Taïwan : un enjeu géopolitique majeur dans le conflit Chine vs USA

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Si la situation autour du conflit gelé à l’est de l’Ukraine et dans le Donbass cristallise les inquiétudes en Europe, en Asie, c’est la confrontation américano-chinoise autour de Taïwan qui donne lieu à des tensions fortes autour d’enjeux stratégiques majeurs. Le général (2s) Daniel Schaeffer, spécialiste de l’Asie*, a expliqué magistralement les enjeux en présence dans une téléconférence organisée ce jeudi par Jean-Claude Empereur. Compte-rendu.

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En introduction de cette conférence, Jean-Claude Empereur a rappelé les enjeux en présence :

« Petite frappe », « hyène folle », « troll idéologique », c’est ainsi que Lu Shaye, ambassadeur de la République populaire de Chine en France, a qualifié un chercheur français qui s’exprimait sur la situation de Taiwan le mois dernier devant une commission du Parlement européen. Ces termes bien peu diplomatiques ne sont pas éloignés des invectives « vipère lubrique » ou « rat visqueux » utilisées en leur temps par les soviétiques.

Dans le Washington Post, Elbridge Colby, ancien conseiller stratégique du Pentagone, résumait la situation stratégique de Taïwan par ces mots : « Je crois que l’île de Taïwan est plus importante que ne l’était Berlin ouest pendant la guerre froide ».

Tandis que le Singapourien Kishore Mahbubani, ex-ambassadeur à Washington, annonce dans son essai « Le jour où la Chine va gagner », paru ce printemps, que la domination de l’Occident sur le monde va prendre fin incessamment sous peu et la Chine va arriver sans verser de sang à la place de première puissance mondiale. Il blâme l’absence de stratégie américaine et la volonté de Trump d’inciter les autres pays à ne plus compter sur le dollar comme monnaie de réserve mondiale – alors que les banques centrales se débarrassent massivement de leurs dollars, le billet vert risque de devenir le talon d’Achille des américains au lieu de leur principal atout.

Pendant ce temps manœuvres navales et incidents divers arrivent régulièrement au large des côtes chinoises, les gesticulations, menaces et confrontations stratégiques font peser une réelle inquiétude liée aux enjeux profonds de Taïwan pour la Chine.

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La Chine essaie de faire de la Mer de Chine un lac intérieur

Illustration : Daniel Schaeffer

 

Le général Schaeffer entreprend d’expliquer les enjeux dans l’espace maritime chinois – la mer de Chine est en effet fermée, au nord par l’archipel de Ryukyu, entre Taïwan et le Japon, et au sud par des détroits comme Malacca, Lombok ou Bashi – au milieu surtout, il y a Taïwan en mer de Chine de l’Est, espace que la Chine revendique jusqu’au bout de son plateau continental – de 110 à 400 milles nautiques – tandis que le Japon propose de partager selon une ligne médiane. Cependant pile sous celle-ci se trouvent des ressources offshore que la Chine entend se réserver.

Pour appuyer ses revendications, la Chine a établi le 23 novembre 2013 une zone d’identification et de défense aérienne au-dessus de presque tout son plateau continental naturel, celui-ci incluant l’archipel contesté des Senkaku – bien que cela ne soit en aucun cas un espace aérien, les autorités chinoises exigent que les aéronefs demandent une autorisation préalable. Par sécurité, les compagnies aériennes se sont alignées sur ces exigences, tandis que les avions militaires américains les ignorent, mais restent plutôt prudents à cause du risque de dérapage.

Illustration : Daniel Schaeffer

En Mer de Chine du Sud, c’est encore plus simple, la Chine prétend que cette mer est à eux par le « tracé des 9 traits » ou « langue de buffle » que le gouvernement fait remonter à 1947, à l’époque de la Chine nationaliste. Cependant cette revendication chinoise n’a été formalisée qu’en 2009 par des notes verbales au secrétariat général de l’ONU (CML 17/2209 et CML 18/2009), et par l’ajout d’un dixième trait en 2013. La Cour permanente d’arbitrage de La Haye, saisie en 1982 pour un conflit entre la Chine et les Philippines, avait déclaré ce tracé en 9 traits sans effet légal – la Chine aurait du l’abandonner.

Non seulement qu’elle ne l’a pas fait, mais elle affirme sa souveraineté sur ce qui est – juridiquement – de la haute mer. La Chine maintient aussi des revendications insulaires vis à vis de la Malaisie, du Vietnam, Bruneï et les Philippines, prétend se réserver la pêche au nord du 12e parallèle, a rattaché l’administration du « groupe des îles du sud » qu’elle revendique à la « quasi-préfecture des Sanshas, rattachée au gouvernement de la province de Hainan » ; elle prétend que les hauts-fonds de Truro et du banc Macclesfield et le récif de Scarborough forment un « archipel » qui lui appartient et étend ses revendications territoriales; elle exige depuis 1992 que les navires étrangers (hors navigation de commerce) demandent l’autorisation à la Chine de traverser cette zone.

