Vaincre par les mots. Au sujet du livre de Thomas Clavel, Un traître mot

A LA UNE

Je ne saurais me prévaloir en l’occurrence d’aucun mérite personnel, mais voici un ouvrage essentiel qui constitue un remarquable complément à mon article du 7 avril intitulé : Fiers d’être Blancs (Breizh-Info). 

L’histoire est celle d’un professeur de littérature en faculté, accomplissant avec rigueur et un sens profond du devoir ce pourquoi il est fait : transmettre. Que transmet-il ? Ce que tout enseignant de littérature devrait transmettre : le sens de la langue et de sa beauté, la grandeur et la profondeur des textes du panthéon littéraire, l’ampleur et la dignité du patrimoine culturel, le sentiment de fierté que tout citoyen devrait éprouver en se disant qu’il en est l’héritier, et par là chargé de le préserver. Aujourd’hui, toutefois, le professeur de littérature – les professeurs en général, par ailleurs – n’agissent plus dans un contexte sain, mais dans celui que le Mondialisme a perverti. 

Piégé par une démarcheuse téléphonique sournoise, le professeur en question prononce, agacé, un syntagme malheureux : « On se plaint des Roms qui nous font les poches dans le métro à l’heure de pointe – mais alors vous, c’est encore pire ! » La tempête soulevée l’entraînera dans un maelström kafkaïen : convocation à la police, enquête sur ses antécédents, constitution d’un dossier à charge dans lequel il lui sera reproché d’avoir lu Renaud Camus (et donc de croire assurément au Grand Remplacement), d’avoir discriminé les Roms, d’avoir mal noté une de ses étudiantes parce qu’elle était de couleur. Par ce dernier forfait, il se rendait coupable de « comportement oppressif de type sexiste et négrophobe », ainsi que d’ « abus de pouvoir enseignant ». Que l’étudiante en question eût mérité sa mauvaise note n’était d’aucun poids. 

« UNE ÈRE PUTRÉFIÉE »

Condamné à deux ans de prison et à subir une rééducation que l’on croyait réservée aux seules dictatures communistes, le professeur trouvera la parade, le moyen de se défaire de la « camisole idéologique » dans laquelle nous sommes d’ores et déjà enfermés. Je proposais, dans mon article, de vaincre nos adversaires par le rire. Le procédé conseillé par Thomas Clavel inclut ce dernier. Assemblant autour de lui un nombre de plus en plus élevé de compagnons de cellule, il se lance dans un « petit cours d’impiété verbale », dans « une séance de désintoxication » sémantique. Il s’agit d’enrayer la dynamique dénoncée par Nietzsche : « Encore un siècle de journalisme et tous les mots pueront ». La puanteur, déjà, nous assaille ; il est temps de la faire régresser en faisant pièce à « la grande comédie de la contrition linguistique ».    

Choisissant sept mots, le professeur leur rend, avec son groupe, leur sens originel, étranger à celui que la dictature mondialiste privilégie afin de lui jeter l’anathème : « vivre ensemble, race, minorité, stigmate, amalgame, nauséabond ». Que fait-il de ces mots ? De quelle manière servent-ils à contrer les manœuvres imbéciles des nouveaux puritains qui nous dirigent, adeptes de bûchers et d’autodafés ? Je laisse aux lecteurs le plaisir de le découvrir.

JUBILATION

Citant à juste titre Malraux, Clavel rappelle au lecteur que : « une minorité comporte encore une majorité d’imbéciles ». De ces minorités-là, nous sommes les victimes, ici, en Europe, dans notre civilisation multimillénaire, avec la complicité de la majorité d’imbéciles parmi la minorité européenne qui soutient la majorité minoritaire venue d’ailleurs. Puisons alors dans notre patrimoine et redonnons à ce qui nous a faits grands de quoi nous grandir une fois encore. Ainsi en finirons-nous avec ceux qui veulent nous tuer par les mots. Ainsi parviendrons-nous à éradiquer l’infantilisation qui nous accable par la condamnation des « stéréotypes » et des « clichés » auxquels nous croyons et qui sont en fait ces vérités que des siècles d’expérience populaire ont consacrées. Ainsi sortirons-nous vainqueurs de la « guerre totale » contre nous dont la première étape est la « guerre contre les mots ».

Il faut lire Un traître mot : médicament topique, antidote au politiquement correct, purge anti-média, préservatif anti-imbécilité, insufflation d’intelligence, parade idéale contre les orviétans idéologiques.

Dr Michel Bugnon-Mordant

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