Mazaly Aguilar (VOX) : « Il ne faut pas toucher à la souveraineté nationale » [Interview]

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Interview de la députée européenne VOX Mazaly Aguilar sur Decisión Radio – radio espagnole – traduite en français par Breizh-info.com.

Diplômée en économie et en communication corporative et institutionnelle de l’Université Complutense de Madrid, elle a également étudié le droit à l’UNED et l’ingénierie civile à l’École polytechnique.

Sa carrière professionnelle s’est développée dans le domaine de la banque et des relations extérieures dans des entreprises telles que Trasmediterránea, où elle était responsable des relations institutionnelles, ou Airtel-Vodafone, où elle était responsable du bureau du directeur général. Mazaly Aguilar est la troisième vice-présidente de la commission de l’agriculture du Parlement européen.

Elle est également membre suppléante de la commission du commerce international, de la sous-commission sécurité et défense, de la délégation pour les relations avec les États-Unis et de la délégation pour les relations avec l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.

Quel problème l’Union européenne a-t-elle avec la souveraineté nationale ?

Mazaly Aguilar (VOX) : Je pense qu’il y a deux types d’Europe qui s’affrontent là. L’une est celle que nous défendons, dans laquelle on ne touche pas à la souveraineté nationale. Et l’autre, qui vise à créer une Europe confédérale dans laquelle toutes les décisions sont prises par la Commission européenne et le Conseil de l’Europe, qui ne sont pas élus par les Européens. Ce modèle vise à saper la souveraineté nationale et il y a des groupes comme le nôtre qui sont très clairs sur le fait qu’il ne faut pas toucher à la souveraineté nationale.

Vous avez mentionné quelque chose de très important, à savoir que les commissaires et les membres du Conseil ne sont pas élus par les Européens.

Mazaly Aguilar (VOX) : Il y a une réunion appelée les trilogues dans laquelle la Commission, le Conseil et les représentants du Parlement européen sont présents. Lors de cette réunion, un homme appelé Timmermans, qui est celui qui dit que « l’Europe sera verte ou ne sera pas« , tape du poing sur la table et dit ce qu’il faut faire. La Commission dit oui, le Conseil dit oui, et les représentants du Parlement européen se lèvent et partent. Timmermans est un petit dictateur.

Et puis ces mêmes dictateurs prétendent dire au Premier ministre d’un pays, la Pologne, élu par le peuple polonais, ce qu’est ou n’est pas une démocratie. Et tous les groupes politiques, sauf ID et ECR, font de même…

Mazaly Aguilar (VOX) : Une des choses qui m’a surpris quand je suis arrivé au Parlement européen, c’est que les députés européens ne votent pas dans l’intérêt de leur pays, mais dans l’intérêt de leur groupe politique. C’est pourquoi, dans ce cas, ils ont tous voté contre la Pologne.

Rappelons-nous également ce qui s’est passé avec M. Puigdemont.

Notre Cour suprême émet un mandat d’arrêt contre un homme qui a fait un coup d’État et qui, aux États-Unis, porterait déjà un pyjama orange à Guantanamo Bay. Mais en Europe, on ignore cet ordre et, en revanche, les Polonais ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent dans leur propre nation avec leurs propres tribunaux.

Tels sont les aspects de l’Union européenne particulière sous laquelle nous vivons actuellement et cela ne fait que commencer.

Elle accélère parce qu’il y a un agenda à respecter.

Mazaly Aguilar (VOX) : Oui, bien sûr, l’Agenda 2030.

En ce qui concerne l’agriculture, quelle politique agricole l’Union européenne propose-t-elle ?

Mazaly Aguilar (VOX) : Très récemment, une initiative a été votée, avec plus de 400 voix en faveur, appelée « de la ferme à la table ». Ce que l’UE vise, c’est le « New Green Deal », le « l’Europe sera verte ou ne sera pas ». Je peux le résumer en deux phrases : « retour au Moyen Âge » et « un musée de l’agriculture ». En plus de cela, il y a des rapports de la Commission elle-même qui indiquent que cela aura les effets suivants sur notre agriculture : une augmentation des importations de pays tiers, comme les tomates du Maroc qui détruisent l’économie d’Almeria et des îles Canaries et qui entrent dans l’UE sans aucun type de contrôle, une augmentation du coût des aliments que nous allons consommer, et une diminution de la productivité, sans parler du fait que nos agriculteurs couvrent à peine leurs coûts de production.

Pour qu’une entreprise soit durable, elle doit être rentable, mais ce n’est pas le cas dans l’UE, peu importe qu’elle ne soit pas rentable ou durable, seuls le pacte vert et le changement climatique comptent. D’ailleurs, les lobbies environnementaux ont un pouvoir incroyable.

L’idée est de faire disparaître l’agriculture et de tout importer des autres pays ?

Mazaly Aguilar (VOX) : Ils ne vous disent pas qu’ils vont supprimer l’agriculture, ils parlent toujours d’éco-systèmes, d’agriculture biologique. Il peut y avoir une agriculture écologique, mais parce qu’elle ne peut pas aller de pair avec l’agriculture traditionnelle. Et c’est la même chose pour l’élevage. Mais ils ne comprennent pas ça, ils n’ont qu’une seule pensée : l’environnementalisme, le changement climatique. C’est pourquoi ils veulent détruire petit à petit cette agriculture qu’ils considèrent comme nuisible à leurs projets.

