Réouverture des cafés à Nantes : « On a l’impression de sortir de prison »

A LA UNE

Ce mercredi matin, partout dans Nantes, c’est l’effervescence dans les cafés. Terrasses provisoires, machines qui redémarrent (ou pas, comme ce café du quartier Viarme-Talensac où la hotte et la tireuse à bières se sont mises en RTT), et clients aux terrasses. Même la Une du Canard Enchaîné, avec ses canards attablés, plus ou moins avinés et sans masques, se met au diapason. Les villes revivent, et la France redevient vraiment la France.

« On a l’impression de sortir de prison ! » s’exclame une cliente rue Jean Jaurès, près d’un café où la serveuse, arrivée en avance, accroche des grappes de faux houblon à la terrasse en bois. « Avec la prison la plus célèbre du pays qui s’appelle la Santé, c’était couru qu’un jour on se retrouve confrontés à la dictature sanitaire », ironise un brocanteur, heureux de retrouver son emplacement samedi –   brocantes, puces et vide-greniers reprennent.

Dans un café où la tireuse de bière n’a pas redémarré, le réparateur s’active autour de sa remplaçante, provisoire, installé devant le comptoir. « En plus on est trois au lieu de quatre en ce moment, c’est vraiment la course partout ». Depuis la fin de la semaine dernière, réparateurs de machines, livreurs de boissons et autres supermarchés pour professionnels ne chôment pas. « Je suis allé chez Metro lundi, c’était plein ras-bord, le parking plein, le magasin aussi, j’y ai passé des heures ! » s’exclame un restaurateur du centre-ville.

Attablé place Bretagne, un client profite de son café en terrasse : « la réouverture des cafés et des cinémas c’est bien, mais moi j’attends les concerts, ça manque ! », sans être convaincu par le concert-test d’Indochine, avec un protocole sanitaire très strict. « Faut vraiment qu’ils lâchent la grappe aux gens, s’ils interdisent durablement les concerts, ça fera plus de raves et ils ne pourront jamais mettre un gendarme derrière chaque fêtard », balaie un patron de café en ville.

Les établissements qui font restaurant en ville sont presque tous complets ce midi, « c’est la folie. Le téléphone n’arrête pas de sonner depuis des jours », relève un patron de café-restaurant, qui prévoit « quinze jours de folie. Après ça va se réguler, car on va pouvoir rouvrir l’intérieur le 9 juin [et passer à 100% au lieu de 50% sur les terrasses] ». Mais « à long terme, on va perdre des gens car le télétravail s’installe dans la durée. Même si en centre-ville ces clientèles de bureaux sont remplacées – des commerçants, des avocats, des lycéens même, ils ont beaucoup d’argent de poche. Enfin ici, ça devrait aller ».

Plus benne la vie à Talensac

Il y a aussi des établissements qui ne rouvrent pas – par exemple, près de l’ancien palais de justice, le Thémis ne rouvre que le 9 juin. Idem pour Pioche, face au marché de Talensac. « De toute façon, le compacteur est à nouveau en panne depuis dimanche [après plusieurs mois sans pannes], ils ont donc vue sur la benne. Heureusement qu’il ne fait pas chaud, il n’y a pas l’odeur », ironise un client. « D’ici le 9 juin, on peut espérer qu’il sera réparé, car pour l’instant, c’est Plus Benne la vie ! »

Toujours place Talensac, derrière la grille, le Flam’s ne rouvre que le 1er juin. « Il y a la météo – comme on n’a le droit qu’à la terrasse, un temps avec des averses ne nous arrange pas, et dans trois jours, il y a un grand week-end, Nantes va se vider à nouveau. On rouvre le 1er juin, et dès le 9, on remet l’intérieur en service. On a hâte de retrouver nos clients », nous explique la patronne. D’autres ont passé le confinement à faire des travaux, changeant les carrelages, les comptoirs ou les mobiliers – le Parisien, place Talensac, a même découvert un beau mur de pierres apparentes, avec une imposte.

Cependant les établissements qui ne rouvrent que le 1er, voire le 9 juin sont très minoritaires. « On voulait ouvrir plus tard, mais on n’a pas le choix – il faut bien qu’on bosse pour rentrer de l’argent, on a refait un prêt pour rouvrir », explique un patron de restaurant du centre-ville. Le confinement recouvre des situations très diverses, à l’image de ce patron de grand restaurant nantais qui expliquait à ses collègues avoir passé les trois derniers mois sur les plages brésiliennes. Espérons qu’il n’a pas ramené le variant.

Louis Moulin

Crédit photo : Breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

.
- Je soutiens BREIZH-INFO - spot_img

À Nantes, Jonathan s’est retrouvé à la rue à 21 ans

Placé à l'âge de 3 ans, Jonathan a enchaîné les foyers et les familles d'accueil. À ses 21 ans...

Tyrannie sanitaire et loi vigilance sanitaire. Les votes des parlementaires du Morbihan.

Déposé le 13 octobre 2021, le projet de loi portant diverses dispositions de vigilance sanitaire, qui vise à proroger...

1 COMMENTAIRE

Il n'est plus possible de commenter cet article.

Articles liés