Communautarisme et gendarmerie : un service d’enquête contre les crimes LGBT-Phobes

A LA UNE

Il y a Zemmour et Naulleau, mais aussi « Zemmour et Bolloré »

Passer d’une chaîne d’information (Cnews) à une station généraliste (Europe 1), voilà l’une des tâches auxquelles Vincent Bolloré s’attaque...

Napoléon : « Ma vie est un roman »

Ce mot, peut-être apocryphe, ne manque pas, de toute façon, de justesse. C’est d’ailleurs pourquoi Napoléon Bonaparte a autant...

Brest. Une semaine « brûlante » dans les quartiers « sensibles » de Pontanézen et Bellevue

Brest a été le théâtre de plusieurs épisodes de violence urbaine, dans les quartiers de Pontanézen et de Bellevue,...

Il y a 100 ans était fondée l’Irlande du Nord. Quelle histoire ? Quel avenir ? Explications et sondage.

Ce 3 mai 2021, l'Irlande du Nord fête les 100 ans de sa création. Entité britannique, la province britannique...

La Bretagne, région française la plus impliquée dans la traite des Noirs ?

Des Bretons ont joué un rôle massif dans le commerce des esclaves, un business florissant de l'époque des Lumières....

Il existe depuis 2013 en France un Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCH), qui dépend de la Gendarmerie Nationale. Depuis août dernier, 7 enquêteurs se consacrent au sein d’un service chargé de lutter contre les « crimes LGBT-Phobes », autrement dit principalement des insultes, jusqu’aux violences.

Le média LGBT Komitid cite le chef de l’OCLCH, le général de brigade Jean-Philippe Reiland : « il est indispensable d’avoir une action répressive sur des infractions qui peuvent paraître moins graves mais qui, si elles ne sont pas réprimées, peuvent conduire à un enchaînement très violent : d’abord des discours de haine, puis des agressions individuelles, puis un phénomène de masse ».

Les actes LGBT-Phobes ont augmenté de 36% entre 2018 et 2019 selon les statistiques du Ministère de l’Intérieur, passant de 1040 victimes recensées en 2017 à 1870 en 2019. Néanmoins, il y a selon SOS Homophobie « une minimisation des plaintes », autrement dit beaucoup de faits ne sont pas retracés car les insultés ne déposent pas plainte – notamment en matière d’injure sur les réseaux sociaux ou de dégradations volontaires (tags).

Komitid explique le fonctionnement du service : « Tous les matins, Aurélie Dey consulte les remontées de procédure des quatre coins de France portant la mention « haine ». Elle vérifie la qualification juridique retenue. Elle peut demander les auditions des victimes pour voir si elles sont suffisamment précises et, si nécessaire, demander qu’elles soient à nouveau entendues. Parfois, elle envoie les questions à poser avant une audition. La division est encore « toute jeune », mais ambitionne de « coordonner » et « appuyer » les enquêtes sur les crimes de haine qui ont lieu dans toute la France, explique la commandante Dey ».

On peut d’ailleurs se demander si ce service de la gendarmerie n’agit pas en réalité comme une police politique supplémentaire ? « L’une [des enquêtes] a plongé les enquêteur.trice.s dans le milieu du survivalisme, face à des provocations à la haine aussi bien contre les migrant.e.s que les gays. En plus de ses enquêtes en cosaisine, la division « crimes de haine » diligente seule quatre dossiers depuis sa création, dont certains dans l’ultra-droite ».

Pourtant l’homophobie existe aussi dans les milieux de l’ultra-gauche, selon les militants eux-mêmes. En Europe comme en Amérique du Nord.

En 2019 une tribune dans le média francophone canadien La Presse le constatait : « Au risque de déplaire, il faut avouer que l’extrême droite n’est pas la seule à être à l’origine de discours haineux, homophobes, transphobes et irrespectueux sur le web. […] Le plus inquiétant à l’heure actuelle est que ces propos haineux de l’extrême gauche sont peu ou pas dénoncés par plusieurs organismes LGBT+ pour ne pas recevoir les foudres de ces militants LGBT+. Ce silence donne l’impression que les propos haineux de l’extrême gauche sont plus acceptables que ceux de l’extrême droite ».

Louis Moulin

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

.
- Je soutiens BREIZH-INFO -

L’envers des affaires : Karl Zéro balance tout sur Alègre, Fourniret et les réseaux pédocriminels…

Le journaliste Karl Zéro lance un magazine trimestriel d'enquêtes au long cours qui nous plonge dans l’Envers des affaires....

Super Thursday. On vote ce jeudi en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles lors d’élections cruciales

Le Royaume-Uni vote ce jeudi 6 mai. Tout le Royaume-Uni ? Non, car l'Irlande du Nord ne participe pas...

Articles liés

Loire-Atlantique : Quatre gendarmes blessés par balle lors d’une interpellation

Quatre gendarmes ont été blessés par balle lundi matin à Malville, entre Nantes et Saint-Nazaire ( Loire-Atlantique​), lors d’une interpellation, mais leur pronostic vital n’est pas...

Pontivy. De nombreuses violences intrafamiliales en 2020

Les chiffres sont importants : le Pontivy Journal rapporte que la cellule des violences intrafamiliales de la compagnie de gendarmerie de Pontivy (Morbihan) a...

Kouachi, l’assaut final : un membre du GIGN raconte l’attaque contre Charlie Hebdo et la traque des deux islamistes [Interview]

Les éditions Ring viennent d'éditer un livre qui devrait faire l'effet du petite bombe : Kouachi : L'assaut final - Récit embarqué de la...

Bad buzz. La Gendarmerie de Loire Atlantique se lance…dans l’écriture inclusive (puis se ravise)

Mardi 12 janvier, à l’occasion d’une publication post humoristique, la Gendarmerie de Loire-Atlantique a fait le buzz. En cause, l’usage de l’écriture inclusive qui...