Un traître mot, la face cachée de l’argent, Rues Barbares, les esclaves psychiques d’Internet, Churchill : voici la sélection littéraire de la semaine.

Churchill

De Churchill, croit-on, tout a été dit – en premier lieu par lui-même. Et pourtant, Andrew Roberts est parvenu à exhumer des articles de presse, des correspondances privées, des journaux intimes – le moindre n’étant pas celui du roi Georges VI, jusque-là sous clé – qui ne figurent dans aucune des mille biographies environ déjà consacrées à ce personnage essentiel de la Grande-Bretagne et du XXe siècle. Tout cela lui permet de proposer un récit extrêmement enlevé, fondé sur une abondance de citations désormais  » classiques « , mais également souvent peu connues voire inédites qui apportent une éclairage parfois convergent, parfois contrasté sur l’homme Churchill. Démêlant le vrai du faux, tordant le cou aux nombreux mythes voire aux calomnies qui lui collent à la peau, mais relevant les critiques justifiées dont il est loin d’être exempt, Roberts brosse avec maestria le portrait de ce  » Vieux Lion  » dont toute la vie avant 1940 n’a fait que préparer le grand œuvre que demeurent ses années de guerre.

Il livre là ce qui est sans doute la meilleure biographie de ce géant de l’histoire.

Éminent spécialiste britannique de la biographie historique, Andrew Roberts enseigne au King’s College de Londres et à la Hoover Institution de Stanford. Il s’est d’abord distingué par son ouvrage sur lord Halifax ( The Holy Fox, 1991) avant de se concentrer sur Churchill : EminentChurchillians (1994), Hitler & Churchill : Secrets of Leadership (2003), Masters and Commanders : How Roosevelt, Churchill, Marshall and Alanbrooke won the War in the West (2008). Il a aussi écrit une biographie de l’un des grands héros de Churchill, Napoleon the Great (2014), qui a reçu le Prix du Jury de la Fondation Napoléon.

Churchill – Andrew Roberts – Perrin – 29€ (à commander ici, passez directement par l’éditeur)

Un traître mot

À quoi ressemblerait un monde où le langage serait entièrement soumis à l’idéologie victimaire ? Où le code pénal, aux mains des minorités agissantes, punirait plus sévèrement les crimes de langue que les crimes de sang ? Ce monde, c’est peut-être déjà le nôtre. C’est celui qu’a choisi de mettre en scène Thomas Clavel dans un premier roman maîtrisé de bout en bout. Piégé par une sordide télévendeuse, Maxence, jeune professeur de littérature à l’Université, laisse échapper quelques mots malheureux formellement proscrits par la novlangue qui a octroyé aux « dominés » un privilège de police sémantique. Commence alors une irrésistible descente aux enfers. Policiers, magistrats, rééducateurs passent au crible sa paisible existence livresque.

Au terme d’un procès en sorcellerie, le voilà jeté en prison, dans le quartier des délinquants textuels. Où Maxence découvre qu’il n’est pas seul… Avec Un traître mot, Thomas Clavel signe une fiction lumineuse, au réalisme troublant. Celui qui tient la langue tient les langues, telle pourrait en être la morale – inachevée. Car les trésors du langage recèlent bien des secrets.

Professeur de français en éducation prioritaire, chroniqueur à Causeur et Boulevard Voltaire, Thomas Clavel est aussi l’auteur du recueil de nouvelles Les Vocations infernales (Éditions L’Harmattan).

