D’anciens secrétaires d’État à l’Irlande du Nord demandent à Boris Johnson d’agir contre la violence liée au Protocole

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Quatre anciens secrétaires d’État à l’Irlande du Nord et un ancien chef de la police d’Irlande du Nord (PSNI) ont fait part de leur vive inquiétude concernant la violence des loyalistes et demandent à Boris Johnson de « faire un pas en avant » et de prendre des mesures urgentes pour reprendre l’initiative politique en Irlande du Nord.

Dans une lettre adressée au Premier ministre, ils critiquent implicitement l’approche adoptée par son gouvernement pour résoudre les problèmes créés par le protocole. Ils affirment que ceux-ci ne seront pas résolus par le secrétaire d’État Brandon Lewis « s’engageant dans des séances périodiques de Zoom, que ce soit à Belfast ou depuis Londres ».

Ils préviennent que sans un « engagement sérieux » avec les partis et les communautés locales, il existe un risque très réel que la situation puisse rapidement « basculer » à nouveau en Irlande du Nord. La lettre multipartite est signée par les anciens secrétaires d’État Lord Hain, Lord Mandelson, Lord Murphy et Shaun Woodward.

Elle est également signée par l’ancien chef de la police d’Irlande du Nord, Sir Hugh Orde, l’ancien président du parti conservateur et ministre Chris Patten, dont le rapport sur la réforme de la police a conduit à la création du PSNI, le primat de l’Église d’Irlande, Lord Eames, l’ancien président de la commission des affaires nord-irlandaises, Sir Patrick Cormack, et l’ancien ministre de la défense, Lord Browne of Ladyton.

Les neuf signataires s’adressent au Premier ministre : « Forts de notre longue expérience collective, nous sommes extrêmement préoccupés par le fait que les troubles violents dans les rues des zones loyalistes et aux interfaces sont la conséquence de l’échec de la politique, tant à Stormont qu’à Whitehall, vis-à-vis du peuple d’Irlande du Nord. Nous insistons sur le fait que le processus de paix n’a pas pris fin avec l’accord de Belfast (Good Friday). En effet, après des décennies d’horreur et des siècles de division et d’amertume, ce n’était qu’un début et, pour faire avancer l’Irlande du Nord, il faut maintenir une dynamique politique positive. Tony Blair et Gordon Brown l’ont reconnu, tout comme John Major avant eux. Ils ont tous deux pris en charge personnellement le processus de paix, en organisant régulièrement des sommets et en restant en contact permanent avec toutes les parties.»

ls indiquent à M. Johnson que les récents troubles de la rue, « qu’ils soient orchestrés par des personnages de l’ombre sur les médias sociaux ou, dans certains cas, par des paramilitaires loyalistes, ne se résorberont pas littéralement avec le temps ».

Ils déclarent : « Si la violence est inacceptable, le fait est qu’il existe des griefs, réels et perçus, au sein de la communauté unioniste au sens large et que le gouvernement britannique ne peut pas les ignorer. Il faut que la politique fonctionne à nouveau et, surtout, qu’elle soit perçue comme telle. Il y a un fort sentiment au sein des communautés loyalistes et unionistes que personne ne les écoute, et que personne en autorité à Whitehall n’a été honnête avec eux sur les conséquences du Brexit. L’étape la plus immédiate est donc que le gouvernement, au plus haut niveau, soit perçu comme s’intéressant à la question.»

Les neuf hommes disent au Premier ministre qu’il doit « de toute urgence » se pencher sur la mise en œuvre du protocole avec Bruxelles.

« Cela ne se fera pas en faisant venir Lord Frost pour un dîner avec le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, et en repartant par avion. Ce n’est pas non plus le Secrétaire d’Etat qui s’engage dans des sessions périodiques de Zoom, que ce soit à Belfast ou depuis Londres. Un engagement sérieux doit être continu, inclusif et être perçu comme tel. Et si, comme c’est probable, il n’y a pas d’alternative au maintien du protocole qu’il a légalement accepté, alors le gouvernement doit être honnête et le dire tout en obtenant toutes les atténuations qu’il peut négocier avec Bruxelles »

La lettre note que le peuple d’Irlande du Nord s’est vu promettre le « meilleur des deux mondes » par M. Lewis et le Premier ministre Arlene Foster, qui ont parlé des opportunités et des possibilités qu’offriraient les accords post-Brexit.

« Pourtant, ces promesses ne se sont pas concrétisées et, en ce qui concerne la poursuite des échanges avec le reste du Royaume-Uni, les opportunités et les possibilités ont été réduites et non augmentées. Le Premier ministre et le Secrétaire d’État doivent de toute urgence créer l’espace nécessaire pour que la politique locale reprenne l’initiative. Ils doivent s’engager directement avec les partis locaux et la communauté au sens large, et ils doivent écouter et être perçus comme écoutant, non pas par intermittence comme cela a été le cas, mais de manière continue »

La lettre demande à Londres de rétablir la confiance avec Dublin « qui a été gravement endommagée, et de donner un nouveau souffle au processus intergouvernemental britannico-irlandais qui est un élément clé de l’accord de Belfast (Vendredi Saint) ».

Elle indique que la leçon des 50 dernières années en Irlande du Nord est que, sans élan vers l’avant, « les choses ne restent pas immobiles, elles s’écroulent ».

Les auteurs concluent : « Il est de la responsabilité du gouvernement britannique de veiller à ce que cela ne se produise pas, car il n’y a rien de plus dangereux qu’un vide politique. Il faut agir maintenant. »

Crédit photo : wikipedia (cc)
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