Fake News Covid-19. Non, il n y a pas plus d’hécatombe au Brésil qu’en France

A LA UNE

C’est un des titres phares de la presse aux ordres en ce début de semaine : le Brésil, qui a dépassé les 4000 victimes en une journée liées, d’après les autorités sanitaires du pays (autorités dont rien n’indique qu’elles soient d’ailleurs au niveau des pays les plus développés dans le monde) au Covid-19.

Une hécatombe pour la presse mainstream, qui en profite pour tacler Bolsonaro sévèrement (et ainsi le faire détester encore plus qu’il ne l’était déjà par le lectorat ou le téléspectateur moyen, qui n’a jamais mis le pied au Brésil de sa vie dans 98% des cas).

Au centre de cette campagne, encore et toujours l’AFP, Agence France Presse qui écrit la pluie et le beau temps (même quand il neige) des rédactions françaises et internationales. Lisez un peu :

« En dépit de cette situation sanitaire catastrophique, le président d’extrême droite Jair Bolsonaro, très critiqué pour sa gestion chaotique de la pandémie, continue de remettre en cause les restrictions imposées par les maires et les gouverneurs des Etats. En l’absence d’une vraie coordination au niveau national, chaque ville et chaque Etat finit en effet par prendre des mesures souvent insuffisantes et parfois contradictoires.

Parallèlement, la vaccination, qui a débuté tardivement, à la mi-janvier, se poursuit à un rythme jugé trop lent par les spécialistes. À ce jour, près de 20 millions de personnes ont reçu la première dose, soit 9,4 % de la population, et 5,8 millions la seconde (2,7 %) »

On notera l’emploi du terme « Président d’extrême droite », pour horrifier le lecteur, et pour ne pas lui dire qu’il a été élu au deuxième tour de l’élection brésilienne avec 57 797 847 voix, c’est à dire avec quasiment l’intégralité de la population française…

Mais ce qui nous intéresse ici, c’est « la situation sanitaire catastrophique » qui serait en cours au Brésil. Pourtant, prenons les chiffres, officiels là encore, et comparons à la France.

Depuis le début de la crise, la France compterait 97 273 décès enregistrés liés au Covid (c’est à dire qui compte en réalité sans doute une majorité de cas de personnes qui, en raison de leur âge ou de co-morbidités, seraient sans doute mortes dans les jours/semaines/mois qui suivaient)

Le Brésil, de son côté, compte 337 000 décès enregistrés liés au Covid, dans un pays ou là encore, on imagine parfaitement qu’une énorme partie des victimes recensées sont inscrites « décès Covid » sans que de réelles études sanitaires le valident vraiment. Mais passons.

Si l’on rapporte à 100 000 habitants, pour comparer le cas du Brésil et de la France (le Brésil comptant 208 846 892 habitants et la France 67 400 000 habitants) on trouve 161 morts pour 100 000 habitants au Brésil, 144 en France. Une différence non significative de 17 morts sur 100 000 habitants, qui témoigne qu’il n y a ni hécatombe en France, ni au Brésil.

Les seules conclusions que l’on peut tirer est que manifestement, le virus ne suit pas du tout la même courbe dans les deux pays. Que les hôpitaux brésiliens dans certains états (le Brésil est un Etat fédéral, avec des régions régies par des lois fédérales) sont saturés. Et que le Brésil, paye des décennies d’effondrement d’un système hospitalier sans moyen et corrompu dont a hérité Bolsonaro, président qui n’a lui non plus pas prévu de grande réforme sur le sujet. Mais il est erroné d’imputer l’effondrement du système de santé au Brésil à son action, tout comme il serait erroné d’accabler Emmanuel Macron uniquement concernant la casse du système hospitalier français (et surtout de son système d’urgences) qui n’est temporairement sauvé que parce que les dirigeants ont préféré enfermer tout un peuple plutôt que d’assumer des décennies de destruction du service public, ce qui n’a pas été le choix de Bolsonaro.

Pour le reste, au Brésil, il y a actuellement 20 millions de vaccinés, contre 9 millions en France. 9% de la population, contre 13% de la population dans un pays qui par ailleurs, a eu plus facilement accès aux différents vaccins.

Encore une fois, l’AFP s’est rendue coupable d’une belle fake news, relayée par toutes les rédactions idéologiquement aux ordres, et sponsorisée par les GAFA qui voient dans cette agence de presse le Dieu de l’information vérité. A méditer.

Crédit photo : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. Quatre mille victimes en une journée, c’est quand même beaucoup. C’est comme si la France en avait dénombré 1 200 en une journée. Ce qui est arrivé deux ou trois fois, en avril et octobre derniers ! En réalité, dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’un nombre de décès DECLARES au cours d’une journée, quelle que soit la date du décès. On enregistre bien plus de morts le lundi que les autres jours. Si on lisse sur plusieurs jours, la France n’a jamais dépassé 1 000 décès par jour au pic de la première vague, en avril 2020, trois semaines après le début du confinement, et se situe à présent au-dessous de 300 par jour. Mille morts par jour en France, cela correspond à un peu plus de 3 000 morts au Brésil, c’est-à-dire le niveau atteint dans ce pays dans les deux premiers jours d’avril. La situation du Brésil aujourd’hui n’est pas plus grave que celle de la France en avril. Les résultats du laisser-aller à la brésilienne ne sont ni meilleurs ni pires que ceux du dirigisme à la française.

    Votre critique est donc justifiée. Il n’en est que plus dommage de vous voir répéter par ailleurs le leitmotiv gauchisto-syndicalo-populiste sur la « casse du système hospitalier français ». Le système d’urgences français n’a aucunement été « cassé ». Le nombre de lits hospitaliers baisse surtout à raison de la progression des techniques médicales et surtout chirurgicales, qui permettent des traitements ambulatoires là où il aurait fallu de longues hospitalisations autrefois. Et puis il y a la baisse de la natalité depuis quelques années, des ouvertures d’Ehpad qui ont donné lieu au transfert de vieillards séniles depuis les services de psychiatrie, etc.. Le nombre de lits d’urgence et de réanimation, lui, ne baisse pas. Ces lits sont occupés à moins de 50% en temps « normal » — hors épidémie donc. On ne peut pas entretenir 67 millions de lits au cas où il faudrait accueillir toute la population française ! En revanche, il faudrait que l’hôpital public soit capable de s’adapter très vite en cas de besoin. Or il ne l’est pas.

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