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Un temps, l’association anticorruption Anticor s’est intéressée à Sarah El Haïry, députée MoDem de la 5e circonscription de Loire-Atlantique (banlieue nord de Nantes). Elle s’interrogeait sur la régularité des comptes de sa campagne législative de 2017. Puis elle a laissé tomber.
Antony Torzec, du site d’investigation Médiacités, a repris l’enquête. À son tour, il s’est penché sur ces comptes déposés après les élections législatives de 2017. Sarah El Haïry, 31 ans, d’origine marocaine (elle a vécu une partie de son adolescence à Casablanca), faisait partie de la trentaine de candidatures uniques obtenues par le MoDem à la suite de tractations très « vieille politique » avec La République en marche. Dans la foulée du succès d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle, elle a été largement élue avec 61 % des voix.
Déposer ses comptes auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) est obligatoire. Les candidats peuvent ensuite demander le remboursement de leurs dépenses dans certaines conditions. Sur 33 876 euros de dépenses, Sarah El Haïry a obtenu un remboursement de 27 659 euros. « Derrière ces comptes validés, écrit Antony Torzec, se cachent des pratiques à la limite de la légalité qui, sans tomber sous le coup de la loi, soulèvent des interrogations déontologiques. »
Des frais de campagne remboursés à des proches
Ainsi, une partie des frais de la campagne ont été couverts par trois prêts. Ils avait été consentis à la candidate par des amis. Mais celle-ci a omis de les déclarer comme tels à la Commission. Elle les a présentés comme des dépenses personnelles. Une pratique qui ne serait plus possible depuis la loi sur la moralisation de la vie publique de septembre 2017. Loi votée bien sûr par la majorité à laquelle appartient Sarah El Haïry !
Autre détail, le remboursement de frais de déplacement à Nadir El Haïry, venu du Maroc pour faire la campagne de sa sœur, au titre d’une voiture dont il n’était pas propriétaire. Une petite entorse à la réglementation, validée cependant par la Commission. Et une bagatelle quant à son montant, à peine plus de 2 000 euros.
D’une toute autre ampleur était la facture de MSB Ouest, une agence de communication de Saint-Sébastien-sur-Loire. Elle représente plus de la moitié des frais de campagne de Sarah El Haïry. Or cette dernière compte deux proches parmi les trois associés de l’agence : Isabelle Mérand, conseillère régionale UDI des Pays de la Loire, et surtout Adrien Baron, du Parti Radical, adjoint au maire de Cugand en Vendée. Une fois Sarah El Haïry élue, Adrien Baron est devenu son assistant parlementaire. Il était ainsi « à la fois client et fournisseur lors de cette campagne », note Antony Torzec. Pas illégal, non, mais « pas sain du point de vue déontologique », ajoute le journaliste.
Indispensable Adrien Baron
L’aventure ne s’est pas arrêtée là. Sarah El Haïry a été nommée le 26 juillet 2020 secrétaire d’État à la Jeunesse et à l’engagement dans le gouvernement de Jean Castex. Une belle revanche pour cette jeune femme dont la première responsabilité politique avait été de diriger la campagne du centriste Xavier Bruckert pour l’élection municipale de Nantes en 2014. Une campagne qui s’était soldée par un score lamentable de 2,1 % des voix.
Une fois entrée au gouvernement, elle a appelé à ses côté… Adrien Baron. En tant que chef de cabinet, celui-ci pilote une petite équipe (huit membres) jeune mais très expérimentée en communication d’une part, en grenouillage dans les milieux politiques et mutualistes d’autre part. Son directeur adjoint, Antoine Évennou est un ancien de la MGEN et du think-tank de gauche Terra Nova.
Assistants parlementaire ancienne manière
Parmi les conseillers, Marie Dutertre est une rescapée : ancienne assistante parlementaire de la députée socialiste Valérie Rabault, elle était en mai 2017 conseillère parlementaire d’Emmanuelle Coste, ministre du Logement de François Hollande. Au cabinet, elle côtoie Pauline Goirand, rescapée aussi, mais de l’autre bord : elle a été pendant cinq ans assistante parlementaire de Claude de Ganay, député LR du Loiret qui n’était autre que… son papa ! Un montage pas encore illégal à l’époque mais, comme dirait Antony Torzec, « pas sain du point de vue déontologique ».
Une expérience qui la rapproche de la directrice adjointe du cabinet, Pauline Caillat. Ancienne d’une agence de relations publiques, elle a dirigé la communication de François Bayrou et le service de presse du Modem de 2008 à 2012. Mais de 2009 à 2012, elle a aussi été assistante parlementaire du député européen MoDem Robert Rochefort. À ce titre, elle était rémunérée à 60 % par le parlement européen.
Elle fait donc partie des cas litigieux qui ont valu à François Bayrou d’être mis en examen pour complicité de détournement de fonds publics. Une mise en examen qui, selon beaucoup, lui a fermé la porte du gouvernement Castex. Sans l’empêcher cependant d’obtenir quelques postes ministériels pour des proches. Dont celui qu’occupe Sarah El Haïry. Le monde politique français est bien petit !
Illustration : copie partielle d’écran, ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports.
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine.
4 réponses à “Sarah El Haïry, jeune secrétaire d’État mais déjà représentative du vieux monde politique”
tous pourris jusquà la garde.il faudra pas les oublier
Décidément le Maghreb est partout…
Quand donc la France fera comme l’algérie où il faut être un national depuis cinq générations pour être: élu, fonctionnaire, militaire, dirigeant d’entreprise,
La France colonisée par ses « anciennes colonies.
tous a coller a guantanamo !
Sans intérêt. C’est chercher la petite bête dans un dossier vide.