Pays de Retz. Ils veulent empêcher l’extension du Port Autonome au Carnet, des paysans se rebiffent

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N’est pas José Bové qui veut. L’extrême gauche, emmenée par Yoann Morice, agriculteur, a monté un collectif « Stop Carnet » pour empêcher l’extension du port autonome sur l’ex-site de la centrale nucléaire à Frossay. Il s’agit d’une ancienne île de Loire, à l’est de Paimboeuf. Cependant, riverains et paysans ne veulent pas d’une nouvelle ZAD et l’ont fait savoir… avec des arguments odorants.

Le port autonome souhaite installer sur le site du Carnet – guère « naturel » car il a déjà été remblayé en 1970 et 1993 avec des déblais de dragage – un parc industriel dédié aux énergies renouvelables sur 110 hectares, et notamment aux installations éoliennes offshore du plateau du Four. L’étude d’impact indique que l’ancienne île abrite déjà un appontement, un prototype d’éolienne offshore et même un port à sec.

Selon les opposants en revanche, le Port Autonome mettrait en péril une « zone naturelle » en bord de Loire, en détruisant 51 hectares de zone humide et 116 espèces naturelles protégées. Ayant appris que des travaux de remblayage et de « mise à niveau » étaient prévus dès lundi en bord de Loire, au lendemain de leur week-end de mobilisation prévu de longue date, les membres du « collectif » proche de l’ultra-gauche se sont mis en tête d’empêcher les travaux.

Le pique-nique d’opposition au projet, ce midi au lieu-dit les Terres, à Saint-Viaud, a attiré une cinquantaine de personnes. Mais la volonté de certains de constituer une ZAD sud-Loire n’est visiblement pas du goût de tous : « 10cm de lisier ont été épandus sur 200 mètres de long afin de nous empêcher d’accéder au site pour le pique-nique et les balades. Épandre du lisier sur un site naturel en bord de Loire est un acte polluant et irresponsable », se plaint ainsi un militant sur un site de la mouvance.

Par ailleurs, la gendarmerie, prévenue, a effectué des contrôles préventifs, « fouilles et tests » à l’entrée du lieu de la mobilisation. Selon nos informations, un appel à venir empêcher physiquement les travaux, lundi matin, circule dans la mouvance.

Le collectif Terres communes est emmené par Yoann Morice, fils d’un agriculteur militant (anti-OGM, anti-nucléaire…), Hubert Morice, installé à Chauvé. Il compte une dizaine de membres actifs. Il a aussi créé une ferme pédagogique centrée sur la permaculture, les Demains dans la terre, qui a été dissoute en 2019 après cinq ans d’activité et depuis liquidée. L’un des associés, William Mallet, s’est depuis reconverti dans l’éco-pâturage et met ses brebis à disposition des collectivités territoriales.

L’autre, William Joffre, s’est reconverti dans le maraîchage bio, sur 3 hectares  à la Chapelle-sur-Erdre ; il s’agit d’une emprise de 15 hectares défrichés et convertis en bio par la commune pour y installer des petits producteurs en circuits courts pour alimenter AMAP et cuisine centrale municipale . Circuits d’où sont exclus certains paysans locaux, pas assez politiquement proches.

Louis Moulin

Illustration : DR
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