Une nouvelle loi sur la politique maritime de février 2021 autorise les garde-côtes à tirer sur tout suspect et démanteler les installations illégales, ce qui conduit selon le général Schaeffer à une aggravation des risques… et des possibilités d’incidents, notamment lors des nombreuses manœuvres militaires chinoises ou des pays voisins (Taiwan, Inde, Japon, Philippines…) et américaines dans le secteur.

Pour la navigation commerciale, la Mer de Chine du Sud est une zone stratégique – 60.000 navires la traversent chaque année, soit trois fois le trafic du canal de Suez et un quart du commerce mondial. Par cette mer transitent la moitié des transports mondiaux d’hydrocarbure, 85% des pétroliers en provenance du Moyen-Orient, 80% de l’approvisionnement chinois en hydrocarbures, la moitié des échanges commerciaux de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud – d’où l’importance d’en contrôler les accès et le trafic.

Contenir la menace américaine et déployer ses moyens de riposte

Illustration : Daniel Schaeffer

Autre enjeu pour la Chine, contenir le semi-encerclement américain – les États-Unis ont des bases au Japon et en Corée du Sud, un traité avec les Philippines que le président Duterte, malgré sa forte hostilité aux Américains, n’a pas dénoncé, un traité d’assistance mutuelle avec Taiwan, un accord de coopération avec le Vietnam et des ouvertures en matière de coopération avec l’Inde. Celles avec la Birmanie ont été stoppées par le coup d’État.

Quant au Sri Lanka, la Chine vient de le sauver de la faillite en mars 2021 en permettant au pays d’emprunter à ses banques l’équivalent de 1.9 milliards d’euros, auquel s’ajoutent 700 millions d’euros à la banque de développement chinoise. Depuis 2009 l’ex-Ceylan finance ses infrastructures à crédit auprès de compagnies chinoises et a du, faute de remboursement, leur céder des infrastructures comme le port d’Hambantota – ce piège chinois de la dette, revers du soft power chinois, est aussi à l’oeuvre dans de nombreux pays d’Afrique dont la Zambie (29% de la dette extérieure), l’Ethiopie (32%), l’Angola (39%), le Congo-Brazzaville (43%) où une autoroute a été cédée à un consortium chinois, ou encore Djibouti (70%).

La Chine a établi trois lignes de défense – une immédiate, une rapprochée allant jusqu’aux Mariannes et Guam, une avancée jusque Hawaï et l’Australie. Elles se calquent sur les lignes de défense américaines vis à vis de la Chine.

Or, depuis 2018 la Chine a six sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) qu’il lui faut sortir de la mer de Chine, déjà pour bénéficier d’une profondeur suffisante contre la détection ASM ou aérienne, et ensuite pour être en mesure de toucher le territoire américain et répliquer à une agression nucléaire américaine… ou frapper la première.

La base de Sanya a un gros inconvénient – sur 54 milles marins (100 km) les fonds marins vont de 14 à 400 mètres, les sous-marins sont facilement repérables, d’autant qu’ils sont bruyants (115 décibels). Ils sont équipés de missiles Julang dont la portée est pour l’heure de 7200 km. La prochaine génération de SNLE 096-Tang avec des missiles Julang 3 dont la portée est de 12.000 km n’aura plus le problème de la distance – une bonne partie du continent américain pourrait être atteinte, mais celui du point de départ demeure.

Taiwan, une position plus avantageuse pour les SNLE chinois 

Faire sauter le verrou Taiwanais est pour la capacité de projection chinoise une nécessité – même si cet objectif met la Chine aux prises directes avec les États-Unis. C’est pourquoi la Chine s’appuie sur une stratégie mêlant pressions et revendication pacifique à l’intérieur de Taiwan – l’île entière parle chinois, et la moitié des Taiwanais ont des affaires ou des liens familiaux de l’autre côté du détroit qui les sépare de la Chine continentale.

Taiwan chinois équivaut à une mer de Chine entièrement chinoise, et pousse les Chinois à durcir le contentieux concernant les ilôts des Paracels et des Spratleys dans une volonté de faire le vide stratégique et de faire de la mer de Chine l’équivalent de la mer d’Okhotsk ou de Barents pour l’URSS.

Sur la côte est de Taiwan, quatre ports sont par ailleurs à moins de 20 kilomètres de fonds bien plus profonds – à 17 km de Suao se trouvent des fonds de 900 mètres de profondeur – ils sont à 7 km de Hualien et à 10 km de Chen Gong. Les infrastructures chinoises montrent que réaliser de grands travaux, déplacer des populations importantes et remodeler le paysage en des temps records ne fait pas peur aux autorités chinoises.

