Régionales. Ronan Dantec voulait devenir duc de Bretagne

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La compétition est ouverte. Aux prochaines élections régionales, les écolos espèrent bien briller en Bretagne (4). Une obligation pour le second tour : fusionner avec la liste de Loïg Chesnais-Girard (PS). Mais s’ils devancent ce dernier au premier tour, ils exigeront la place de président. En réalisant un score important, ils pourront revendiquer un nombre substantiel de places éligibles sur la liste fusionnée et des jobs de vice-présidents. C’est ça le « vent de fraîcheur » !

Maire de Nantes et de Rennes, un exercice difficile…

Être maire de Nantes et de Rennes constitue aujourd’hui un exercice difficile. Autrefois, du temps de Jean-Marc Ayrault et d’Edmond Hervé, les choses se présentaient simplement : autour du pilier PS, on agrégeait une poignée de communistes, une pincée de radicaux de gauche et une petite équipe d’écologistes. Et pour faire chic, on embauchait quelques éléments de la société civile. On avait donc un PS dominateur, voire hégémonique, qui formait, à lui seul, la majorité. Les alliés étaient simplement autorisés à applaudir.

Mais, depuis les élections municipales de juin, une force politique émerge à gauche : les écologistes ; ils deviennent des partenaires encombrants, des concurrents dangereux, des adversaires voraces pour les socialistes. Un ancien ministre de François Hollande, Patrick Kanner, résume ainsi la situation : « Les Verts veulent nous faire ce que nous avons fait sous Mitterrand au Parti communiste : nous tuer. » (L’Obs, 17 septembre 2020).

Les progrès électoraux réalisés par les écolos leur permettent désormais de s’imposer aux socialistes. Et de constituer un groupe important au sein du conseil municipal de Nantes et de Rennes. Dans la première ville, ils sont 21 sur les 56 élus de la majorité municipale (Johanna Rolland). Dans la seconde, ils sont également 21 sur les 51 élus de la majorité de Nathalie Appéré. Une grosse minorité – remuante – dont le maire est bien obligé de tenir compte. D’autant plus que les écolos sont solidement implantés dans la « maison » avec dix adjoints à Nantes (sur 26)  et neuf adjoints à Rennes (sur 21).

Situation inédite dans ces deux villes : Mmes Rolland et Appéré se trouvent confrontées à deux oppositions : l’une officielle et externe – peu dangereuse – constituée par la droite et les marcheurs et l’autre formée par les écolos. Toutes les conditions sont donc réunies pour favoriser la contestation et obliger le maire à négocier sans cesse avec ses « alliés ». certes les socialos et leurs partenaires de gauche (PCF et autres) possèdent la majorité absolue à Nantes (35 élus sur 69) et relative à Rennes (30 élus sur 61). Mais gare aux défections !

« Un vent de fraîcheur »

À ces élections régionales, les écolos veulent « apporter un vent de fraîcheur à la politique bretonne » (Ouest-France, Bretagne, mardi 1er décembre 2020). Loïg Chesnais-Girard (PS), l’actuel président du conseil régional, appréciera le compliment ! Pendant un moment, Ronan Dantec, sénateur de Loire-Atlantique et conseiller municipal de Nantes, a tenté de fédérer les écologistes et la société civile autour de sa candidature en Bretagne (4). « Après d’interminables discussions, l’élu a fini par retirer sa candidature » (Le Télégramme, Bretagne, lundi 30 novembre 2020). Avoir un pied au conseil municipal de Nantes et un autre à la Région à Rennes, outre l’originalité de la démarche, aurait peut-être aidé à faire avancer certains dossiers bretons  (liaison TER Nantes – Rennes, le maritime et portuaire, la réunification…). Et le symbole était fort.

C’est dans cette ambiance « confraternelle » que se préparent les prochaines élections régionales en Bretagne (4). Une paysanne bio de Sixt-sur-Aff  (près de Redon), Claire Desmares-Poirrier, sera le chef de file d’une liste « écologiste et fédéraliste », Europe Écologie les Verts ayant réussi à regrouper huit petites formations (dont l’UDB). Cette jeune femme ne tourne pas autour du pot. Si elle accepte une alliance avec Loïg Chesnais-Girard, l’actuel président de la Région, c’est uniquement pour le second tour, « puisqu’on envisage de gérer la Région. On le désire vraiment. Il y a une immense attente de la part des citoyennes et des citoyens sur l’écologie, on l’a vu aux municipales et aux sénatoriales. Donc on va chercher la présidence de la Région pour proposer une nouvelle gouvernance. Mais on ne gagnera pas sans le Parti socialiste. » (Ouest-France, Bretagne, mardi 1er décembre 2020). Les socialos sont prévenus !

Dire qu’Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, adore les écolos serait exagéré. Il a le mérite de dire ce qu’il pense de ses alliés – adversaires : « Ils se sont plutôt construits contre l’État perçu comme un agent de productivisme, ils sont plutôt fédéralistes, libertaires, ils ont abordé les questions régaliennes du côté des droits des minorités… Je ne le leur reproche pas. C’est leur histoire et leur apport. Mais ils doivent maintenant répondre à la question : comment fait-on vivre les gens ensemble dans la République. Vivre en harmonie avec la planète est une réponse, essentielle certes, mais pas exclusive. » (Libération, jeudi 3 décembre 2020).

Pour le premier et le second tour des élections régionales, Jean-Yves Le Drian tranchait le problème en toute simplicité : pas d’écolos sur sa liste. D’où l’absence des écolos au conseil régional. Tranquillité assurée…

Bernard Morvan

Crédit photo : ThibOey/Wikimedia (cc)
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