Le variant sud-africain du covid-19 moins dangereux à Nantes qu’à Paris ou à Mayotte ?

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Le gouvernement veut-il favoriser un développement du covid-19 dans la région « déficitaire » qu’est la Bretagne ? La question rend un son complotiste. Pourtant, on ne peut s’empêcher de la poser.

Olivier Véran, ministre de la Santé, l’a lui-même révélé jeudi dernier : une personne porteuse du « variant sud-africain » a été détectée dans la région nantaise. L’information a été confirmée le 15 janvier par un communiqué de l’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire. Ce variant inquiète les médecins. Comme le « variant anglais », il rendrait le covid-19 beaucoup plus contagieux. Ce qui risque d’entraîner une augmentation du nombre de malades, donc de décès.

Le malade détecté en Loire-Atlantique, d’origine mozambicaine, a participé à un rassemblement évangéliste au Mozambique fin 2020 (« le virus n’a pas de frontières », comme on sait). Un autre participant à ce rassemblement est également malade dans la région parisienne. L’ARS y a aussitôt organisé une grande campagne de tests dans plusieurs villes alentour : Colombes, Fleury-Mérogis, Maisons-Alfort, etc. Plusieurs établissements scolaires ont aussi été testés, ainsi que le personnel de l’hôpital où le malade a été hospitalisé.

À Mayotte, c’est pire. Dans ce département d’outre-mer, l’ARS a annoncé ce lundi 18 janvier que « 4 cas du variant SARS-CoV-2 501.V2 (variant sud-africain) ont été détectés ». Ils ont « vraisemblablement contracté le virus lors d’un voyage récent dans l’Océan Indien ». Toutes les liaisons maritimes et aériennes ont été immédiatement suspendues, dès dimanche et pour au moins quinze jours. Seuls restent autorisés les voyages vers la Réunion et la métropole répondant à un motif impérieux familial, sanitaire ou professionnel. Les voyageurs doivent justifier d’un test PCR négatif de moins de 72 heures et s’engager sur l’honneur à respecter sept jours d’isolement à l’arrivée.

L’ARS des Pays de la Loire se hâte lentement

À Nantes, rien de tel. Pourtant, ce n’est pas un seul cas qui a été repéré mais une douzaine, dont une personne hospitalisée au CHU de Nantes. « Des cas secondaires, au sein du foyer familial, dans la région de Nantes, ont été identifiés dans le cadre du contact tracing réalisé par l’ARS et ont reçu des consignes d’isolement », indique l’ARS (1). « Les investigations se poursuivent pour s’assurer de la maîtrise de la chaîne de transmission. » Et encore : « La recherche approfondie des contacts amène l’ARS à envisager des dépistages complémentaires qui se poursuivent. » Autrement dit, quand la région parisienne et Mayotte sonnent le branle-bas de combat, on procède à Nantes avec une sage lenteur…

Pourquoi cette indolence ? La gestion de l’épidémie serait-elle modulée, comme certains le soupçonnent, en fonction de la situation des hôpitaux publics ? Le taux d’occupation des lits en réanimation n’était que de 20 % le 15 janvier en Loire-Atlantique. Si vraiment le variant sud-africain est beaucoup plus contagieux, cette situation pourrait vite évoluer. Ce qui légitimerait l’application en Loire-Atlantique et en Bretagne des mêmes mesures de couvre-feu drastiques qu’ailleurs, guère justifiées à ce jour.

(1) Mise à jour du 19 janvier : le bulletin publié ce mardi 19 janvier par l’ARS des Pays de la Loire ne fait état que d’un seul malade porteur du variant sud-africain en Loire-Atlantique. L’ARS contredit ainsi implicitement son communiqué du 15 janvier qui mentionnait « des cas secondaires, au sein du foyer familial, dans la région de Nantes ». L’Agence ne donne aucune précision sur les mesures de dépistage et d’isolement prises (?) à la suite de cette détection alarmante.

Photo : le CHU de Nantes, Breizh-info, droits réservés.
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