Incidents lors du match Plédran – M’Zouazia : le CS Plédran s’exprime

Que se passe-t-il dans les matchs de district ?

La rencontre de 7è tour de Coupe de France entre le CS Plédran foot (Côtes d’Armor) et le club mahorais de M’Zouazia a été l’occasion de graves incidents en tribune. Plusieurs blessés, de nombreuses interpellations, la fête aura été gâchée et personne ne se souvient du score.

Et ce phénomène interroge. Semaine après semaine, les dimanches soirs sont ponctués de récits de matchs ayant tourné court suite à des incidents. L’engagement physique et la passion auront toujours été la caractéristique des matchs de district où les joueurs donnent parfois tout ce qu’ils ont notamment lors des derbys entre communes mais le phénomène actuel est tout autre.

Car il met en scène des incidents sur fond de communautarisme, phénomène autrefois absents de notre Bretagne. Certaines communes comptent pourtant encore deux clubs rivaux. Ceux-ci portent témoignage des affrontements de jadis entre le club de la « Laïque » et celui de la « Catho ». Saint-Jean Brévelay, dans le Morbihan, compte par exemple deux clubs historiques : l’Esperance et l’As Brévelaise. Notons que la ville compte également un club vétéran loisir indépendant ! Et les matchs de derby peuvent être l’occasion de solides empoignades !

Mais un phénomène nouveau se dessine : les clubs issues d’autres communautés que les traditionnels laïcs/cathos. Guingamp et Brest comptent, par exemple, des clubs mahorais, l’AS Le Tour du Parc/Arzon en Presqu’île de Rhuys a une équipe senior dont la singularité est parfois l’objet de commentaires divers, etc…

Ajoutons à cela le phénomène des supporters issus des banlieues. Le témoignage que nous livrons ici parle, par exemple, d’incidents impliquant des « voyous de la banlieue lorientaise » lors d’un précédent match. Lors de la rencontre Plédran – M’Zouazia qui nous intéresse, il serait question de délinquants issus « de la banlieue de Saint-Brieuc » dont certains attendaient à la sortie du stade, etc…

Et toujours ces accusations de « racisme »… L’apologie de la « diversité » a un prix et il est lourd pour les Bretons comme pour les Français !

PLÉDRAN – M’ZOUAZIA : UNE BELLE JOURNÉE

Témoignage tiré de la page Footéo du CS Plédran Foot

Qu’il est difficile d’écrire un résumé de ce qui s’est passé hier lors du 7e tour de Coupe de France entre « le petit poucet de Bretagne » et « le vainqueur de la coupe de Mayotte »

Mais qu’il est important de dire combien la morale qui en ressortira sera belle.

Nul n’est si fort que l’esprit collectif du Football pour valoriser une après midi enchantée, passée par l’effroi, la consternation, puis le plaisir de nouveau et enfin une apothéose qui a lavé nos malheurs et retenu la morale.

La presse et les médias s’étaient emparés de ce tirage au sort magique : le CS Plédran (R3), bien connu pour son public chaleureux mais aussi la qualité de son accueil et des valeurs qu’elle partage sur le football pour tous, rencontrait l’équipe Mahoraise des Jumeaux de M’Zouazia (R1).

Rarement une équipe recevant n’aura ouvert ses portes si grandes pour un adversaire. Tout fut organisé à merveille. Tout fut fait pour que l’évènement soit bien au-delà qu’un match de football : un mariage entre 2 cultures.

A Fred Aubert, la si belle enceinte du club doyen des Côtes d’Armor, le Gallo de notre chère Bretagne croisait le doux et puissant à la fois Mahorais. Bras dessus – bras dessous, les 2 délégations se croisaient, se congratulaient, se complimentaient : un échange de vœux de paix dans le contexte d’un match qui fera un éliminé. Mais depuis le début tout le monde le sait, de cette rencontre sortiront 3 vainqueurs : Bouéni, Plédran et le football.

Bouéni, cette commune située au sud de l’île de Mayotte. Modeste, composée d’un peu plus de 6000 habitants, au bord de la Baie de M’Zouazia, avait le soutien de tout un peuple à Mayotte et en Métropole.

Plédran, au cœur des Côtes d’Armor, Composée d’un peu plus de 6000 habitants, au bord de la Baie de St Brieuc, avait le soutien de la Bretagne toute entière.

Les sœurs étaient devenues jumelles. La magie du samedi 13 Novembre pouvait opérer.

…Et la magie fut bien présente dans les tribunes de Fred Aubert. C’est bien cela qu’il faut retenir. Environ 3000 spectateurs étaient massés pour profiter du spectacle sur le terrain, mais surtout pour se retrouver unis. Personne ne pourra nous enlever ce grand souvenir collectif. Personne.

