La Suède, pays modèle dans la gestion de la crise du Covid-19 ? Une étude tend à le démontrer…

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Analyse statistique et étude mathématique « décoiffantes »  de l’épidémie de « Covid 19 »

Dans une étude approfondie, trois auteurs travaillant en équipe se sont livrés à une analyse statistique et ont réalisé une étude mathématique de l’épidémie de « Covid-19 ». Cette étude paraît très convaincante, et d’autant plus que les évolutions actuelles de l’épidémie dans les différents pays donnent raison à ses auteurs. On ‘attend, avec beaucoup de curiosité les études alternatives qui démontreraient le contraire et qui seraient confortées par l’observation des résultats et de l’évolution de l’épidémie que nous connaissons.  Le lecteur de formation scientifique se plongera avec délice dans cette brillante démonstration. Le lecteur pressé ira directement à la conclusion reprise ci après.

Résumé 

Cette étude observe les résultats de la propagation épidémique et de la mortalité dans trois pays comparables touchés assez largement : Belgique, Pays-Bas, Suède. Ces trois pays ont réalisé des « interventions non pharmaceutiques » à trois niveaux différents, de l’isolement social total (Belgique) à la simple distanciation sans port de masques (Suède). Ces trois pays ont trois niveaux de système hospitaliers différents, du plus équipé (Belgique) au moins équipé (Suède).

L’étude démontre que le « confinement » strict (Belgique) ou souple (Pays-Bas) n’a pas     « retardé » le pic, ni « aplani » la courbe. Au contraire, ces deux pays ont connu une accélération plus forte et un pic plus haut, avant la Suède.

Cette étude utilise ensuite un modèle SEIR simple pour démontrer que les scénarios prédictifs ne sont pas pertinents dans l’utilisation qui en a été faite.

L’étude démontre ensuite par les mathématiques que l’hypothèse que les NPI « Non Pharmaceutical Interventions » au sens de l’OMS aurait un impact direct sur l’indicateur R (nombre reproducteur de base) de propagation épidémique, est erronée.

Elle formule enfin l’hypothèse mathématique d’un effet pervers indésirable dans le cas des NPI les plus strictes (premier confinement à la française) qui créent à l’asymptote une baisse du taux de guérison, entraînant une surcharge de la capacité hospitalière et une surmortalité.

Cette étude nous livre trois informations majeures :

1 – Elle met en évidence les erreurs de méthode et de raisonnement qui ont conduit quelques scientifiques à faire des prévisions apocalyptiques sur l’évolution de l’épidémie. Ce sont ces prévisions qui ont conduit certains gouvernements paniqués à prendre des mesures de confinement général dans de nombreux pays.

Ces prévisions faites le 10 avril 2020 pour une Suède non confinée était de 96 000 décès pour le mois de mai. La Suède n’a pas confiné, et elle n’a déclaré que 6 022 décès le 9 novembre (16 fois moins)… Dans le cas belge, le bilan du confinement ne tient pas l’objectif. Elle compte presque 3 fois plus de décès que ce qui était espéré par le niveau de confinement de la Belgique et deux fois plus que la Suède. Dans les deux cas, les prévisions n’étaient pas valables.

2 – L’étude démontre aussi que l’utilisation de ces modèles prédictifs, sous la pression du temps de crise, s’est éloigné à grande vitesse de la rigueur scientifique.

3 – Des vies sauvées par le confinement ?

« L’erreur a été poussée encore plus loin avec certaines études cherchant à chiffrer le « nombre de vies sauvées » par les mesures les plus strictes, ce qu’ont prétendu faire les équipes de Neil Ferguson à l’Imperial College et l’EPICX LAB. On pourrait utiliser exactement le même argument pour dire que l’absence de confinement a sauvé 92 000 vies en Suède par rapport à la prévision du 10 avril (96 000 morts attendus en mai). L’honnêteté intellectuelle commande de comparer les résultats obtenus par les pays et les comparer avec les objectifs de leur niveau de confinement.

– Dans le cas de la Belgique, le bilan du confinement ne tient pas l’objectif. Il y a presque 3 fois plus de décès que ce qui était espéré par le niveau de confinement appliqué.

–  Dans le cas de la Suède, a contrario, il y avait, en mai, 20 fois moins de décès que ce qui était attendu avec le  niveau des mesures prises.

Avant de livrer au lecteur la courte conclusion de cette étude dans son intégralité, je tiens à remercier les trois auteurs,  Gilles Pech de Laclause, Arnaud Delenda, Lana Augustincic de nous l’avoir fait connaître.

