Vann Nath, la bande dessinée qui révèle l’atrocité du génocide communiste cambodgien

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Entre 1975 et 1979, les Khmers rouges éliminent près de 2 millions de Cambodgiens. Pour survivre au camp S-21, le peintre Vann Nath doit mettre son art au service de la propagande de ce régime totalitaire.

Avril 1975. Phnom Pen est envahie par les soldats communistes cambodgiens, habillés en noir. Le pays s’appelle désormais le Kampuchea et le Parti Communiste se désigne comme l’Angkar. Les villes sont vidées de leurs occupants, forcés de partir en travaux forcés dans les campagnes. Vann Nath, un jeune peintre, rejoint sa femme et son fils. Mais les Khmers rouges l’arrêtent. Accusé de violation du code moral de l’Angkar, il est incarcéré au sinistre camp S-21. Après avoir subi des séances de torture, il est assigné au travail agricole forcé dans une rizière, comme presque tous les Cambodgiens.

Au camp S-21, Vann Nath doit sa survie à ses peintures. Il intègre un petit atelier d’artistes contraints de travailler pour la propagande du régime. Chaque jour, leur vie dépend de l’appréciation qui est portée sur les oeuvres qu’on leur commande. Vann Nath va ainsi peindre des portraits de Pol Pot, à l’aide de photographies en noir et blanc du chef Khmer rouge.

Vann Nath a été interné plus de 4 ans. Dans le camp S 21, sur 20 000 prisonniers, seuls sept adultes et cinq enfants ont survécu. Vann Nath faisait partie de ceux-ci, parce qu’il avait mis son art au service de la propagande de ce régime totalitaire.

Après la chute du régime, il est retourné chaque jour au camp S-21, laissé à l’abandon, pour peindre les scènes de la torture subie. Ses mémoires, Dans l’enfer de Tuol Sleng – L’inquisition khmère rouge en mots et en tableaux, restent le seul compte-rendu écrit par un survivant du camp. En 2002, dans le cadre du documentaire, S21, la machine de mort khmère rouge du cinéaste cambodgien Rithy Panh, Vann Nath a lui-même interrogé ses anciens tortionnaires. Puis il a témoigné au procès de Duch, ancien commandant du camp.

Pour décrire les souffrances de Vann Nath (1946-2011), le scénariste Matteo Mastragostino s’inspire des comptes-rendus de procès de Duch. Ne cachant rien des violences subies, son scenario est particulièrement poignant. On découvre que chaque prisonnier doit être exécuté, parce que « l’Angkar n’est pas stupide, elle n’interpelle pas d’innocents ». Même les enfants des « suspects » doivent être éliminés, pour qu’ils ne puissent pas se venger. Les Khmers rouges les tuent devant leur mère, en les projetant contre un arbre. Près de 2 millions de Cambodgiens sont éliminés entre avril 1975 et janvier 1979, soit environ un quart de la population.

Le dessinateur italien Paolo Castaldi s’inspire des tableaux de Vann Nath pour reproduire les scènes de tortures et d’exécutions. L’utilisation de crayonnés rend ses personnages souvent flous, sans contours précis, comme s’ils étaient déjà morts. Il privilégie à l’aquarelle des nuances de gris, la seule couleur présente étant le rouge, celle des foulards des Khmers. Quelques-unes des œuvres de Vann Nath sont reproduites dans un cahier en fin d’album.

Kristol Séhec

Vann Nath : Le peintre des Khmers rouges, 128 pages, 22 euros. La boîte à bulles.

Crédit photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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3 réponses à “Vann Nath, la bande dessinée qui révèle l’atrocité du génocide communiste cambodgien”

  1. Pierre ESCLAFIT dit :

    A rappeler tout de même que nos journaux Le Monde Libération etc….Appelaient l’arrivée des Kmers rouges « La Libération du peuple Kmer »

  2. PL44 dit :

    Les Khmers rouges étaient des ultranationalistes qui se référaient à l’Empire d’Angkor. Communiste ? Dans une acception très large du terme. « Les prolétaires n’ont pas de patrie », ce n’était pas leur optique. Dans une certaine mesure, on pourrait les rapprocher des narodnikis russes évidemment dans un autre contexte.

  3. patphil dit :

    le génocide des européens de l’ouest est plus subtil mais fait par nos zélites qui ont la même idéologie: déconstruction de la france et de sa civilisation comme au kapoutchéa démicratique !

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