Philippe Grosvalet (PS) est encore « traumatisé » par Notre-Dame-des-Landes

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En matière de « référendum », Philippe Grosvalet en connaît un rayon. C’est pourquoi, à propos de la réunification de la Bretagne, il réclame un « référendum décisionnel ».

Philippe Grosvalet (PS), président du conseil départemental de Loire-Atlantique, n’a pas encore digéré son échec de Notre-Dame-des-Landes. Comme toute la classe dirigeante du secteur (droite et gauche), il était un chaud partisan de la construction de l’aéroport du « Grand Ouest ». Il croyait avoir gagné la partie grâce au vote du 26 juin 2016 ; les électeurs de Loire-Atlantique étaient interrogés par le gouvernement de Manuel Valls sur cette question. Résultat : 55,17% des exprimés en faveur de la construction, mais 48,92% d’abstentions. Tout content, il déclare alors : « Je demande le début des travaux dès l’automne. La démocratie a parlé, le vote doit être reconnu et respecté. » (Presse Océan, lundi 27 juin 2016). Mais le projet fut enterré par le gouvernement d’Édouard Philippe ; il est vrai qu’avec Nicolas Hulot, ministre d’État et ministre de l’Écologie, il était difficile de faire autrement…

Au colloque organisé par l’association A la Bretonne à Nantes, une centaine de têtes du Mouvement breton ont demandé un « référendum » portant sur la réunification de la Bretagne. Rappelons que Bretagne réunie avait obtenu 105 000 signatures pour réclamer une telle opération.

« Le rattachement, ce n’est pas mon combat »

Grosvalet avait fait le déplacement tout en rappelant que « le rattachement, ce n’est pas mon combat ». « Demander l’avis des habitants, le président du conseil départemental de Loire-Atlantique est pour. À condition qu’il s’agisse d’un référendum décisionnel, organisé par l’État : les élus départementaux ont d’ailleurs adopté un vœu en ce sens. « Si une population exprime une intention, il faut qu’elle soit respectée ! Lance Philippe Grosvalet (PS). Nous sommes encore, ici, traumatisés par Notre-Dame-des-Landes. ». Le vote « oui » sur le transfert de l’aéroport n’avait pas été suivi d’effet. » (Ouest-France, Loire-Atlantique, lundi 12 octobre 2020).

Tous les partisans de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes – Grosvalet en tête – se plaisaient à utiliser le mot « référendum » à propos du vote de 2016. Erreur grossière puisque l’opération était présentée par le gouvernement comme étant une « consultation pour avis ». Donc un « truc » sans valeur politique, sans valeur juridique, juste pour donner l’impression de faire quelque chose. Donc Hollande ne se sentait pas engagé par le résultat et n’avait nulle envie de fâcher les écolos… C’est pourquoi aujourd’hui, à propos de la réunification, Grosvalet réclame un « référendum décisionnel ». Chat échaudé craint l’eau froide !

Bernard Morvan

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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2 Commentaires

  1. La votation sur Notre-Dame-des-Landes n’était pas seulement « présentée » par le gouvernement comme une consultation pour avis. Pour pouvoir y procéder, le gouvernement de Manuel Valls avait adopté en vitesse une ordonnance. Sa vocation de « consultation » y était explicitée. Les gens qui affectent d’y voir un « référendum » sont soit ignorants, soit malhonnètes. (A propos, l’ordonnance n’a jamais été ratifiée par le parlement comme la loi l’exige : même en tant que consultation, le vote est sans valeur…)

  2. @Bernard Morvan. En fait c’est assez drôle de voir que vous interprétez cela comme bon vous semble. La consultation pour NDDL n’avait certes pas de caractère contraignant pour l’Etat, il n’en demeure pas moins que c’était une vraie consultation citoyenne et démocratique. Pas une pétition ou un sondage (qu’on fabrique comme on veut pour obtenir un résultat dans le sens souhaité) mais un vrai vote pour ou contre. Avec des citoyens éclairés sur le sujet et informés des arguments des pros et anti transfert depuis une bonne dizaine d’années. Rien à voir avec la question du rattachement de la L-A à la Bretagne, puisqu’il n’y a pas de véritable débat éclairé sur la question. Le sujet est régulièrement mis au-devant de la scène par des groupuscules très actifs, dont vous faîtes partie, qui monopolisent l’attention des médias mais c’est toujours dans le sens d’un pro-rattachement, on n’entend pas les arguments des contre. Les pro-réunification entretiennent (volontairement) une véritable confusion dans l’esprit des gens entre les aspects historiques et culturels, et les enjeux économiques. Ce qui n’a rien à voir (c’est mon avis et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a débat là-dessus). Par ailleurs, puisque vous faîtes un parallèle avec NDDL, on a beaucoup entendu les pourfendeurs du « référendum » de 2016 sur NDDL (dont vous faîtes partie) se plaindre du périmètre de la consultation. Selon eux il n’était pas normal que cela soit limité au département 44 puisqu’il s’agissait de voter pour un équipement qui concerne tout le grand Ouest. On nous a répété 10.000 fois dans les médias qu’il aurait fallu demander aux Bretons de voter, ainsi qu’aux Angevins, aux Vendéens, aux Sarthois et Mayennais car toute cette population était concernée par cet équipement interrégional. Une bien noble attention… qui oubliait toutefois de préciser que le périmètre de la consultation avait été logiquement calqué sur celui de l’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique, donc au dpt de L-A. Est-ce que les pro-rattachement qui exigent un référendum auront la même attention pour le périmètre de vote ?? Vont-ils accepter d’y inviter les électeurs des autres départements des Pays de la Loire ? Ce serait logique puisque Vendéens, Sarthois, Angevins et Mayennais seraient les premiers impactés par un nouveau bricolage des régions, à tous les niveaux. Mais tiens, c’est bizarre, il me semble avoir lu que pour ce vote-là, vous ne semblez pas vouloir que les « non-Bretons » puissent participer. Vous avez donc une conception de la démocratie à géométrie variable. Désolé mais vous perdez donc toute crédibilité à mes yeux

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