Mais cette agriculture biologique est très minoritaire et coûteuse et ne peut pas remplacer l’agriculture traditionnelle…

Mazaly Aguilar (VOX) : Bien sûr, c’est pour cela que nous importons de pays tiers. Et c’est pour cela que l’on investit beaucoup d’argent dans la création d’un corridor vert au Maroc ou, par exemple, que le montant que les produits marocains ne paient pas en droits de douane s’élève à 53 millions d’euros. A tel point que, suite à notre plainte, un organisme européen enquête sur les raisons pour lesquelles ces taxes obligatoires n’ont pas été payées.

Qu’en est-il des attaques contre la consommation de viande ?

Mazaly Aguilar (VOX) : Il s’agit d’une attaque frontale contre les agriculteurs basée sur des absurdités comme le problème du dioxyde de carbone qui serait causé par les flatulences des vaches. C’est une absurdité après l’autre qu’ils répètent chaque jour.

L’environnementalisme ressemble de plus en plus à une religion…

Mazaly Aguilar (VOX) : Absolument, mais au bout du compte, la question est de savoir à qui cela profite. Ici, il y a des lobbies et de grosses sommes d’argent qui veulent imposer l’environnementalisme au détriment de l’agriculture et de l’élevage et promouvoir des produits très chers mais pas meilleurs. Et je ne suis pas prêt à ce que nos agriculteurs et nos éleveurs, qui ont été nos héros durant la pandémie, soient sacrifiés pour cette mode qui va nous coûter très cher.

Et comment se passe le combat à cet égard au sein du Parlement européen ? Les groupes comme ID et ECR sont-ils seuls à contre-courant ou existe-t-il des personnes dans d’autres groupes qui s’opposent également à cette dérive ?

Mazaly Aguilar (VOX) : Le problème de l’UE est qu’elle est très hétérogène. La Norvège, la Pologne ou l’Allemagne n’ont rien à voir avec la merveilleuse agriculture que nous avons en Espagne. Ici, nous avons tout et, logiquement, les règles ne peuvent pas être les mêmes pour tous. Nous avons été le jardin maraîcher de l’Europe et ils veulent nous couper petit à petit. Comment faire un front commun ? Pour le pétrole, par exemple, nous nous associons aux Italiens. Le Portugal, l’Espagne, la France, la Grèce et l’Italie font souvent un front commun avec des gens de différents groupes, même socialistes ou populaires, parce qu’il s’agit de vin, de pétrole, etc.

Mais ces politiciens comme ceux du Parti populaire et des socialistes croient ensuite fermement à l’agenda vert, comment surmonter cette contradiction ?

Mazaly Aguilar (VOX) : Ce qui compte ici, c’est ce que vous avez l’intention de faire avec votre nation. Par exemple, le Parti populaire espagnol a voté contre la stratégie « de la ferme à la table », tout comme Ciudadanos (RENEW). En revanche, les socialistes et la gauche ont tous voté pour. Cependant, c’était la première bataille et nous continuerons à insister contre cette stratégie car la réalité est ce qu’elle est.

Et les associations d’agriculteurs, coopèrent-elles au niveau européen ou font-elles la guerre chacune de leur côté dans chaque pays ?

Mazaly Aguilar (VOX) : Il y a le COPA-COGECA, qui réunit le reste des associations au niveau européen. Il y a des Espagnols dans cette association à des postes de responsabilité et je pense qu’ils font un excellent travail. Mais bien sûr, beaucoup de gens disent oui à tout quand ils les rencontrent et ensuite s’abstiennent ou votent contre. C’est la politique, c’est difficile pour moi de m’y habituer car je viens du monde des affaires.

Surtout quand il y a des propositions politiques aussi absurdes…

Mazaly Aguilar (VOX) : En fin de compte, c’est une question d’intérêts. La question habituelle : qui en profite ? Et ici, il y a un agenda et de nombreux lobbies et politiciens qui répètent le mantra « l’Europe sera verte ou ne sera pas« , mais nous avons encore deux ans devant nous et il y a encore beaucoup de choses à combattre.

Crédit photo : DR
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3 Commentaires

  1. « Je pense qu’il y a deux types d’Europe qui s’affrontent là. L’une est celle que nous défendons, dans laquelle on ne touche pas à la souveraineté nationale. Et l’autre, qui vise à créer une Europe confédérale dans laquelle toutes les décisions sont prises par la Commission européenne et le Conseil de l’Europe, qui ne sont pas élus par les Européens. »
    On est clairement dans la manipulation ici. En quoi l’Europe des nations qu’elle défend serait plus démocratique ? Quelle est la place des peuples qui se noient dans leurs vieux états-nations (par exemple les peuples historiques ibériques qui rejettent l’idéologie franquiste de cette dame…). Pourquoi pas une Europe confédérale avec un vrai système démocratique (qui va donc du bas vers le haut )? Car en vérité dans un système confédérale toutes les décisions ne sauraient être prises par la Commission européenne, sinon cela n’a rien de confédérale, ce serait plutôt la république populaire d’Europe !

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