Les dépenses de Nantes augmentent trop vite, en partie à cause des migrants

La chambre régionale des comptes a contrôlé la situation financière et les informations comptables de la ville de Nantes pour les années 2015 à 2019. Elle a enfin publié son rapport le 20 décembre. Une observation le domine : les charges de fonctionnement dérapent.

Nantes a pourtant transféré différentes compétences à sa métropole en 2015. Il en est résulté mécaniquement une diminution de ses propres charges de fonctionnement. Mais elles sont tout de suite reparties à la hausse, au point d’augmenter finalement de 6,5 % en quatre ans ! Les charges de personnel se sont alourdies de 10 millions d’euros (pour 3 502 agents en équivalent temps plein). La Chambre souligne pourtant que la masse salariale devrait être orientée à la baisse du fait des transferts de compétences.

Pour atténuer le dérapage de ses dépenses, La Ville a serré la vis aux associations. Car, à côté de ses nombreuses « structures satellitaires » (sociétés d’économie mixte, sociétés publiques locales, etc.), elle subventionne pas moins de 1 223 associations. Elle a réduit de 10,7 % ses subventions de fonctionnement.

Migrants : des charges éparpillées mais importantes

Et cette réduction aurait été plus sensible encore si un poste ne s’était considérablement alourdi : les « montants versés liés à l’accueil des migrants ». Ainsi, les dépenses destinées aux migrants mordent un peu plus chaque année sur les finances des associations engagées au service des Nantais.

Les dépenses liées aux migrants impactent aussi en direct les comptes de la Ville. Ainsi, « les frais de gardiennage, de 1,6 M€ en moyenne, atteignent 3,9 M€ en 2018, puis 2,8 M€ en 2019 ». Pourquoi un tel bond ? Réponse : « La ville de Nantes explique ce surcoût par les frais de gardiennage des gymnases pour l’accueil des migrants ».

Mais ce n’est pas le poste le plus important. Les sommes allouées au centre communal d’action sociale (CCAS) sont passées de 19 millions d’euros en 2017 à 27 millions d’euros en 2019. La Chambre est explicite quant à l’origine de cette hausse de 8 millions d’euros : elle « a pour origine les coûts engendrés par l’accueil des migrants ». (Pour mémoire, ces dépenses s’ajoutent à celles supportées par Nantes Métropole et à celles occasionnées par les mineurs non accompagnés, qui sont à la charge du département de Loire-Atlantique.)

Cependant, Nantes a pu récupérer une partie de ses dépenses : « la prise en charge de migrants par la ville de Nantes a été retenue pour un montant de 5 983 346 € par les services de l’État ». Ainsi, ces sommes ont été supportées par l’ensemble des contribuables français et non par les seuls Nantais.

Une gestion qui devient imprudente

Sans être alarmante, la situation financière de Nantes n’est pas exemplaire. Ainsi, sa capacité d’autofinancement n’est que 79 euros par habitant en 2019 contre 86 euros en moyenne pour les communes de même taille. Le ratio d’autofinancement de ses équipements connaît une « baisse rapide » et s’établit entre 60 et 75 % alors que le ratio satisfaisant selon la Chambre se situe entre 75 et 90 %. Cependant, les nouveaux emprunts souscrits par la Ville sont inférieurs à ceux qu’elle rembourse. L’encours total de la dette a ainsi diminué de 30 millions d’euros en cinq ans ; il était de 186,5 millions d’euros à fin 2019, soit 1 093 euros par habitant. De plus « la dette a une structure saine, exempte d’emprunts à risque ».

Pour l’avenir, les prévisions sont difficiles à cause de la crise sanitaire, mais une chose est sûre : l’augmentation régulière des charges de fonctionnement « fragilise les marges de manœuvre de la collectivité ». La prudence s’imposerait donc. Or Johanna Rolland a choisi une voie exactement inverse. Une avalanche d’investissements nouveaux a été annoncée au conseil municipal du 18 décembre 2021 : ils augmenteraient de près de 90 % d’ici 2026 par rapport à la période 2015-2020 !

D’où viendra l’argent ? La Ville a prévu d’augmenter le taux de la taxe foncière sur le bâti, qui se situe déjà à un niveau très élevé, de porter au maximum légal la taxe sur les résidences secondaires, d’élargir le stationnement payant et le montant des amendes de stationnement, etc. Quant à son niveau d’endettement, il augmenterait de 100 millions d’euros en cinq ans ! « Vous nous amenez dans le mur en klaxonnant », s’est insurgé Foulques Chombard de Lauwe, leader de l’opposition LR.

Photo : manifestation d’agents municipaux devant l’hôtel de ville de Nantes, photo Breizh-info, droits réservés
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4 réponses

  1. déjà ils coutent à la ville, par la dépravation, l’assistance, mais cerise sur le gâteau, on donne de l’argent aux ONG POUR EN FAIRE VENIR PLUS, y’a pas à dire, madame le maire à plus d’un tour dans son sac pour faire payer les Nantais !!!

  2. Foulques Chombard de Lauwe, opposant très actif à la réunification de la Bretagne.
    Non seulement il est contre mais réécrit l’Histoire et est très insultant envers la Bretagne et les Bretons.

    De toute façon, la droite nantaise, c’est le fin fond du gouffre de la médiocrité.

    Ça n’en rend pas la gauche nantaise meilleure mais Garnier et sa clique sont des pertes de temps. Et d’argent.

  3. Plus de taxe d’habitation pour certains mais une taxe foncière qui explose, l’arnaque! Vive le vivre-ensemble.

Les commentaires sont fermés.

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