Chronique littéraire. Hôtel Beauregard, signé Thomas Clavel

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Thomas Clavel est un jeune et talentueux auteur qui lutte contre les nouvelles oppressions qui étouffent la société française. Après avoir écrit un premier roman «  Un traître mot » sur les pièges de la novlangue il sort son deuxième roman sur le virus. Qu’importe s’il ne s’agit pas de l’actuel Coronavirus, le pussillaevirus de ce livre appartient à la même famille que ce dernier et implique les mêmes précautions dont le port du masque, même lorsqu’on est en famille. Ce n’est que lorsqu’on est seul qu’on a droit de retirer ce bout de tissu. La société décrite par Thomas Clavel est bien plus hystérisée que la nôtre. Le masque est accepté, imposé par l’immense majorité de la population sous prétexte de protéger les seniors. Il existe cependant quelques poches de résistance, dont un mystérieux collectif « Bas Les Masques » (B.L.M qui a de nos jours une tout autre signification). Ce mouvement clandestin organise des happenings le visage nu ou détruit à coups de battes de base Ball des mannequins vantant les fameux « gestes barrières ».

Axelle est une jeune chercheuse en biologie. À la fin d’un stage au musée océanographique de Monaco, elle participe à un pot où on prend une photo collective du groupe aussitôt mise sur les réseaux sociaux. Mais ni Axelle ni ses camarades n’ont réalisé que la jeune femme posait sans masque et ne cachait pas sa figure. La photo, pourtant retirée rapidement, déclenche un scandale et Axelle devient la personne à haïr en quelques instants. Surtout qu’une influenceuse à la popularité croissante, Nahama, la désigne plus particulièrement à la vindicte publique. Comme dans l’affaire Mila, Axelle est ensevelie sous un flot d’insultes sur Facebook, Twitter ou Instagram.

Désemparée, Axelle fait d’abord le dos rond, mais des inconnus ayant couvert sa porte d’injures, elle accepte la proposition d’une ancienne camarade de se cacher chez elle. Cette dernière habite un vieil hôtel niçois délabré, l’hôtel Beauregard. Dans ce havre de paix, la jeune chercheuse rencontre un activiste de BLM qui prévoit de détruire la plus grande usine de production de gel hydro-alcoolique de France ainsi qu’un peintre peu productif qui aime peindre des visages. Hélas, ses poursuivants retrouvent la trace d’Axelle et lui font subir une terrible vengeance.

Comme dans « un traître mot » Thomas Clavel a poussé la logique de notre société au maximum de sa folie intrinsèque et livre une fable amère où le goût pour le lynchage collectif est particulièrement souligné. Avec raison, puisqu’on a connu ces derniers temps de nombreux exemples où des malheureux se sont retrouvés insultés, traînés dans la boue par de parfaits inconnus anonymes qui se laissaient aller à leurs bas instincts avec le sentiment de défendre une bonne cause. Pour Thomas Clavel le masque que le pouvoir impose de mettre n’a pas d’autre justification que le désir d’occulter les visages, de rendre tout le monde semblable dans un souci d’égalitarisme. M. Clavel a dédicacé son roman à Narcisse , ce chasseur à la beauté si éclatante qu’il tombera amoureux de son reflet dans l’eau et moura de désespoir de ne pouvoir saisir son image aquatique.

Bien sûr, ce livre déplaira à ceux (sans doute majoritaires) qui préconisent masques et gestes barrières pour lutter contre l’actuelle épidémie. Mais il faut voir ce roman moins comme une critique de la politique sanitaire actuelle, que comme une fable qui place un miroir grossissant sur un des traits les plus noirs de l’humanité.

Hôtel Beauregard de Thomas Clavel – éditions la nouvelle librairie – 222 pages 14,9 € (à commander ici)

Christian de Moliner

Crédit photo : DR
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