Espagne. Immigration clandestine en forte hausse : de quoi satisfaire le gouvernement socialiste ?

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Depuis le début de cette année 2021, l’immigration illégale a connu une forte hausse en Espagne par rapport aux chiffres de l’année précédente. Un appel d’air migratoire entretenu par certains titres de presse et des responsables politiques ?

L’immigration illégale en hausse de 63% en Espagne

Entre le 1er janvier le 15 juillet 2021, l’Espagne a vu 14 737 migrants clandestins arriver sur son sol par voie terrestre et maritime. Un nombre supérieur de 63,2 % à celui observé pour la même période en 2020 avec 9 031 clandestins. Une augmentation qui serait en partie due à la levée des restrictions mises en œuvre par certains pays du Maghreb en 2020 pour contenir la pandémie de Covid-19. À noter que le ministère de l’Intérieur espagnol n’a pas intégré à ces chiffres les arrivées de migrants à Ceuta.

Sur ces 14 737 migrants, 13 724 sont arrivés par voie maritime (6 013 de plus qu’à la même période en 2020) dans 817 bateaux, ce qui représente une augmentation de près de 75 %, tandis que 1 013 immigrants sont arrivés par voie terrestre, soit une diminution de 23,3 %.

Quant aux îles Canaries, elles ont littéralement connu une explosion de l’immigration illégale au cours des derniers mois avec 7 263 arrivées de clandestins à bord de 192 embarcations. Soit une hausse de 159 % par rapport à l’année précédente, étant donné qu’à la même période l’année dernière, 2 804 migrants étaient arrivés dans l’archipel à bord de 94 embarcations.

Par ailleurs, au cours du seul mois de juillet 2021, 2 217 migrants algériens seraient parvenus à gagner le territoire espagnol. Sur ce nombre, 1 417 d’entre eux auraient été interceptés par la Guardia Civil ou les gardes-côtes espagnols tandis que les 800 autres auraient réussi à se faufiler dans le pays sans se faire arrêter. Toutefois, les clandestins interceptés, après un passage dans un centre de rétention, se voient notifier une décision d’expulsion qui n’est pas toujours appliquée… Cette vague migratoire en provenance d’Algérie a rejoint les côtes espagnoles via 120 embarcations ayant accosté sur les plages d’Almeria et des Baléares.

Pyramide des âges et immigration : à quoi joue une certaine presse espagnole ?

En parallèle de cette actualité migratoire très dense, un argument en faveur d’une immigration extra-européenne massive revient de façon récurrente dans le débat public en Espagne. Au mois de janvier 2020, nous portions à la connaissance de nos lecteurs les propos tenus par José Luis Escriva, ministre espagnol de la Sécurité sociale, de l’inclusion et des migrations, lors du Forum de l’OCDE sur les migrations.

Selon lui, l’Espagne allait avoir « besoin de millions et de millions de migrants dans les prochaines années ». Plus précisément, d’après lui, ce sont « 8 ou 9 millions de personnes » immigrées qui sont nécessaires « juste pour garder notre population active au même niveau » alors que l’Espagne compte aujourd’hui près de 47 millions d’habitants.

Face à un tel afflux de migrants, le ministre mettait les Espagnols devant le fait accompli : « Les trajectoires démographiques sont là. Ça va arriver, on n’y échappera pas », déclarait-il alors.

Le 29 juillet dernier, c’est cette fois le journal El País qui se faisait l’écho d’un recours à l’immigration afin de maintenir le nombre d’actifs en Espagne en expliquant que le pays avait besoin d’accueillir sept millions d’immigrés en trois décennies pour maintenir sa prospérité. « En 2050, la population en âge de travailler représentera 50 % de la population, contre 65 % aujourd’hui », arguait ainsi quotidien.

L’immigration africaine pour sauver l’Espagne ?

Et El País de citer un chercheur américain par ailleurs auteur d’un rapport intitulé « Can Africa help Europe avoid the impending ageing crisis ? » [ « L’Afrique peut-elle aider l’Europe à éviter la crise du vieillissement imminent », NDLR] : « Nous n’y arriverons pas comme nous le faisons actuellement. L’Espagne devra encourager l’immigration avec l’Afrique en raison de sa proximité géographique ».

Le quotidien espagnol indique également que, depuis 2015, le nombre de personnes nées en Espagne a diminué d’année en année et la croissance démographique a été soutenue exclusivement par l’augmentation du nombre d’étrangers. Cinq millions et demi d’immigrés vivent actuellement en Espagne, ce qui représente 11,4 % de la population totale. Les nationalités les plus nombreuses sont les Marocains (15,9 %), les Roumains (12,3 %) et les Colombiens (5 %).

Une argumentation qui rappelle furieusement celle présentée par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez le 20 mai dernier lorsqu’il avait dévoilé les résultats des travaux d’une centaine de chercheurs et hauts fonctionnaires à travers un document intitulé « Espagne 2050, fondements et propositions pour une stratégie nationale de long terme ».

Sur le volet de l’immigration, le rapport suggérait d’accueillir en moyenne 250 000 immigrés chaque année en Espagne d’ici 2050 afin de limiter la baisse de la population en âge de travailler.

Crédit photo : Flickr (CC BY 2.0/European Parliament) (photo d’illustration)
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3 Commentaires

  1. S’ils vivent comme des Espagnols honnêtes, d’accord; sinon dehors. « si fueris Rōmae, Rōmānō vīvitō mōre; si fueris alibī, vīvitō sicut ibi ». Cette phrase en latin médiéval est attribuée à Ambroise de Milan. On peut la traduire comme ceci  : « Si tu es à Rome, vis comme les Romains ; si tu es ailleurs, vis comme on y vit. » Cette citation devrait figurer en lettres d’or sur tous les frontons de nos mairies, en changeant le nom de la ville de Rome par celui de celle où l’on se trouve au locatif et un adjectif correspondant à la même ville à l’ablatif en congruence avec « more ».

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