Cette date du 13 Novembre, on le sait aussi, est le signe d’un souvenir terrible et d’actualité poignante : il y a 6 ans jour pour jour, un drame affreux eu lieu à Paris. Au Parc des Princes hier soir, la commémoration émouvante a montré combien la force de l’homme peut atteindre des hauteurs inespérées.

Bien sûr, nulle comparaison ne sera faite entre les 2 évènements de St Brieuc et de notre capitale.

Bien sûr

Evidemment.

Mais cette maudite date nous rappelle combien malgré l’adversité nous devons garder notre calme et rester soudé. Le pardon et l’amour, c’est ce qui fait la force des femmes et hommes de notre société.

Le débat sur les faits, bien entamé sur les réseaux sociaux, et peut-être encore animé à cette heure, doit cesser : il a engendré tellement de bêtises, de commentaires lamentables, d’images négatives. Nous devons nous placer au-dessus de la mêlée.

Pour autant, on doit quand même comprendre ce qui s’est passé. Et surtout, on doit comprendre les supporters Plédranais, déjà victimes de violences lâches au 6e tour à Lorient, le 31 octobre, 2 semaines avant Plédran-M’Zouazia, où femmes et enfants avaient été victime de tirs de mortiers par des voyous de la banlieue Lorientaise.

Ce 31 Octobre, l’exemplarité des supporters Plédranais se saura en interne. Les médias et la justice ne seront pas saisis du dossier par volonté de ne pas ternir l’image de notre sport, ni de notre belle commune. Toutefois les instances du football, à commencer par le président de la Ligue de Bretagne de Football Mr Jean-Claude Hillion, auront tous les rapports et témoignages pour comprendre le courage et les dignes valeurs dont les Blancs et Bleus feront montre. Après un travail psychologique mené par le CSP avec les familles, l’épopée joyeuse de Plédran reprenait sa route : Fred Aubert sera une apothéose.

Hier, il est 14h56 lorsque l’équipe de M’Zouazia fait le break du 2-0 suite à un coup-franc magistral, concluant une merveilleuse partie des « violets » (qui jouaient en bleu, maillot de la coupe oblige). Irruption sur le terrain d’un petit groupe d’individus devant la tribune des supporters Mahorais. Les agents de sécurité essayent tant bien que mal de remettre de l’ordre. 3 individus se distinguent. Ce TRIO d’imbéciles ira molester, frapper un des agents. 15h19, la mi-temps est sifflée.

Le délégué du match prend alors la décision d’envoyer un message suite aux violences et l’entrée sur le terrain. La stupeur entre dans les tribunes où peu de spectateurs ont vu les faits. Le message neutre du speaker ne précise pas ce qu’il s’est passé. Tous les spectateurs ne comprennent pas d’où les incidents sont venus, mais les autorités et les délégations savent de quoi il en retourne. Si ça se reproduit, les spectateurs sont prévenu que le match pourra être suspendu voir arrêté.

Et le TRIO de voyous, difficilement maitrisables continue son travail de sape… et se déplace sous la tribune des supporters Plédranais, balisée puisqu’organisée.

Pendant les 20 premières minutes de jeu en seconde mi-temps, les provocations de ce TRIO de malheur feront monter la pression, crescendo. Arrivée à son paroxysme, les premiers coups partent des mains de ces voyous, parfaitement identifiés, originaires de la périphérie Briochine, interpelés et qui seront condamnés sévèrement nous l’espèrons tous. Bande organisée visiblement puisque des complices semblaient attendre à l’extérieur du stade. Bilan : 8 interpellations (source Ouest France)

Comme à Lorient, les voyous semblent s’être mêlés à la foule. Un phénomène hélas bien connu et dont les autorités de l’état devront s’occuper très vite avant que d’autres drames arrivent.

Le magnifique groupe de supporters Mahorais, situé bien à gauche de la grande tribune de Fred Aubert, aura mis une ambiance magnifique hier après midi. Hommes, femmes et enfants feront résonner les chants rythmés par les tambours. Ils sont venus de partout en France : Angers, Nantes, Toulouse, Starsbourg, Paris, Caen… la ferveur des Mahorais est unique, et récompensée par la qualification des Jumeaux de M’Zouazia. Incontestable victoire 5 buts à 1. Brillante et sympathique formation du président Kami Alonzo qui peut être fier de cette qualification historique pour le 8e tour de Coupe de France.

L’incompréhension du public va planer jusqu’en fin d’après-midi. Les dirigeants et supporters des Jumeaux de M’Zouazia n’ont pas su ou vu les raisons du mouvement de foule. Et le public partout dans le stade avait les yeux braqués sur la droite de la grande tribune, là où les supporters du CSP ont chanté, fait un spectacle vivant, chaleureux et dans un esprit irréprochable.

Une bagarre. Une bagarre en bas de la tribune de Plédran. Voilà le triste raccourci que les médias font.

HUMILIÉS ?