Un traître mot – Thomas Clavel – La nouvelle librairie éditions – 14,9€ (à commander ici)

La face cachée de l’argent

L’argent qui se trouve dans votre poche ou sur votre compte en banque, que ce soient des euros, des dollars ou des livres sterling, ne sert-il qu’à acheter des biens et des services ? L’humanité est-elle naturellement passée du troc à la monnaie puis au crédit ? C’est ce que pensent la plupart des économistes. Pourtant, l’essence de la monnaie, et les motivations profondes des hommes qui l’ont faite émerger, restent cachées sous des siècles de mythification.
Depuis les sociétés primitives où « les monnaies sociales » (perles, plumes, étoffes, bétail, coquillages, etc.) servaient à couvrir certaines obligations sociales (prix de la fiancée, prix du sang, …) aux sociétés modernes où il sert l’exploitation de l’homme au profit de l’oligarchie et des multinationales, l’argent, la monnaie, est avant tout un objet de monopole et de domination.

Voir une recension complète de l’ouvrage (et à laquelle nous soucrivons) ici

La face cachée de l’argent – Pierre Etienne Gallois – Culture et racines – 20€ –  (à commander ici)

Rues Barbares (version réactualisée et augmentée)

Comment survivre en ville ? Le monde va mal. Nous entrons dans une période d’accélération et de convergence de problèmes considérables : surpopulation, pénurie de pétrole et de matières premières, dérèglements climatiques, mondialisation débridée, dettes colossales, crises économiques, politiques, sociales, alimentaires, sanitaires…

Il est à craindre que tout effondrement de vie « normale », temporaire ou de longue durée, prendra le plus grand nombre d’entre nous au dépourvu et nous plongera, nos familles et nos amis avec, dans un monde sans pitié, entre famines et violences, entre révoltes et guerres. Et pour la majorité de la population qui vit en ville, dans de véritables rues barbares, ces crises n’en seront que plus grandes, que plus dures.

Pour Piero San Giorgio et Vol West, la survie est une préoccupation quotidienne. Dans ce livre, ils partagent leurs expériences et leur savoir-faire. Eau, nourriture, hygiène, défense, lien social… en conditions de crises économiques, sociales et sanitaires majeures… vous saurez tout sur la mise en place d une véritable Base Autonome Durable urbaine. Si vous ne lisez pas ce livre, nous ne donnons pas cher de votre peau de citadin ! Êtes-vous prêt ? c’est parti !

Il s’agit d’une version augmentée et actualisée du best-seller des deux compères. Un livre d’actualité donc à la lecture des conséquences du confinement et de la pandémie de Covid-19 qui a provoqué ‘(et qui va provoquer) des bouleversements majeurs.

Rue Barbares – Vol West/San Giorgio – Culture et racines – 24€ (à commander ici)

Les esclaves psychiques d’Internet

La puissance d’aimantation d’internet ne doit rien au hasard. Celle-ci est due en partie à l’exploitation rationnelle des découvertes opérées sur le conditionnement animal depuis le deuxième tiers du XIXe siècle. Ces études ont permis à l’ingénierie sociale de divertir radicalement notre attention de ce pour quoi elle était initialement programmée afin de l’orienter vers la consommation de produits ou d’idées fabriqués. Que nous le désirions ou non, l’internet global prospère sur la reductio ad bestiam de l’espèce humaine. Aussi serons-nous traités avec autant d’égards que le chien de Pavlov, le rat de John Watson ou le pigeon de Frédéric Skinner.

Toutefois, une immense amélioration a été apportée depuis l’entre-deux-guerres : internet étant alimenté en permanence par nos goûts personnels, ses ingénieurs sociaux pourront nous orienter avec bonheur sur les sites et espaces virtuels révélant notre part d’animalité. La nouvelle science qui est née a pour nom captologie. Elle opère en trois mouvements chirurgicaux successifs : hypnotiser, conditionner et enfin manipuler les esclaves psychiques fabriqués.

Un livre qui complètera les analyses, indispensables, de Lucien Cerise en matière d’ingénierie sociale.

Thomas Flichy de la Neuville est spécialiste de l’Asie centrale, professeur à l’École Navale puis directeur d’un programme international de recherche associant l’United States Naval Academy, l’Académie Militaire du Japon et l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr.

Les esclaves psychiques d’Internet – Thomas Flichy de la Neuville – DMM – 10,5€

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