En France, le problème, ce ne sont pas les raveurs ! [L’Agora]

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À chaque journée son lynchage politique et médiatique, et son flot de commentaires haineux sur les réseaux sociaux, sur des sujets qui, dans une société du tout jetable, seront oubliés dès le lendemain.

Au menu ce week-end, le « scandale » qu’aurait constitué une rave party qui s’est tenue au sud de Rennes le soir du Nouvel An et le lendemain, et qui a rassemblé 2 500 « teufeurs ».

À en lire la presse et les analystes, on serait presque là en présence de 2500 assassins potentiels.

Pensez, « alors qu’on impose aux Français des mesures draconiennes depuis un an, certains se croient tout permis » entend-on ici ou là, tandis que d’autres évoquent un potentiel « cluster » à Coronavirus, ou qu’une certaine presse se fait écho d’une « traque » pour rechercher les organisateurs de la Rave Party, dont certains sont aujourd’hui en garde à vue et lourdement inculpés.

Le parquet de Rennes a tout de même ouvert une enquête pour, entre autres, organisation illicite d’un rassemblement festif, mise en danger de la vie d’autrui et violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique.

Entendons-nous bien. Il ne s’agit pas là de faire l’apologie des rave-party, qui malheureusement trop souvent se déroulent sur des terrains privés, au mépris des agriculteurs qui subissent ces soirées sans que les autorités ne fassent respecter leur droit à la propriété.

Mais tout de même, quelle hypocrisie venant de ceux qui n’ont de cesse de dénoncer la tyrannie sanitaire actuellement en place, et qui s’offusquent que des individus ne supportent plus ces mesures et décident, le temps d’une soirée ou deux, de les braver.

On ne peut pas à la fois pester contre l’interdiction d’aller acheter de l’alcool après 18 h le 31, interdiction imposée de manière scandaleuse par les préfets qui ont dans cette République jacobine décidément plus de pouvoir que les élus locaux, et en même temps s’offusquer que des hommes et des femmes décident de franchir le Rubicon.

On a entendu un flot de contre-vérités durant tout le week-end : ainsi les raveurs seraient des « punks à chien », des « militants d’ultra gauche », des « marginaux », des « toxicomanes ». À se demander si l’un de ces commentateurs ou de ces élus a déjà mis les pieds dans ces soirées pour se permettre de tels amalgames. Il n’y a pas plus de toxicomanes dans une rave-party — dont la particularité réside avant tout dans le côté « fête sauvage » — que dans une discothèque un samedi soir.

Il n’y a pas plus de militants d’ultra gauche, que de jeunes BCBG qui ont envie de participer à une fête interdire le temps d’un weekend. Des épaves, des jeunes suralcoolisés, il y en a aussi dans ces soirées. Mais on parle des sorties de bar de nuit dans les grandes métropoles à 3 h ou à 5 h du matin ? On parle de ces politiques qui s’offusquent de comportements déviants quand il est de notoriété publique que de la drogue circule aussi au sein du milieu politique, et en bonne quantité ?

On a aussi vu ce week-end toute la faiblesse de l’État, impuissant à mettre fin à une fête sauvage « pour ne pas provoquer d’incidents ». Quel aveu de faiblesse. Et ce sont ces mêmes qui vous disent ensuite, en fanfaronnant sur les plateaux de télévision, qu’ils vont mener une guerre sans pitié aux islamistes ? Permettez-nous d’en rire… La seule chose dont ils sont capables, c’est d’envoyer leurs serviteurs parfois zélés s’en prendre à des citoyens isolés, pour un masque mal porté, pour une remarque désobligeante d’un automobiliste en ayant ras le bol de servir de vache à lait et parfois, au détour d’une manifestation que les autorités auront jugé plus « réprimable violemment » que d’autres, des Gilets jaunes par exemple…

À ceux qui, notamment à droite, fustigent les « raveurs », et qui réclameraient presque le rétablissement de la peine de mort pour les organisateurs de cette rave-party, il faut rappeler tout de même que c’est peut être leur frustration à ne plus avoir prise sur rien qui les pousse à s’en prendre à celles et ceux qui ont décidé de reprendre une liberté que l’on nous confisque depuis trop longtemps.

Les réacs de tous bords devraient s’interroger à savoir pourquoi des millions de personnes dans la rue manifestant avec des ballons roses contre un projet de loi rompant avec la tradition familiale civilisationnelle n’ont pas provoqué la moindre secousse au sein de la précédente mandature présidentielle, tandis que quelques milliers de jeunes massivement dépolitisés parviennent à faire plier l’État le temps d’un week-end de fête, loin de tout projet politique d’ensemble….

