Déconfinement. Aux cafés, citoyens !

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Foule dans les rues, tables de quarante et masques (un peu) oubliés, la France a renoué avec ses cafés, restaurants, cinémas, et surtout avec le Bruit. Oubliées ces rues et places où à part les scooters des livreurs, on pouvait entendre une mouche voler. Le retour de la restauration, c’est certes un déconfinement quantifiable en fûts de bière et en liquide(s), mais aussi du bruit.

Pauvres riverains de la rue Jean-Jacques, qui se plaignaient déjà il y a un an sur les organes consultatifs de la Ville de Nantes quant au bruit et qui demandaient qu’on ne dévie pas le bus de la ligne 11. Le bus a été dévié et les terrasses se rejoignent sous leurs fenêtres, à se demander à quoi sert vraiment de consulter la population alors que tout est décidé d’avance, comme le masque, les dates du déconfinement ou les indicateurs qui repassent mystérieusement tous au vert en même temps, après avoir été multipliés par dix pour faire bonne mesure.

Comme le taux d’incidence, indicateur aussi abscons que facile à marteler dans les médias, même si ce n’est plus la police, mais le croque-mort en chef qui vous parle tous les soirs à vingt heures, avec la bénédiction des ex-soixante-huitards, qui ont mal vieilli et ont désormais peur de mourir bêtement, le masque jusqu’aux oreilles. 100.000 morts plus tard, ils ont toujours peur et aimeraient qu’on aille de confinement en confinement, jusqu’au confinement éternel, six pieds sous terre. Pas la peine de leur réserver des vaccins, ils sont déjà complètement piqués.

N’en reste pas moins que la réouverture des commerces « non essentiels » et de la restauration, c’est aussi le retour de la jeunesse, privée depuis plus d’un an de concerts, de rencontres, de boîtes de nuit, d’ivresse et de liberté. Et le regain de la vie de quartier.

Donc des petits plaisirs du quotidien, longtemps interdits par des dirigeants qui semblaient avoir surtout déclaré la guerre aux relations sociales plus qu’au virus, et qui ne reviennent à la normale qu’à contre-cœur, après avoir échoué à tout renverser. Car s’il était question d’un grand reset, c’est pour l’instant partie remise : les français n’ont jamais été aussi attachés aux circuits courts, les marchés se portent à merveille, le petit commerce revit, et le café n’est pas qu’une boisson matinale –  c’est une dose nécessaire de liberté, avec touillette et sucre, dans une vraie tasse.

C’est donc aussi le moment d’aller dans le café-restaurant de son quartier – l’Aubette place Viarme donc – manger une andouillette avec vue sur les platanes et le tramway, un burger avec vue sur les coucous de la brocante et les barnums des bouquinistes. Ou pourquoi pas une cuisse de canard, bien inspiré par le Canard du jour qui met en scène, sur sa Une, des canards bien avinés, non masqués, mais rigoureusement en tablées de six – bien qu’un ou deux aient glissé à terre par trop de libations. C’est ce qu’on appelle un bon programme.

Et une leçon de solidarité au quotidien. Fini le sandwich, le livreur JustEat surexploité et le bocal à réchauffer, vive le plat du jour salade et le restaurant de quartier. Vivre libre ou mourir de rire.

Louis Moulin

Crédit photo :DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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2 Commentaires

  1. Foules dans les rues, dites-vous ? Vous avez trop lu la grande presse, qui se fiche bien de la réalité. D’accord, en comparaison de la vacuité au plus dur du confinement, il y a beaucoup plus de monde. Mais le fait le plus remarquable de la réouverture des terrasses, je crois, est que ELLES N’ETAIENT PAS DU TOUT BONDEES, sauf rares exceptions. Le temps n’était pas idéal, mais depuis quand le vent et les nuages empêchent-ils les Nantais de sortir ? On voit que certains établissements avaient fait le nécessaire pour rameuter leur clientèle, mais ceux qui comptaient sur un afflux naturel de consommateurs libérés se trompaient. La place du Bouffay, hier, en donnait un tableau évident : deux terrasses presque pleines, les autres aux trois quarts vides. Beaucoup de gens ont encore la trouille.

  2. cafés et restos ouverts
    merci patron !
    toujours pas de foyer épidémique, fermés pour cause de stupidité administrative

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