Nantes. La directrice de la Folle Journée Joëlle Kerivin démissionnée après des transferts de fonds suspects

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La militante féministe et directrice de la Folle Journée Joëlle Kerivin a été poussée vers la sortie – sa démission a été acceptée le 12 mars dernier – après qu’elle ait été mise en cause dans une affaire financière. Elle a anticipé une procédure de révocation.

Issue de la communication et de l’événementiel, Joëlle Kerivin a travaillé à l’IGN puis aux VVF, avant de rejoindre le cabinet de recrutement Capfor Atlantique. Elle le quitte avant sa fermeture en 2013 pour rejoindre les ressources humaines au sein de Nantes Métropole. Du 15 juillet 2011 au 24 février 2012 elle a aussi été directrice générale de la société Corus Développement, 620.000 € de capital social.

Un audit indépendant de la Saem la Folle Journée, qu’elle préside depuis 2015, et de l’espace Simone de Beauvoir – un regroupement dune quinzaine d’associations féministes – qu’elle préside depuis 2013, demandé à KPMG par la ville de Nantes, a mis en évidence des transferts de fonds entre les deux structures.

L’audit pointe «  des mouvements de trésorerie très importants liés à des avances de salaires et de frais de représentation au bénéfice de la directrice générale, largement supérieurs aux dépenses réellement constatées et justifiées », pour des sommes non justifiées mais qui semblent suffisantes à la Ville et à la société d’économie mixte la Folle Journée pour porter plainte et constater une « faute de gestion, à minima ».

Des participants à l’AG de l’espace Simone de Beauvoir en janvier avaient des soupçons – convoqués à l’AG en ligne le jour même, sans documents de travail joints, ils avaient remarqué la présentation étrange des comptes et le fait que le commissaire aux comptes ne les avait pas validés. Immédiatement, la Ville avait annoncé qu’elle lançait un audit – une réaction motivée par « la procédure » mais qui laisse penser aux salariés que la Ville avait des soupçons et des éléments pour les nourrir.

Cet audit remis début mars avait mis au jour « ce qui semble s’apparenter à un dispositif triangulaire entre La Folle Journée, l’Espace Simone de Beauvoir et le compte personnel de Joëlle Kerivin », avance France Musique, qui précise : « Ces mouvements troubles convergent vers une seule et même personne : Joëlle Kerivin. « Aucune autre personne n’est impliquée », a précisé l’adjoint à la culture [Aymeric Seasseau], rappelant que seule Joelle Kerivin disposait des moyens de paiement ».

Membre des « dirigeants responsables de l’Ouest »

Au titre de ses responsabilités culturelles et de son engagement féministe, Joëlle Kerivin fait partie de diverses listes et d’annuaires. Ainsi on apprend qu’elle fait partie des « dirigeants responsables de l’Ouest » qui « défendent leurs valeurs en matière d’économie responsable ». Ou plutôt leurs valeurs tout court.

Elle s’est aussi engagée pour le maintien du «droit » à l’avortement et fait partie du collectif des Fameuses, qui se présente comme « un collectif de femmes d’influence, engagées pour l’égalité femmes-hommes ». On y trouve quelques artisans d’art, beaucoup de hauts fonctionnaires et des chefs d’entreprises de la région, toutes de sexe féminin. Mais ce n’est certainement pas de cette notoriété que Joëlle Kerivin aurait rêvé.

Chevalier de l’ordre du Mérite

Elle est aussi depuis le 14 novembre 2016 chevalier de l’ordre du Mérite, au titre de son engagement féministe : « Mme Kerivin, née Guillochon (Joëlle), présidente d’un espace de défense et de promotion des droits des femmes, administratrice d’un centre d’information sur les droits des femmes et des familles ; 19 ans de services », sur le contingent de Laurence Rossignol, ancienne militante trotkiste de la LCR, Ligue communiste révolutionnaire, ministre socialiste des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes.

Les subventions 2021 suspendues

L’espace Simone de Beauvoir est subventionné par la Ville de Nantes à hauteur de 107.000 € par an ; ses subventions sont gelées en attendant de faire le point, mais Mahaut Bertu, élue en charge des associations, précise dans les colonnes de nos confrères d’Ouest-France que la ville de Nantes n’a rien à reprocher à la structure : « Nous avons pris connaissance de mouvements de trésorerie qui ne sont pas justifiés, en lien avec la présidente. Cela n’engage en rien la mobilisation pour les droits des femmes. Cela n’entache en rien nos relations avec la structure qui conserve tout notre soutien ».

Louis Moulin

Crédit photo : DR
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4 Commentaires

  1. Nantes fut naguère une ville de droite, il me semble, acquise aux valeurs de droite ;et puis avec les municipales de 1977, les bonnes familles du cours Cambronne ont décidé de passer à gauche et leurs rejetons ont ensuite accéléré la tendance sans que les parents ne trouvent à redire : il y avait les zazous en 1941, et bien à présent, il y a les bobos (c’est seulement une boutade). En tout cas, les bobos sont bien là, avec leurs moeurs corrompues et corruptives.
    Le summum de cette dérive a été atteint avec les municipales de l’an dernier permettant à une municipalité devenue bobo pour de bon, d’imposer ses affidés pour régner sans partage sur la ville et toucher un argent public indû.
    Je ne doute pas qu’une situation équivalente se retrouve dans des grandes villes « bourgeoises » de province passées à gauche en 1977 ou plus tard, avant le début des années 2000, en France : Brest, Tours, Nancy, Rouen, etc.

    • Exactement ce que je pourrais dire moi-même. Bravo pour votre commentaire clairvoyant. J’habite à côté du Cours Cambronne et je suis témoin de cette décadence morale. Je suis révulsé !

    • Exactement ce que je pourrais dire moi-même. Bravo pour votre commentaire clairvoyant. J’habite à côté du Cours Cambronne et je suis témoin de cette décadence morale. Je suis révulsé !

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