Au café du commerce, on entend également des propos parfois insensés sur le « son » (on ne peut pas nommer cela musique soit dit en passant…) qui serait écouté par les amateurs de free party et de technival. Presque le son du Diable voyez-vous…

Les mêmes qui ont dansé sur les chansons affligeantes de Magic System pendant une Coupe du monde de football, les mêmes qui laissent leurs enfants écouter toute la journée maître Gims, Claquette-Chaussette, Jul, et autres sous-produits musicaux culturellement douteux, s’offusquent que d’autres se posent contre un mur de son au son d’un « boum, boum » variant tout de même un peu selon les DJ…

Les mêmes qui laissent leurs mômes partir à Ibiza s’en mettre plein les narines pour fêter le baccalauréat « parce qu’il faut bien se détendre un peu »…

Pourtant, tous ces moralistes, ces boomers et ces chasseurs de scalp de raveurs devraient avant tout se poser une question : comment ont-il pu échouer au point de faire qu’aujourd’hui, l’un des seuls point de ralliement d’une jeunesse d’origine européenne à 90 % soit une rave-party ? Comment ont-il pu laisser leur sacro-sainte « République française » tout balayer, tout détruire, au point de ne laisser comme seule ambition à une partie de la jeunesse autochtone que de faire la fête et éventuellement, de prendre quelques substances permettant d’oublier le goulag à grande échelle (au moins mental) dans lequel nous évoluons ?

Leur colère à l’égard de ces « raveurs » n’est-elle pas proportionnelle à leur frustration, à leur impuissance à faire autre chose que d’obéir à la politique du dressage et de la peur que l’on vous distille depuis de nombreux mois maintenant ? À leur incapacité à peser sur les grands débats sociétaux qui parcourent le pays et sur lesquels ils n’ont pas le droit au chapitre tandis que d’autres le prennent allègrement ?

Et puis enfin, la République macronienne qui se ridiculise à ce point, cela devrait tout de même faire plaisir à ses détraqueurs. Eh bien non, même pas… ll faut s’en prendre aux raveurs !

Étrangement, ce phénomène qui aurait dû éventuellement en rester à la page 15 du grand quotidien local, a fait couler bien plus d’encre et de salive que toutes les voitures brûlées, toutes les fusillades, les agressions, et même les meurtres qui ont été commis en France à l’occasion des fêtes de fin d’année.

Dans ce cas bien précis, Emmanuel Macron et son gouvernement trouvent dans leur opposition dite « républicaine » des alliés de tous bords, idiots utiles de circonstance… Tellement plus facile de s’attaquer à des fêtards invétérés, qu’aux vrais délinquants ainsi qu’aux dealers qui empoisonnent tout un pays… Tellement plus facile de ne pas demander des comptes sur les choses qui fâchent…

« Tous ces p’tits bourgeois incurables
Qui parlent pas, qu’écrivent pas, qui bavent
Qui vivront vieux leur vie d’minables
Ont tous dans la bouche un cadavre ». Renaud.

Julien Dir

Précision : les points de vue exposés n’engagent que l’auteur de ce texte et nullement notre rédaction. Média alternatif, Breizh-info.com est avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place.

Illustrations : DR
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3 Commentaires

  1. Les raveurs ne sont pas « LE » problème, mais ils en sont un quand même. Contester les mesures gouvernementales est une chose, violer la loi collectivement en est une autre. Violer un grand nombre de lois d’un coup, d’ailleurs, en l’espèce : droit de la propriété (y compris de la propriété intellectuelle sur la musique, on peut supposer que rien n’a été réglé à la Sacem), règles de sécurité, loi fiscale (combien de TVA payée sur les ventes de boissons et autres substances ?) — avec des brutalités contre les gendarmes par-dessus le marché. D’ailleurs, quel discours entend-on classiquement ? Pas un raisonnement un peu étayé sur l’inanité du masque ou du couvre-feu mais des excuses autocomplaisantes et décérébrées du genre « il faut bien qu’on s’amuse ».
    Après, que la presse en ait beaucoup parlé, c’est la mécanique habituelle des médias : comme l’événement a duré près de deux jours, il était possible de faire du direct, c’est bon coco !

  2. Contester les mesures gouvernementales ? En défilant avec des pancartes et des bougies ? On a vu le résultat de la manifestation organisée à Paris en décembre par la filière hôtellerie-bars-restauration et fournisseurs: couvre-feu à 20 h qui achève les restaurants survivant avec la vente à emporter, et même maintenant à 18h. Aucune échéance de réouverture en vue.
    L’heure est venue de la désobéissance civile.
    Et vous croyez qu’il s’est passé quoi chez les bobos des beaux quartiers parisiens le soir du 31 décembre ?
    Déjà, il y a bien longtemps, lorsque j’étais étudiant c’était drogue et libertinage (pour parler élégamment).
    Il faut vraiment n’avoir aucun jeune dans son entourage pour ne pas se rendre compte de la vie que leur fait mener ce gouvernement et croire qu’il n’y avait à cette « rave » que des ultra-gauchistes antifas.

  3. Dans tous les domaines la prohibition finit par déboucher sur le marché noir. Nous attendons que le Parquet, si prompt à poursuivre les organisateurs pour « mise en danger délibéré de la vie d’autrui » en fasse de même contre les promoteurs d’un vaccin mis sur le marché sans qu’aucune étude scientifique définitive n’ait attesté de son innocuité totale pour ceux à qui il sera administré. Des plaintes ont d’ailleurs été déposées à ce titre, il suffit de les traiter en temps et en heure, c’est-à-dire en urgence vu les risques encourus.

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