis n’acceptent plus, pour la plupart, ces cartes comme moyen de paiement. 

« On a été avisés par notre confédération le 14 et on a eu le courrier d’Up France le 15 », explique un buraliste du centre-ville de Nantes ; « ils nous envoient des factures nous demandant des frais de 4% sur l’ensemble des transactions, c’est assez conséquent, pour le premier trimestre 2020, alors qu’on a rien signé. Notre confédération a donc conseillé d’arrêter d’accepter ces cartes, en attendant que la situation se clarifie ».

« Les migrants viennent chez nous pour acheter des cigarettes, pas mal de Transfert Pays Orange – les paiements mobiles sont très utilisés en Afrique, c’est de l’argent qui va au pays – et des cartes bancaires prépayées, comme PCS, avec lesquelles ils peuvent acheter de la bouffe ou envoyer du numéraire par mandat au pays », explique un autre buraliste nantais. « Pour nous, ça représente 18.000 € par trimestre, on a essentiellement des guinéens qui sont livreurs deliveroo aussi, ils touchent de l’ordre de 500 € par mois sur ces cartes ».

Actuellement, il y a 108.000 cartes ADA en circulation pour 151.886 allocataires de l’allocation temporaire d’attente au 31 juillet 2019 ; l’allocation se monte à 6.80 € par jour pour une personne seule (190  € par mois), 17 € par jour pour un couple avec deux enfants (478€ par mois). Une somme de 7.40€ par jour est ajoutée lorsque la personne n’est pas hébergée.

La carte permet 25 paiements sans frais, au-delà, c’est 0.5€ par opération – une disposition dénoncée par les associations d’aide aux migrants. Seul avantage de la nouvelle carte ADA 2020 pour les migrants, le centre d’appels est maintenant gratuit, alors qu’il était joignable avant pour un tarif de 0.06 € par minute.

Nous avons joint la fédération des buralistes, qui confirme l’affaire : « on a conseillé aux buralistes de ne plus prendre cette carte dans l’attente que cette situation scandaleuse pour tout le monde, buralistes et migrants, s’éclaircisse ». A noter que les frais, assez importants par rapport aux frais bancaires habituels (1.5%) concernent aussi les commerces, qui n’ont pas encore été prévenus.

« La situation n’est pas contractualisée, on remonte les données du terrain – près d’un millier de factures nous ont déjà été remontées, même s’il y a beaucoup d’indépendants et que des buralistes ont certainement réagi autrement, ou pas du tout. L’information est tombée le 11 juin, notre pôle juridique s’est rapproché d’Up France, qui a déjà répondu qu’ils étaient désolés pour les factures et qu’une convention claire sera établie ».

Les buralistes n’avaient pas besoin de cela : plombés par la crise de Presstalis, la fin du PMU pendant le confinement et des matchs sportifs, ils voient aussi la vente de cigarettes, en forte hausse pendant le confinement, dégringoler à mesure que les frontières rouvrent. « En revanche on peut estimer le marché de la contrebande des cigarettes à 30% des cigarettes vendues ».

Louis Moulin

Illustration : DR
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