Oui forcément. Mais l’âme des Plédranais sera plus forte que le déchainement médiatique. Et nous l’espérons, la délégation de Mayotte saura apporter le soutient que notre club mérite.

Nulle intention de nous victimiser. Mais quel enchainement de violence depuis 2 semaines.

UN NOUVEAU FAIT DE SOCIÉTÉ EST LÀ : LES VOYOUS DE BANLIEUE SE MÊLENT À NOS FÊTES DU FOOTBALL ET DE LA FRATERNITÉ. On l’a vu depuis le retour du public dans les stades. Plusieurs clubs en sont victimes, à commencer par nos amis Guingampais qui se déplaçaient à Liffré près de Rennes, toujours dans le cadre du 7e tour de Coupe de France (source France Bleu). C’est très compliqué à maitriser. Mais nous y arriverons tôt ou tard. C’est sûr ! En tout cas on l’espère, et très vite.

La violence gratuite de ces groupuscules organisés, méthodiques, qui s’attaquent à nos enfants : d’une ignoble lâcheté

Mais c’est bien la morale qui sortira grandie.

Oui j’ose l’écrire : CETTE JOURNÉE FUT BELLE car c’est la conclusion qui l’emporte toujours.

La journée fût belle aussi lorsque la fête repris à Fred Aubert avec le match qui est allé à son terme. La journée fût inoubliable avec ce magnifique but Plédranais du jeune Orélien Pasco à la 85e. Ce but inscrit alors que le score était de 4-0 n’a pas compté pour rien. Il a récompensé les héros de l’épopée du CSP : ses supporters.

Un peu plus tard, il est 22h au foyer du CS Plédran.

Alors que Manon, 18 ans, notre petite Manon, est transférée à l’hôpital de Lannion où elle sera opérée ce matin d’une fracture de l’Humérus. Alors qu’à l’hôpital Sofiane, 15 ans, notre petite Sofiane,  se remet du malaise, de ses convulsions,  qui ont conduit à son évacuation par ambulance. Alors que Maxence, 24 ans, notre petit Maxence, se remet difficilement d’avoir été roué de coups par une dizaine de fous furieux à la sortie du stade. Alors qu’Alexis, 20 ans, notre petit Alexis, pense sa plaie derrière la tête. Alors que d’autres comptent leurs ecchymoses, écorchures ou entorses. Alors que les agents de la Protection Civile, hommes et femmes, sont rentrés chez eux, choqués par des attouchements subis et d’avoir assisté à des scènes comme ils n’en avaient jamais vu…

Il est 22 heures : Les visages sont fermés depuis le retour au bercail des joueurs, familles, supporters, bénévoles, dirigeants. Abattement. On discute. Les regards se croisent. Parfois les yeux se chargent de larmes qui tomberont et sècheront. Et puis ce sera un des plus beaux moments qu’il nous eut été possible de voir à horizon. Tout le monde est sorti devant le foyer. On s’est accroupi comme le veut la chorégraphie. On a fredonné notre refrain préféré. On l’a hurlé. On a sauté. On a crié.

Oui à Horizon on a chanté le Chalala le samedi 13 Novembre 2021 à 22 heures !

Oui la morale l’emportera.

Oui on sortira grandis car on sait tous ce qu’il s’est passé. Une fois de plus les Plédranais ont été exemplaires.

Non les cris de singes n’ont jamais eu cours à Plédran.

Non Plédran n’est ni un club ni une commune raciste.

Il faut le dire. Il faut l’entendre. Il faut que ça se sache.

Mais quoiqu’il arrive, Plédran ne répondra pas par la violence, par les mots qui blessent.

Force reste à la morale.

Le football restera au-dessus de problèmes de voyous difficile à maitriser. La journée vécue hier doit rester belle. Personne ne viendra gâcher cette communion entre les communautés.

On se tiendra bien évidemment au chevet des blessés. On est si proches d’eux dans nos pensées. La violence ne nous écartera pas du bon chemin. La réponse par la violence n’est pas notre nature, bien au contraire. LA PAIX EST NÔTRE !

Et c’est avec cette morale plus que jamais vivante aujourd’hui que nous construirons des lendemains meilleurs.

Mahorais et Bretons se tiennent encore fermement la main ce matin. Et ils se la tiendront longtemps.

VIVE LE FOOTBALL

VIVE LES JUMEAUX DE M’ZOUAZIA

… ET VIVE LE CSP !!!!

La discussion sur ces événements se poursuit sur la page Facebook du CS Plédran

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Une réponse

Les commentaires sont fermés.

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

- Je soutiens BREIZH-INFO -

PARTAGEZ L'ARTICLE !

LES DERNIERS ARTICLES

ARTICLES LIÉS

ABONNEZ VOUS À NOTRE NEWSLETTER

Pas de pubs, pas de spams, juste du contenu de qualité !