Mesures d’interdiction et « barrière de Chine numérique » maritime

En Mer de Chine du sud, la Chine poursuit son objectif d’interdiction de l’entrée, en renforçant son arsenal législatif répressif (loi de février 2021 sur la politique maritime), mais aussi en protestant contre les manœuvres navales interalliées sur place, en intimant l’ordre aux avions américains de quitter l’espace aérien au-dessus de la Mer de Chine. La Chine militarise aussi les Paracels – trois îlots sont dotés de pistes de 3000 mètres et de bases militaires, d’autres sont renforcés par dragage des hauts fonds voisins.

Une « barrière de Chine numérique » est aussi en train d’être installée en haute mer avec des radars, des capteurs lasers et infrarouges qui permettent de suivre le trafic aérien, maritime et sous-marin jusqu’au sud de l’archipel des Paracels. Des centres sous-marins sont aussi installés pour collecter et centraliser ces données. Un dispositif de sonars disposés en ligne – comparables au dispositif américain similaire – complète cet arsenal de détection.

En 2018 la Chine a annoncé l’installation d’une colonie robotique de détection par 5000 mètres de fond dans le Canal de Bashi (entre les Philippines et Taiwan). La Chine essaie aussi régulièrement des missiles DF-21 et DF-26 dont le réceptacle est installé entre Hainan et les Spratleys, et interdit la navigation de commerce dans cette zone lors des essais.

Pour la défense rapprochée, la Chine s’appuie sur la doctrine A2-AD (anti access area denial) avec 7 sous-marins nucléaires d’attaque, 48 d’attaques classique, 5 porte-avions prévus dont le 3e est en construction, des missiles DF21D (2000 km de portés, guidés par les satellites Jianbing et Yaogan puis par visée transhorizon pour le guidage final) et DF-26 (4000 km) ainsi que des missiles DF17 (1800 à 2500 km à Mach10).

Conclusion pour Daniel Schaeffer : Une « situation de plus en plus tendue, des risques d’affrontements armés, des manœuvres chinoises autour de Taiwan et des manœuvres américaines. Il y a très peu de chance qu’un conflit nucléaire total éclate entre la Chine et les Etats-Unis cependant, car aucun des deux ne voudrait voir sa suprématie éliminée – la Chine apparaît comme une puissance montante, les États-Unis comme une hyper-puissance sur le déclin ».

Chine vs USA, une accélération du temps ?

François Martin, président du club de l’association HEC Geostratégies, qui organise en juin 2021 des assises de la géopolitique sur le Défi africain, participant à la conférence, pointe dans une question un article de The Epoch Times résumant une conférence de juillet 2016 intitulée « plan pour vaincre les Etats-Unis, détail de la stratégie chinoise pour vaincre les Etats-Unis dans le temps long ».

Cependant, d’après lui, le temps s’est accéléré, « notamment avec le dénoyautage de Hong Kong et les pressions sur Taiwan. Ne serait-on pas en 1936 avec Hong Kong dans le rôle de la Rhénanie remilitarisée par le Reich  et Taiwan dans celui des Sudètes ? La sortie du temps long n’avantage cependant pas les chinois, qui sont dans une fuite en avant et restent très vulnérables à cause du commerce international, ils n’ont pas un grand marché intérieur ».

Le général Schaeffer indique que « le temps long et le temps court ne s’empêchent pas mutuellement, les Chinois ont la capacité de manier les contraires et de concilier les deux. Les Taiwanais sont aussi en état d’infériorité militaire, ils manquent de capacité de minage et de missiles, les États-Unis les approvisionnent en armement de façon très mesurée mais ce n’est pas du tout la même situation qu’en 1936. Depuis 1979, Hong Kong est juridiquement chinois, et on n’obtiendra jamais que les Chinois rétablissent la démocratie à Hong Kong. Tout ce qu’on aura, ce sont des gens qui fuiront Hong Kong vers les pays avoisinants, voire le retour des boat people ».

Une défaite des Etats-Unis contre la Chine est-elle possible ?

Un autre participant à la conférence demande si « une défaite des États-Unis est envisageable dans des hostilités de moyenne intensité, et si elle peut être l’équivalent de la défaite de la Russie en 1905 à Tshushima [contre le Japon] et les évincer de la région pour quelques années ? Est-ce aussi une bonne idée pour la Chine alors que les JO d’Hiver de 2022, jalon important de leur soft power, approchent ? ».

Le général Schaeffer répond que « les Chinois paraissent en mesure de faire la guerre et le reste. Le problème serait aussi l’attitude de l’UE, pour l’heure phagocytée par l’OTAN, au point que la Russie s’est placée aux côtés de la Chine, si bien que du côté Pacifique, les Américains ont non seulement la Chine mais aussi la Russie face à eux, c’est très malin. 

