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Après le football français et européen, littéralement gangrénés par les investissements colossaux des pays du Golfe dans notre économie (Qatar et Emirats Arabes unis en tête) le rugby ?
Dans un communiqué publié ce jeudi, la mairie de Béziers a indiqué que les actionnaires et les potentiels acquéreurs de l’ASBH avaient fait part à Robert Ménard de « leur volonté de reprendre les discussions ». Le projet de reprise par des entrepreneurs émiriens, porté par Christophe Dominici, est donc relancé. Les investisseurs d’Abu Dhabi devraient injecter 10 millions d’euros dans le projet, à en croire France 3 Occitanie.
Un projet qui suscite des interrogations. Car même si Robert Ménard explique que l’investisseur a un passeport français, qu’il ne produit pas de pétrole, c’est un très proche du pouvoir royal Emirati venu d’Abou Dhabi. « C’est une société basée à Paris qui commercialise des hydrocarbures, du pétrole et du gaz. Cette société travaille pour Abou Dhabi. Mais, attention, elle ne produit pas de pétrole, la nuance me semble importante…» explique-t-il.
« Pour Ménard, c’est l’espoir de dynamiser Béziers. Un club prospère fournirait des recettes à la ville qui possède le Stade de la Méditerranée, perçoit des taxes locales et paye des subventions. L’affaire tombe à pic alors que s’ouvre le deuxième mandat et ses projets de construction. Depuis son élection en 2014, l’édile s’est fait une spécialité d’attirer les investisseurs pour redonner à la ville son lustre d’antan. Et le rugby fait partie du soft power local » explique le journal l’Opinion à qui M. Ménard tient des propos surprenants :
« Qu’est-ce qu’on préfère : aller de l’avant, rêver de jouer les premiers rôles de Pro D2 et qui sait, de passer en Top 14, avec des capitaux étrangers et des gens qui ne sont pas d’ici ? Ou une solution plus étriquée, régionale, mais moins ambitieuse ? »
Dans ce deal qui ne choque par M. Menard et qui ouvrirait grand les portes du rugby français à de l’argent venu des Emirats, les repreneurs d’Abou Dhabi sont représentés par l’ancien rugbymen Christophe Dominici et par maître Thierry Braillard.
Les Emirats Arabes Unis ne sont ni le Qatar, ni l’Arabie Saoudite en terme de proximité avec l’islamisme. Il n’empêche que permettre un tel investissement extra européen, y compris s’il sauve le club de Béziers en rugby, pour un élu politique qui a fait notamment de la défense de l’identité et du localisme son cheval de bataille, peut poser question.
Rugby: vers un rachat de Béziers par un investisseur émirien ? Décision probable ce soir. R. Ménard le maire rencontre actionnaires et représentants du repreneur émirien. « Nos très chers émirs » révélait en 2016 que les Émirats avaient approché Marine Le Pen pour la financer. pic.twitter.com/nrhGNTycaU
— Georges Malbrunot (@Malbrunot) May 25, 2020
Dans un livre intitulé La Face cachée des Emirats arabes unis, paru en novembre 2019, Michel Taube a mené une enquête dans le monde arabe et dans les pays anglo-saxons sur l’influence les Émirats arabes unis en France, en Europe et en Afrique, en particulier au Maghreb. Le journaliste a effectué une “plongée dans les profondeurs d’un système occulte, régi par une stratégie subtile de dissimulation, de mensonges et d’infiltration”.
Michel Taube, dans une interview accordée au magazine politique et parlementaire français, a déclaré que la décision de l’Union européenne d’inscrire les EAU sur la liste des paradis fiscaux gris et noirs, qu’elle a supprimée par la suite, « l’a encouragé à rechercher ce que les EAU cachent derrière la “belle vitrine” que reflète ce pays avec ses “plages paradisiaques”, son “architecture avant-gardiste” et son «hymne à la tolérance”.
“Mais lorsque nous traversons le miroir, nous découvrons un autre pays où le souverain de Dubaï a décidé d’inscrire ces merveilles sur la liste européenne des paradis fiscaux. Le prince héritier d’Abou Dhabi mène une sale guerre au Yémen. Les Émirats arabes unis sont l’un des pays les plus influents en France, en Europe et en Afrique. . Il est derrière toutes les contre-révolutions dans le monde arabe.” ajoute-il.
Nous avons laissé un message à Robert Ménard pour tenter de mieux comprendre le pourquoi de cette décision d’introduire ce pays dans le rugby français. Nous publierons ses raisons dès que la réponse arrivera.
L’ASBH est l’un des clubs les plus titrés de l’Hexagone, avec pas moins de onze titres de champion de France, dont dix conquis sur à peine quatorze saisons (1971-1984). L’équipe évolue actuellement en Pro D2.
Illustration : DR
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