Essais thérapeutiques au Nigeria : quand Pfizer versait 75 millions de dollars suite au décès de plusieurs enfants

A LA UNE

Principale pourvoyeuse de vaccins en France dans le cadre de la campagne d’injections contre le Covid-19, la société Pfizer a aussi laissé des souvenirs sur le terrain judiciaire dans certains pays par le passé. Notamment au Nigeria où le géant pharmaceutique américain fut accusé de la mort de plusieurs enfants dans le cadre d’essais thérapeutiques.

La plainte du Nigeria contre Pfizer

Si le nom de Pfizer, société pharmaceutique américaine, a fait irruption dans les discussions des Français depuis quelques mois, la firme est également connue en Afrique. Plus particulièrement au Nigeria, où Pfizer avait été accusée d’avoir réalisé des essais thérapeutiques en 1996 dans l’Etat de Kano sans avoir obtenu les accords nécessaires des autorités régulatrices du Nigeria. Ce qui constituera le scandale du Trovan (ou trovafloxacine). Un article du Monde paru en 2007 précisait alors que « plusieurs enfants seraient décédés » suite à ces essais. Mis sur le marché 1997, cet antibiotique avait finalement été retiré en raison de ses effets secondaires…

Comme le rappelle une publication du Monde diplomatique, ce n’est qu’à la suite d’une enquête du Washington Post publiée en 2000 sur les essais cliniques des laboratoires pharmaceutiques dans les pays en développement, que le ministère de la Santé du Nigeria formera une commission d’enquête et un rapport sera rédigé en 2001 sur les faits imputés à Pfizer en 1996.

Plus précisément, ce sont une centaine d’enfants nigérians qui se sont vus administrer du Trovan en pleine épidémie de rougeole, de méningite et de choléra. Le tout sur un simple accord oral de leurs parents. En parallèle, un autre antibiotique a été testé sur une autre centaine d’enfants. Au total, sur les 200 jeunes cobayes africains, cinq morts seront à déplorer sur le groupe ayant testé le Trovan et six chez ceux ayant ingéré l’autre antibiotique. Si aucun lien avéré avec la molécule ne fut établi, 189 autres enfants développèrent par la suite des paralysies, des lésions au cerveau ou encore de la surdité.

75 millions de dollars de compensation versés par le géant pharmaceutique

Le Nigeria avait engagé une procédure judiciaire devant la Haute Cour de l’État contre le géant pharmaceutique et ainsi réclamé 2,75 milliards de dollars (2,03 milliards d’euros) d’indemnités à Pfizer pour avoir « secrètement utilisé des enfants comme cobayes dans les tests d’un médicament sous le prétexte d’apporter une aide humanitaire ».

Ainsi, le procureur général de l’Etat de Kano avait demandé à l’époque au tribunal de retenir 29 chefs d’accusation contre la société américaine. Parmi celles-ci, il était notamment question de « comportement antiéthique, comportement délictueux, complot, dissimulation et mort de victimes innocentes ».

En 2009, un accord fut finalement négocié à Rome entre Pfizer et le Nigeria, l’Etat de Kano et les familles des victimes. La société pharmaceutique versera finalement une indemnité de 75 millions de dollars, la somme étant répartie entre l’État fédéré de Kano et les familles des victimes.

Une année 2009 qui aura coûté cher à Pfizer puisque le groupe dut également s’acquitter d’une amende de 2,3 milliards de dollars dans le cadre d’un accord avec la justice américaine suite à une plainte pour ses pratiques commerciales. Une décision qui venait régler à l’amiable les procès intentés notamment pour de la publicité mensongère relative à plusieurs médicaments tels l’anti-inflammatoire Bextra. Ce dernier avait été retiré du marché en 2005, en raison d’inquiétudes sur des effets secondaires, particulièrement cardiaques.

À l’époque, le département de la Justice (DOJ) avait présenté cette sanction comme étant « la plus grosse amende jamais infligée par la Justice américaine dans le secteur de la santé ».

Crédit photo : Flickr (Marco Verch Professionnal Photographer/CC BY 2.0) (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

.
- Je soutiens BREIZH-INFO - spot_img

Rennes. Il gifle une dame de 80 ans..son avocate veut qu’il fasse « un stage pour apprendre à gérer ses émotions »

Un individu de 34 ans était jugé en comparution immédiate cette semaine à Rennes, pour avoir giflé, mercredi 22...

Rennes. Le RN dénonce les ateliers « en non mixité » et les subventions publiques au festival néo-féministe « Dangereuses Lectrices »

Ces 25 et 26 septembre s'est tenu à Rennes un drôle de festival, ultra confidentiel, mais subventionné par la...

1 COMMENTAIRE

Il n'est plus possible de commenter cet article.

Articles liés