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Un principe mutualiste veut qu’il y ait solidarité entres les différentes caisses rurales et urbaines : le CMB est une coopérative. Mais ce n’est plus vrai puisque l’on ferme de plus en plus les agences rurales. Elles ne doivent pas être assez rentables ! Le plus formidable étant que les présidents des caisses locales se montrent incapables de s’opposer à cette dérive.
De plus en plus, le Crédit mutuel de Bretagne ferme ses agences situées en zone rurale. Une politique qui va dans le sens du regroupement des activités dans quelques bourgs. Adieu la proximité et le maillage territorial qui faisait la force du CMB ! Les caisses locales avaient été créées par des militants catholiques dans le cadre paroissial et sesrviront de base à l’émergence du Crédit mutuel de Bretagne. Toutes ont donc une assise historique et locale indiscutable.
On vient donc de fermer Plougonvelin ; les sociétaires sont priés de se rendre à l’agence du Conquet. Dans un jargon technocratique, Angélique Le Bras, directrice de l’agence, explique : « Cette fermeture se fait dans le but de l’optimisation du maillage et du positionnement des points de vente sur le territoire » (Le Télégramme, Brest, jeudi 19 novembre 2020). Donc, l’« optimisation » passe par la fermeture ! Il n’est pas certain que les sociétaires soient de cet avis.
Le « mutualisme » à la sauce CMB
Évidemment, pareille décision est prise par la direction générale du Relecq-Kerhuon (près de Brest). Ensuite, les membres du conseil d’administration de la caisse concernée sont invités à avaler la pilule. Exercice facile puisque ce sont des « braves » gens qui votent ce qu’on leur demande de voter, sans chercher à défendre les intérêts des sociétaires. Quant au président, c’est le plus « aplati » de la bande, un « bon gars » recruté par la directrice. Donc pas question pour ces citoyens de s’opposer aux désiderata de la direction générale, alors qu’ils en ont le pouvoir et qu’ils n’ont pas reçu mandat des sociétaires pour liquider une agence. Ils oublient également que les sociétaires sont les propriétaires de la caisse… Voilà dans toute sa beauté, le « mutualisme » à la sauce CMB. Une technostructure décide ce qui est bon ou pas pour les caisses locales. Et comme les présidents de ces dernières sont mous et sans autorité, on va de fermeture en fermeture. Ce qui aggrave encore un peu plus les handicaps de la ruralité.
Bien entendu, on devine l’argument utilisé par la direction générale pour justifier ces fermetures : faire des économies. Argument qu’il est facile d’anéantir. En effet lorsqu’on finance une équipe cycliste professionnelle (Warren Barguil) et un bateau pour le Vendée globe ((Sébastien Simon), non seulement on ne réalise pas des économies, mais encore on investit dans des opérations qui n’on rien de mutualiste. Ces dépenses injustifiées n’ayant qu’un seul but : essayer d’imposer la marque « Arkéa ». Ce qui ne correspond pas aux attentes des sociétaires. Surtout lorsque ces derniers sont amenés à constater – à l’occasion d’un emprunt – que les taux pratiqués par le CMB ne sont pas compétitifs, mais anormalement élevés. Il est préférable de s’adresser au Crédit mutuel de Loire-Atlantique ; il n’y a pas photo.
L’arrêt de la Cour de cassation
Annus horribilis pour les cerveaux du CMB – Arkéa. Manifestement, le président Jean-Pierre Denis n’avance pas dans sa tentative de scission avec la Confédération nationale du Crédit mutuel. Son dernier échec : l’utilisation de la marque « Crédit mutuel ». En effet la Confédération avait indiqué qu’en cas de départ, le CMB-Arkéa « ne pourrait plus utiliser la marque Crédit mutuel. Arkéa a alors engagé une procédure pour contester la validité de cette marque déposée. La Cour de cassation, qui l’avait débouté en 2018, a confirmé cette décision » (Ouest-France, vendredi 16 octobre 2020). Cette défaite en cassation met un frein à la scission. En effet si « Crédit mutuel » est une marque forte, à la notoriété indiscutable et à l’image évocatrice, permettant d’emprunter dans de bonnes conditions sur les marchés internationaux, il en va différemment d’« Arkéa », invention sans relief. Sur le fronton des agences, Crédit mutuel de Bretagne ou « Crédit Arkéa », ça ne donne pas le même résultat auprès des « clients » !
Il parait que le projet « Liberté » demeure d’actualité. « On l’a placé au cœur de la stratégie de notre groupe (…) Notre volonté d’indépendance est on ne peut plus d’actualité », insiste Hélène Bernocot, la nouvelle directrice générale (Le Télégramme, samedi 4 juillet 2020). Ça c’était avant l’arrêt de la Cour de cassation !
Bernard Morvan
Crédit photo : DR
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