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Plombée depuis des années par diverses raisons, l’hôtellerie indépendante subit plus lourdement les effets de la crise sociale et sanitaire liée au coronavirus – ainsi que les changements de société qu’elle induit. Saint-Nazaire perdra ainsi quatre hôtels.
L’hôtel-restaurant La Luna près de la mairie, met la clé sous la porte suite à une liquidation judiciaire. L’établissement de 24 chambres employait deux personnes. Dans l’avenue de la République, l’ancien hôtel Le Touraine est actuellement en travaux pour être transformé en appartements. La même destinée attend le Dauphin, rue Jean Jaurès, et les Goélands, boulevard de la Fraternité, selon l‘Echo de la Presqu’île.
Pourtant, les aides distribuées par le gouvernement ont permis jusqu’alors le maintien de la quasi-totalité des affaires de la CHR (cafés, hotels, restauration) et évité un effondrement pur et simple du secteur. Néanmoins, « les affaires qui battaient de l’aile avant la crise vont être les premières à choir ou à fermer », confie un agent immobilier sur la côte, spécialisé en immobilier commercial. « Les hôtels sont assez fragiles, surtout les établissements bas et moyen de gamme qui n’ont pas fait à temps les investissements de mise aux normes et de modernisation – d’autant que les nouveaux protocoles sanitaires sont assez drastiques », poursuit-il.
Et puis avec le développement de la location chez les particuliers – souvent au moins au même niveau, voire mieux que les hôtels d’entrée de gamme, d’autant qu’il y a souvent un coin cuisine et donc plus d’autonomie, et moins cher, ce type d’hôtels a perdu leur niche, du moins en ce qui concerne les touristes. Certains se sont d’ailleurs réorientés vers l’hébergement social et la location au mois, les collectivités et les institutions manquant de places pour les migrants et les publics fragiles, mais on s’en doute, ça n’incite pas non plus à faire des investissements pour améliorer le confort afin d’attirer des touristes ».
Lorsqu’on regarde les procédures collectives dans l’hôtellerie, il n’y a que quelques établissements bretons qui ont été liquidés, certains avant la crise sanitaire : L’impériale Pontivienne (ouverture de liquidation judiciaire le 16 avril 2021), les Ateliers Polignac à Guidel (château de Kerbastic, liquidation judiciaire 25 janvier 2021), l’hôtel Roch Priol à Quiberon (jugement de clôture en mars 2021 mais la liquidation judiciaire a eu lieu le 22 mars 2019).
L’on peut ajouter – puisque classés parmi l’hôtellerie, bien qu’ils n’étaient plus que bars-restaurants dans les dernières années d’activité – la société Santos à Brest (liquidation judiciaire 22 septembre 2020) et le Relais Armoricain à Silfiac (jugement d’ouverture de liquidation le 22 mars 2021 mais fermé et à vendre depuis des mois).
A Lourdes (et ailleurs) l’hôtellerie en quête d’un saint à qui se vouer
En revanche, le Languedoc, la région Centre et le Limousin, la Provence et la Lorraine fournissent les principaux bataillons d’hôtels en faillite. La seule ville de Lourdes – jadis la troisième capacité hôtelière de France pour loger tous les pélerins qui s’y pressaient, avec 22.000 lits au maximum, encore 12.000 en 2015 (133 hôtels et 41 hébergements divers), un peu moins de 10.000 fin 2019 est emblématique du déclin de l’hôtellerie en France. Elle perd encore deux hôtels (le Saint Georges et le Saint Roch) tandis que deux autres sont placés sous sauvegarde.
« De manière générale, les petits hôtels indépendants, souvent des années 1930 ou de l’immédiat après-guerre, avec des chambres de petite taille, situés dans d’anciennes villes de mono-tourisme (eaux, pélérinages, sports d’hiver) ont du plomb dans l’aile, même sans Covid. Les normes de plus en plus exigeantes – notamment anti-incendie et d’équipements électriques, ainsi que l’évolution des habitudes des clients – auront progressivement raison d’eux », constate, désabusé, un hôtelier de la cité mariale.
« Certains hôteliers, comme moi, sont passés en meublés de tourisme car les normes sont moins exigeantes, mais on a bien conscience que c’est reculer l’échéance de quelques années ». D’autant que dans les grandes villes (Marseille, Nice, Paris), ces locations nourrissent un business lucratif qui tend le marché immobilier déjà au bord de la rupture, quand ce ne sont pas les locaux qui déclarent la guerre à la spéculation immobilière (Biarritz).
Louis-Benoît Greffe
Crédit photo : DR
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2 réponses à “Crise sanitaire : Saint-Nazaire perd quatre hôtels”
voilà donc quatre lieux où loger des migrants !
hi!hi!c’est bien ce que va faire l’etat pour tous ces batiments ! attendez vous a un flot migratoire !