Les écologistes ont réussi à ravir, lors des dernières municipales, plusieurs grandes villes. Voir même les principales villes de France telles que Marseille, Lyon, Bordeaux, Strasbourg… (nous pouvons même inclure Paris au vue des orientations écologistes d’Hidalgo).

En tout, ce ne sont pas moins de quatorze métropoles où les Verts sont membres de l’exécutif local. Une seule était tenue par Europe Ecologie les Verts avant ces municipales de 2020. Cette ville c’est Grenoble (Isère), capitale des Alpes. Elle était tombée aux mains d’Éric Piolle lors des municipales de 2014. C’était la première fois d’ailleurs, que les Verts prenaient une grande ville. Faisons donc le bilan de ces six années de mandat pour voir ce que préfigure (peut-être) ces victoires écologistes…

La chasse aux voitures

Il est vrai que Grenoble, à cause de la géographie locale (cuvette entourée de hautes montagnes), est souvent dans un brouillard grisâtre causé par la pollution. Les principales réalisations de Piolle concernent le volet de la circulation. Ce sont les plus visibles et les plus nombreuses. Il a instauré les 30km/h dans une large partie de la ville et fermé à la circulation des rues pour en faire des pistes cyclables (ou des voies piétonnes). Le résultat de cette politique ? Grenoble a bondi dans le classement des villes les plus embouteillées. Elle fait aujourd’hui partie des cinq villes de France où les automobilistes passent le plus temps coincés dans les bouchons.

Pour reléguer les voitures hors de la ville l’élu a aussi supprimé de nombreuses places de stationnement, fait augmenter le prix dudit stationnement et a instauré, avant Paris, la vignette Crit’Air (qui interdit l’accès à la ville aux véhicules les plus polluants). À défaut d’être sympathique avec les automobilistes, le maire montre l’exemple. Il se déplace le plus souvent à vélo pour se rendre à la mairie.

Ses échecs

Sa vision dogmatique sur la place de la voiture en ville n’a pas fait que des adeptes. Les commerçants notamment ont dénoncé la piétonisation de certaines rues qui éloigne leurs commerces du passage des véhicules et donc leur fait perdre du chiffre d’affaire… La gauche lui a aussi reproché d’avoir fermé des bibliothèques dans le cadre d’un plan d’économies. Enfin, Piolle avait promis des consultations citoyennes, il voulait faire de sa ville un laboratoire de démocratie participative. Mais ce fut un échec. D’un point de vue juridique tout d’abord, le tribunal administratif a interdit les votations citoyennes. Mais aussi la majorité écolo a refusé ses propres règles de démocratie participative ou alors est passée en force sans consultation sur d’autres sujets.

Violence et insécurité : entre maghrébins et extrême gauche

Grenoble n’est pas seulement la capitale des Alpes, c’est aussi l’une des 10 villes (avec Marseille) les plus dangereuses d’Europe. Les fusillades sont hebdomadaires, les vols de sac à main ou les coups de couteaux sont quant à eux quotidiens. L’exécutif grenoblois Europe Ecologie les Verts ne s’est pas montré à la hauteur. Sous le mandat de Piolle l’extrême gauche anarchiste a incendié, dans la ville et ses alentours, des casernes de gendarmerie, une église, divers locaux d’entreprises… et même la mairie ! Tous ces incendies avaient des motifs politiques. Mais la délinquance ou les crimes de rue sont eux commis en majorité par des membres de la communauté maghrébine. Le quartier du Mistral est un haut lieu du trafic de stupéfiant. C’est d’ailleurs là que des émeutes avaient éclaté en mars 2019, mobilisant d’importantes forces de police plusieurs nuits de suite. Un des crimes les plus médiatisés, qui a eu lieu sous le mandat de Piolle, fut celui du jeune Adrien Pérez qui fêtait son anniversaire. Tué à coups de couteaux, alors qu’il défendait une amie, par les frères Yanis et Younes El Habib.

Le bilan des écologistes à Grenoble en matière de lutte contre l’insécurité et la délinquance est nul. Piolle avait une proposition à son arrivée à la mairie : supprimer les caméras de surveillance de la ville. Finalement face à la réalité il a abandonné sa vision gauchiste. Les caméras sont encore en place. Et heureusement car elles ont permis de confondre, par exemple, les meurtriers de Pérez. En 2018, scène cocasse, l’écologiste opposé au tournant sécuritaire (pourtant nécessaire à Grenoble), celui qui avait privé d’arme ses policiers municipaux, quémandait au ministre de l’intérieur Colomb, des renforts de policiers nationaux supplémentaires pour rétablir l’ordre dans le Chicago Français.

Alors en conclusion, nous pouvons craindre dans les grandes villes prises par les écologistes une chasse sans merci aux voitures et une taxation des automobilistes mais une incapacité à juguler la délinquance et à faire baisser l’insécurité. Rendez-vous dans six ans pour faire le bilan. Espérons que je me sois trompé et que les écologiste aient changé de proie, préférant faire la chasse aux délinquants et laissant les automobilistes tranquilles…

Maxime JACOB, diplômé de Droit-Science politique, co-auteur avec Fiorina LIGNIER du livre Tir à vue, la répression selon Macron, aux éditions Via Romana, 2019.

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