Espagne. Les milliers de touristes français venus s’alcooliser exaspèrent des Espagnols limités dans leurs déplacements

Publicité

Des milliers de Français se rendent à Madrid depuis plusieurs semaines afin de profiter des bars et restaurants encore ouverts malgré la pandémie. Dans le même temps, l’Espagne a imposé des restrictions de déplacement entre les régions à sa population. Un paradoxe qui, mis en évidence par les nombreuses images de touristes déambulant groupés et alcoolisés dans les rues de la capitale, a largement contribué à énerver une partie des Espagnols.

Français venus s’alcooliser en Espagne : incompréhension et colère des locaux

Les Espagnols sont interloqués. Tandis que des restrictions de déplacement sont toujours en vigueur dans leur pays entre les différentes régions (on parle là-bas de « communautés autonomes »), la venue de milliers de Français en Espagne depuis quelques semaines pour y faire la fête dans certaines villes n’est pas du goût des locaux. D’autant plus que le comportement des Hexagonaux laisse franchement à désirer. Dans les médias et sur les réseaux sociaux espagnols, les images des touristes français alcoolisés dans les bars du pays ont déclenché une polémique depuis plusieurs jours, mêlant colère et incompréhension.

Parmi les réactions de colère les plus médiatisées, celle du chef cuisinier basque Karlos Arguiñano sur Antena 3 est devenue virale sur les réseaux sociaux espagnols, la vidéo de ses propos ayant été retweetée plus de 7 000 fois sur Twitter. Avec un sens de la formule choc, il a posé la question suivante : « Vous pouvez m’expliquer pourquoi nous n’avons pas le droit d’aller saluer nos grands-parents, mais que les Français viennent chez nous se pinter comme des ours ? », considérant la venue de ces improbables touristes comme une aberration.

La classe politique espagnole réagit

Si plusieurs nationalités européennes sont représentées parmi ces touristes « festifs », ce sont bien les Français et les Allemands qui sont les plus visés par les critiques. Autre prise de parole largement relayée sur les réseaux sociaux espagnols, celle du député d’opposition de la région de Madrid Íñigo Errejón, qui a déclaré que « personne ne peut comprendre qu’un Espagnol ne puisse pas aller voir son grand-père à Santander, alors qu’un Allemand de Düsseldorf, lui, peut se rendre à Majorque. Ça n’a pas de sens de nous demander de faire des efforts et en même temps de transformer le pays en bistrot de l’Europe ! ».

Ce paradoxe en matière de restriction apparaît comme d’autant plus flagrant aux yeux des Espagnols puisque les nombreuses images qui ont été diffusées sur les chaînes de télévision du pays durant ces derniers jours ont montré à plusieurs reprises des groupes de Français particulièrement éméchés faisant la fête sans se soucier des règles de distanciation sociale.

La colère a pris une telle proportion en Espagne que même l’ambassade de France a dû monter au créneau en réaction aux propos Mónica García, candidate aux prochaines élections régionales dans la communauté de Madrid, qui a accusé le 23 mars dernier la présidente de la région de Madrid Isabel Díaz Ayuso (Parti populaire) de « dérouler le tapis rouge à des hordes de Français qui viennent se soûler ». Le compte Twitter de l’ambassade a ainsi publié le message suivant : « Pas besoin d’alcool ni de tapis rouge. Comme tous les Européens, les  »hordes » de Français aimeront toujours Madrid et l’Espagne. Depuis l’Ambassade, nous continuerons à travailler avec le gouvernement espagnol et toutes les communautés autonomes pour lutter contre la pandémie ».

des hordes de français qui viennent se soûler

Tandis que la Semaine Sainte a débuté le 26 mars et se termine le 9 avril, une période où les Espagnols ont l’habitude de se déplacer entre les régions et de se retrouver en famille, les images de Français venus s’alcooliser en groupe dans les rues de Madrid où le couvre-feu est fixé à 23 heures n’ont donc fait que renforcer la tension générale.

Même la Commission européenne, par l’intermédiaire de l’un de ses porte-paroles Christian Wigand, a demandé aux autorités espagnoles de faire preuve de davantage de cohérence dans les restrictions mises en place.

Crédit photo : Pixabay (Pixabay License/Daniel Nebreda) (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Une réponse à “Espagne. Les milliers de touristes français venus s’alcooliser exaspèrent des Espagnols limités dans leurs déplacements”

  1. ubersender dit :

    Ok, mais pouvez-vous m’expliquer à moi, Français, qui transite en Suisse, sans donc m’y arrêter, entrant à Genève (Bardonnex) et sortant à Vallorbe, je dois, pour cette rentrée en France, présenter un test PCR négatif (dans l’attente du passeport vaccinal), alors que les Suisses résidant dans un rayon de 30 kms de cette frontière peuvent entrer et ressortir librement de France pour, par ex., aller y faire leurs courses ? Aucune réaction d’indignation de nos pourlècheurs de la presse aux ordres qui trouve que tout va bien quand on emmerde nos compatriotes.

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

Cannabis

Santé

Épilepsie : les gros consommateurs de cannabis présentent des formes plus sévères, selon une étude américaine

Rugby, Sport, VANNES

Top 14 : Vannes à Perpignan pour enfin débloquer son compteur, Taulagi est arrivé

infirmiers

Santé

Vers un chaos sanitaire ? 63 % des infirmiers envisagent de quitter le métier

Sociétal

Blocages lycéens, le chaos organisé ?

International

Marco Rubio, l’Acropole et les héritiers de l’Europe

International

Belfast : la première plaque de rue en Ulster scots approuvée, face à des centaines en irlandais

Local

Plogonnec : les parachutistes du Finistère fêtent saint Michel et les 50 ans de l’UNP

Animaux

Votre chat a plus de 7 ans ? Voici ce qui change pour sa santé

Economie, Environnement

Gel du prix de l’électricité : les 4 leviers de l’État, et leurs limites

Martigné-Ferchaud

BREST

Brest : des cambrioleurs s’introduisent dans la caserne de la gendarmerie mobile

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

International

Ceuta : le Parlement européen qualifie l’entrée massive de juillet d’« invasion » et de « guerre hybride », double camouflet pour Pedro Sánchez

Découvrir l'article

Cyclisme, Sport

Vuelta 2026. Enric Mas, la revanche du suiveur : l’Espagne tient enfin son héritier de Contador

Découvrir l'article

A La Une, Politique

Arnaud Imatz : « Le clivage droite-gauche n’est plus qu’un mythe, un masque incapacitant » [Entretien]

Découvrir l'article

International

Vox, ou quand la droite se souvient que les idées font partie du combat politique

Découvrir l'article

A La Une, International

Quand l’immigration devient une arme : Erdoğan, Loukachenko, le Maroc… et l’Europe qui refuse de nommer la guerre hybride

Découvrir l'article

International

De la « régénération » à Ceuta : les 8 années de Pedro Sánchez qui ont mené l’Espagne au chaos

Découvrir l'article

International

Espagne. À Ceuta, la révolte d’une ville frontière abandonnée face à l’immigration massive

Découvrir l'article

International

Ceuta, le gouvernement espagnol avait été averti de l’invasion

Découvrir l'article

International

L’Afrique réelle n°201. Bernard Lugan décrypte la crise de Ceuta et la guerre ethnique au Mali

Découvrir l'article

A La Une, International

Ceuta : 15 plaintes pour viol depuis l’entrée massive de juillet, 5 reconnues par Madrid

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.