Conclusion de l’étude

« La conclusion est contre – intuitive, heurte les idées reçues, et touche les ressorts profonds de la psychologie collective. Plus un investissement est massif, et plus la tendance est d’investir encore. Plus un sacrifice a été important, plus il est difficile d’admettre qu’il était inutile. Quel aurait été le sort de ceux qui auraient tenté d’expliquer aux Incas que leurs sacrifices n’avaient aucune influence sur la course du soleil ? Nous restons modestes mais renforcés dans notre conviction (depuis 9 semaines maintenant). Nous avions déjà fait le constat d’une absence d’effet déjà relevé par la littérature scientifique. Nos conclusions vont au-delà.

  1. Le confinement ne « décale » ni le pic de nouveaux cas, ni le pic de mortalité, au contraire, il « l’anticipe ».
  2. Le confinement « n’aplatit » pas la courbe de nouveaux cas, ni la courbe de mortalité, au contraire, il la « gonfle ».
  1. Le confinement réalise un effet pervers indésirable de surcharge hospitalière et d’augmentation des décès. Le contraire de l’effet imaginé.
  1. Le raisonnement selon lequel le confinement général strict et indifférencié influe directement sur le « R0 » de propagation épidémique est faux. Une mesure de confinement général strict et indifférencié n’impacte pas directement le R0 mais l’un de ses paramètres : le taux de contact.
  1. Les modélisations mathématiques et statistiques ont été basées sur des « hypothèses » non scientifiques et un dévoiement des modèles :

– Utilisation de R(0) comme un paramètre alors qu’il est un indicateur,

– Appréciation à l’estime d’un niveau de « discipline » de la population,

– Choix arbitraire de l’impact sur R(t),

– Un modèle « tordu » dans lequel on modifie R(t) à un instant t par une « Non Pharmaceutical Intervention »,

– Une prévision des hospitalisations non démontrée,

– Du back testing mais pas de modélisation prédictive.

La course à une communication scientifique en temps réel, avec des équipes de plus en plus nombreuses, hiérarchisées, outillées et internationalisées devient de plus en plus homogène dans sa production. Focalisées sur les mêmes sujets avec les mêmes approches, les scientifiques modernes peuvent reproduire à l’infini les mêmes biais.

Nous devons ici rendre un hommage appuyé à la Suède. Sans ce choix courageux d’une autre voie, plus conforme aux droits humains et à la prudence scientifique devant des prévisions plus incertaines que l’épidémie elle-même, jamais nous n’aurions pu avoir de comparaison en temps réel et se faire une idée juste. Il faudra garder longtemps à l’esprit ce qui était dit partout dans le monde au sujet de ce choix suédois dans ce printemps 2020.

Général (2s) Dominique Delawarde

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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2 Commentaires

  1. L’objectif premier du confinement n’était pas de sauver des vies…mais bien couper court aux révoltes qui commençaient
    a se mettre en place en France et a habituer la population a une soumission.

  2. « après la guerre beaucoup de héros se présent » … et puis les trois pays ne sont pas du tout comparable :

    1- La superficie de la Suède est de 450.295 km², celui de la Belgique de 30.689 km² et celui du Pays Bas de 41.543 km²
    2- La population de la Suède est de 10,23 million, celui de la Belgique de 11,46 million et celui du Pays Bas de 17,28 million
    3- Grosso modo les densités de la population sont incomparables, or la situation de l’Italie dans la première vague (et la deuxième) l’a montré très bien que cette densité est essentiale dans la circulation du virus (à comparer le Nord avec le Mezzogiorno )
    4- Le mode de vie suédois est extrêmement diffèrent du mode de vie continentale :
    a) le climat ne permet pas en moyenne plus d’un mois d’été largement plus frais que sur le continent (donc possibilités de contact fortement réduites),
    b) beaucoup de familles suédoises dispose d’un « stuga », une deuxième maison dans de endroits éloignés de toute civilisation – elles passent beaucoup de temps la bas – weekends, congés, jours fériés – en pratiquant la chasse, la pêche ou en appréciant une barbecue d’un animal entier ( !). En réalité les suédois ont été autant confinés comme tous les autres pays, sans directives gouvernementales, mais par leur propre mode de vie et par les multiples possibilités de distanciation sociale que leur énorme territoire les offre.

    Je crois bien que la comparaison n’a pas de sens, et que le modèle SERI (ou S.E.R.I) n’est qu’un autre ensemble de formules mathématiques essayant de modéliser la propagation d’une épidémie, donc sujet à toutes les limitations dont ces modèles souffrent. Un modèle basé sur la simulation (en utilisant des ordinateurs puissants) aurait donner des meilleures résultats, mais il aurait coûté beaucoup plus.

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