Anticor révèle un recours de Nantes Métropole au secteur privé pour remédier à sa propre défaillance

anticor dénonce le recours de Nantes Métropole aux avocats

Breizh-info a plus d’une fois signalé la tendance de Nantes Métropole a se défausser sur des intervenants extérieurs de tâches qu’elle n’arrive pas à gérer elle-même. Alors qu’elle dispose pourtant d’une énorme technostructure pour cela.

On l’a vu ainsi, ces derniers mois, faire appel à des tiers pour contrôler les organismes bénéficiaires de ses subventions, pour gérer sa dette considérable ou pour analyser ses défaillances face aux problèmes posés par les campements roms.

On connaissait la loi de Parkinson : toute administration a tendance à croître sans limite indépendamment de la quantité de travail à effectuer. Mais Nantes Métropole va plus loin : sa croissance dépasse ses propres limites. À l’instar d’un trou noir qui absorbe la matière environnante, elle a tendance à transformer en quasi-fonctionnaires un nombre croissant de prestataires extérieurs. Comme le fait d’ailleurs l’État lui-même en appelant McKinsey et d’autres à son aide à la moindre difficulté.

Anticor, l’organisation de lutte contre la corruption, vient d’en révéler un cas singulier. Opposée au projet d’Arbre aux Hérons soutenu par Johanna Rolland, elle révèle que Nantes Métropole n’a pas seulement passé un contrat de 80 000 euros avec un cabinet d’avocats pour la conseiller dans cette affaire (1) mais qu’elle a, sans appel d’offre, passé avec le même prestataire, sur le même thème, un second contrat de 200 000 euros. A priori, pourtant, le sujet n’est pas bien complexe : il porte sur la possibilité d’appliquer à un marché public donné une dérogation expressément prévue par le code de la commande publique. Le problème pourrait être réglé en ne recourant pas à la dérogation. Dépenser des centaines de milliers d’euros pour résoudre un problème aussi mineur, c’est utiliser un marteau pour écraser un moucheron.

La Métropole a pourtant une grande expérience de la passation de contrats publics. Elle dispose pour cela de fonctionnaires nombreux et compétents. Mais qu’un sujet devienne épineux et risqué, et elle fait plutôt confiance au secteur privé !

(1) Breizh-info avait évoqué ce premier contrat le 11 août 2021.

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2 réponses

  1. des voyous incapables. quel ( ou qui..) est le vrai «bénéficiaire économique » de ce genre de manœuvres ?

Les commentaires sont fermés.

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