Corse. Deux premières écoles en enseignement immersif ouvriront à la rentrée 2021

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Tout comme le breton, la langue corse est elle aussi menacée de disparition. Mais ces défenseurs ne désarment pas et viennent d’annoncer l’ouverture de deux premières écoles en enseignement immersif à la rentrée prochaine.

Langue corse : de l’enseignement immersif proposé

Après la Bretagne ou encore le Pays basque, la Corse va s’essayer à l’enseignement immersif. Le projet mené par l’Association Scola Corsa va en effet devenir réalité à partir de la prochaine rentrée scolaire en septembre 2021.

Dimanche 2 mai, Scola Corsa, à la tête de l’ensemble du réseau d’enseignement de la langue corse sur l’île de Beauté, a ainsi annoncé lors d’une conférence de presse l’ouverture des deux premiers sites, à Biguglia et à Bastia. Une déclaration faite à Biguglia par Ghjiseppu Turchini, président de l’Association Scola Corsa en la présence de plusieurs figures de la défense du corse ainsi que de personnalités politiques telles le député européen François Alfonsi et le maire de Biguglia, Jean-Charles Giabiconi.

Par ailleurs, la mise en place de ces deux premiers sites n’est qu’un début puisqu’à terme, Ghjiseppu Turchini a rappelé que l’objectif était de constituer une « véritable filière d’enseignement immersif, de la maternelle au baccalauréat ».

Sur le plan pratique, Scola Corsa, fonctionnant sur le modèle associatif et proposant un enseignement laïc et gratuit, a indiqué que les deux premières écoles de Bastia et de Biguglia ont d’ores et déjà vu les inscriptions parvenir en nombre concernant les classes de maternelle de premier et de deuxième niveau. Des écoles où les enfants seront encadrés par 3 enseignants et 2 ATSEM (Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles).

Les exemples basques et bretons comme référence

Comme nous l’avions évoqué à l’époque, une délégation corse s’était rendue au Pays basque au mois de septembre 2020 afin de s’inspirer de la réussite de l’enseignement immersif mis en place par la fédération Seaska, dont les établissements, reconnus par le ministère de l’Éducation nationale, accueillaient plus de 4 000 enfants à travers 31 ikastola répartis dans le Pays basque Nord à la rentrée 2019.

De quoi inciter les Corses à faire la même chose, d’autant plus que les filières bilingues classiques ne permettent pas une transmission suffisante de la langue. Le recours à un système d’enseignement plus offensif paraît donc bien plus efficace.

Aussi, le président de Scola Corsa a rappelé le 2 mai que l’association a « inscrit son projet dans le droit fil des expériences positives enregistrées au Pays Basque et en Bretagne ». Et il a souligné à juste titre que « les taux de réussite [au baccalauréat, NDLR] sont extraordinaires. Les lycées à Bayonne et en Bretagne ont eu les meilleurs résultats au niveau national français. »

Les élèves seront ainsi en immersion totale en langue corse de la maternelle à la CP. C’est à partir du CE1 qu’une introduction progressive du français interviendra.

Quant aux sceptiques, les précédents contrôles permettent de lever toutes les inquiétudes : « lors des tests de l’Éducation Nationale, les compétences des enfants des écoles immersives ont été jugées meilleures que celles du cursus monolingue », indique Ghjiseppu Turchini.

Les Corses désormais membres du réseau Eskolim

Enfin, en amont de ces annonces, l’association Scola Corsa avait adhéré au réseau Eskolim le 27 mars dernier. Ce réseau est constitué du regroupement de l’ensemble des écoles associatives d’enseignement immersif en langue régionale : Diwan en Bretagne, Ikastola au Pays basque, Bressola en Catalogne, Calendreta en Occitanie et ABCM en Alsace.

Eskolim, fondé en 2009, représente aujourd’hui 15 000 élèves, 200 établissement et 600 enseignants.

Crédit photo : Page Facebook Scola Corsa (photo d’illustration)
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