Un conflit aurait effectivement des répercussions sur le plan économique, mais la Chine ne serait pas plus touchée que ça – on arrive d’égal à égal [avec les Etats-Unis] Le plus malin l’emporterait. Cela commencerait par une guerre des étoiles, une cyberguerre, une guerre électronique pour mettre hors d’usage satellites, outils informatiques, et autres moyens électroniques modernes. Celui qui gagnera sera celui qui aura conservé des capacités de manœuvre avec des moyens de l’âge précédent, celui qui aura trouvé une stratégie capable de dominer la suprématie des moyens électroniques ».

Et la Nouvelle Calédonie ?

Vu de France, la Chine apparaît bien loin – même si un énigmatique virus venu de Chine dont on ne sait toujours pas s’il est sorti d’un labo ou d’un pangolin a réussi à crasher l’économie mondiale, les systèmes de santé dans le monde entier et à faire vaciller les valeurs démocratiques  occidentales qui semblaient gravées dans le marbre – qui imaginait il y a deux ans dans n’importe quel pays occidental démocratique les cultes religieux interdits de longs mois ou des policiers verbaliser des dîneurs réunis en famille, le tout au nom de politiques sanitaires imposées aux populations ?  Cependant, pas très loin de la Chine, il y a la Nouvelle-Calédonie, encore française.

Pour le général Schaeffer, « en l’état actuel des choses, sous prétexte que la France est revenue dans le commandement intégré de l’OTAN sous Nicolas Sarkozy et de la théorie anti-russe de l’OTAN, la France peut très bien se retrouver embarquée dans une aventure américaine anti-chinoise, d’autant que les allemands et les hollandais qui ont eu, eux, des intérêts dans la région [les Indes néerlandaises devenues l’Indonésie en 1945] sont plus favorables aux menées chinoises. La France a suffisamment d’expérience pour protéger nos territoires ultra-marins – mais bien peu de moyens, hélas – que les chinois ne menacent absolument pas. Nous sommes assez grands pour nous débrouiller sans être assujettis au carcan de l’OTAN », constate le général, qui relève en revanche « le souci des Australiens de voir la Nouvelle-Calédonie indépendante car selon eux elle risque de tomber immédiatement sous influence chinoise. Derrière les indépendantistes calédoniens comme le conflit des Iles Eparses entre le Madagascar et la France on retrouve l’influence discrète de la Chine pour prendre pied sur tous les océans du monde ».

La Chine, l’éternité devant elle, mais des généraux incompétents ?

L’historien Charles Zorgbibe apporte la conclusion de la conférence. « Le rapprochement des États-Unis et de la Chine est dû à Nixon en 1970 et est l’une des décisions les plus importantes de la Guerre froide. Cependant, en 1962, Mao avait réuni les cadres chinois et exposé les précédents des conflits avec l’Inde, l’un 1300 ans avant, l’autre 600 ans avant – la Chine est le seul état au monde où dans une réunion à haut niveau peut être exposé un précédent historique de plus de 1000 ans, elle donne l’impression d’avoir l’éternité devant elle. C’est à la fois vrai et faux ; en 1979 lors d’un voyage de l’IHEDN en Chine on nous avait fait visiter deux salles d’un musée militaire, l’une consacrée à la guerre de Corée, l’autre aux incidents d’Oussouri avec l’URSS qui étaient tous deux des épisodes de l’histoire très récente. Cependant il ne faut pas oublier la surexcitation nationaliste qui règne, Taïwan étant une sorte d’Alsace-Lorraine pour la Chine. Il y a une fenêtre opérationnelle très étroite entre le choc causé par la pandémie et l’installation de l’administration américaine bicéphale Biden – Harris, mais on peut rester sceptique sur la perfection opérationnelle des Chinois ».

Un problème qui avait été mis en avant par le sinologue René Vienet quelques minutes auparavant : « Il y a un hiatus entre la technologie et le management en Chine ; Xi Jinping avait éliminé la quasi-totalité des chefs militaires chinois qui étaient totalement incompétents ; ils étaient surtout spécialistes de la vente des grades et les preuves d’un sabotage réel des capacités militaires de la Chine ».

Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe

*Le général Schaeffer a été attaché de défense en Asie (Thailande de 1986 à 1989, Vietnam de 1991 à 1995 où il a créé le poste, Chine 1997-2000), diplômé de Saint-Cyr en 1965, breveté de l’enseignement militaire supérieur option relations internationales (1982), maîtrise de l’Institut national des Langues Orientales (1986) et membre de l’influent groupe de réflexion Asie 21

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1 COMMENTAIRE

  1. Etude magistrale, excellence des cartes illustrant les propos.

    Félicitations, et encouragements pour continuer à nous porposer desarticles de cette qualité.

    P.APPLINCOURT.

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