Au Pakistan musulman, le blasphème, passible de la peine de mort

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En 2018, la campagne des législatives au Pakistan a vu s’affronter partisans et détracteurs de la loi anti-blasphème. Ce documentaire éclaire les enjeux d’affaires qui ont indigné la communauté internationale.

u Pakistan, quiconque est accusé de blasphème encourt la peine de mort. Alors que les militants pour les droits civiques réclament depuis des années la révision de cette loi adoptée en 1986, Khadim Hussain Rizvi, fondateur du parti intégriste islamiste Tehreek-e-Labbaik, a orchestré une campagne violente pour lui afficher son soutien. Il incite ses millions de sympathisants à attaquer eux-mêmes les personnes accusées de blasphème. Asia Bibi, une paysanne chrétienne condamnée à mort pour blasphème en 2010, après avoir été accusée d’avoir bu dans le même gobelet que des femmes musulmanes de son village, est ainsi devenue l’un des symboles de cette radicalisation violente. Après avoir vu sa peine confirmée en appel, elle a finalement été acquittée par la Cour suprême en 2018. Son coreligionnaire Patras Masih, accusé quant à lui d’avoir partagé sur les réseaux sociaux des propos blasphématoires, a fait comme elle l’objet d’une haine soigneusement attisée, qui a enflammé une part de la population.

En 2018, Mohammed Naqvi a suivi leurs procès respectifs, en pleine campagne électorale des législatives. Il montre dans ce film éclairant comment la loi sur le blasphème devient alors l’un des enjeux clés du scrutin. Si le futur Premier ministre Imran Khan, qui ne se revendique pourtant pas de l’islamisme, choisit d’afficher son soutien au statu quo, d’autres voix se font entendre avec éclat. La militante pour les droits humains Gulalai Ismail, accusée de blasphème, a ainsi décidé d’attaquer en justice ceux qu’elle dénonce comme des calomniateurs…

Crédit photo : DR
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