Un grand Cava peut-il remplacer avantageusement un champagne ?

Sans hésitation oui !!  À la veille de fêter le nouvel an la question mérite d’interpeller les amateurs de champagnes, qui pour un grand nombre d’entre eux, le considèrent un peu facilement comme irremplaçable.

Ce statut hégémonique va jusqu’à dénier un droit de concurrence   pour des méthodes traditionnelles (donc qui emploient la technique de fabrication du champagne) issues d’autres terroirs et de différents cépages.

Or les progrès réalisés partout à travers le monde a fait émerger de sérieux challengers dont l’élégance et le standing ne le cèdent en rien à l’esthétique champenoise.

Le cava a le potentiel pour jouer des coudes face au champagne, en dépit du fait que ce pétillant de Catalogne est avant tout associé à des mousseux bon marché sans grande ambition. Ce qui peut paraître difficile à croire quand le plus populaire des cavas, l’inénarrable Cordo Negro de la maison Freixeneit est actuellement vendu à moins de 4€ pour les fêtes…

Mais comme pour beaucoup d’exemples, ce type de cava hyper marketé, n’est que le mastodonte qui masque la myriade de petites propriétés investies dans une production artisanale et ultra pointue de cavas haute couture.

Quand Freixeneit sert une soupe populaire à la grande masse des consommateurs obnubilée par l’achat d’un prix, une poignée de véritables amateurs jette leur dévolu sur d’authentiques cavas à la personnalité affirmée.

Particularités du Cava

Un cava diffère du champagne avant tout par les cépages autochtones qu’il intègre : Parellada, Xarel-lo maccabeo .

Mais surtout, le climat plus chaud en liaison avec une latitude méridionale, tend à atténuer leur acidité au regard des champagnes. Le cava exhibe un profil plus chaleureux moins ciselé que celui des champagnes, un trait de personnalité qui peut parfois le désavantager en raison d’un alcool trop apparent et d’un corps par trop généreux, susceptible de nuire à sa finesse.

Pour autant, les grands cavas donnent à ce registre plus chaud des tonalités de raffinement inédites grâce à une richesse aromatique exacerbée, tirant souvent sur les fameuses notes amandées et miellées qui fondent leur traditionnelle signature.

Avantage tarifaire :

L’atout maître du cava demeure son incomparable accessibilité tarifaire, notamment lorsque l’on s’aventure dans la sphère du haut de gamme. Ce phénomène n’est que la contrepartie du dumping pratiqué par les grosses maisons sur les cava de grande diffusion, ayant passablement écorné l’image gastronomique du cava …

Un positionnement raté sur le luxe, dans lequel le champagne a durablement installé son image, quand bien même certains spécimens bas de gamme, parviennent à être vendus en deçà de 10 euros.

S’agissant des grandes cuvées, il faut compter une petite trentaine d’euros pour avoir accès à la fine fleur du cava, tandis que les grandes cuvées des maisons champenoises se donnent à déguster à partir de 50 euros, voire beaucoup plus pour la plupart.

Là réside précisément la grande affaire du cava qui bénéficie du même luxe de soins et d’affinage que celui qui préside à la conception des grands champagnes, en allant jusqu’à intégrer des temps d’élevage sur lies fines de 7 ans pour des cuvées vendues entre 30€ et 50€ !!!

Quelques recommandations : la plupart des grandes cuvées actuellement disponibles sont issues du millésime 2013 avec un temps d’élevage sur latte de 7 ans au minimum

La petite maison Gramona propose deux petits bijoux : le « très lustros » et le « cellar battle » qui font figure de références de choix par leur temps d’élevage sur latte.  Les flaveurs de miel et de nougat emplissent le palais et s’allègent dans une bulle vivace, lustrée par la patine du temps, grande harmonie et superbe finale en bouche.

La cuvée « Jaume Codorniu » de la maison éponyme s’acquiert autour de 30 euros, une somme modique pour une cuvée culte qui hisse le cava au sommet de son art.

La « Kripta » de la maison Agusti Torello vendue dans sa sublime bouteille en forme d’amphore, appartient au cercle très fermé des plus grands cavas et se vend à partir de 50 euros, un prix dérisoire au regard de l’excellence et de la réputation internationale de ce cava adulé par les connaisseurs.

Enfin, difficile de faire l’impasse sur la toute petite maison Recadero dont les petites cuvées tirées sur des toutes petites séries, sont à la Catalogne ce qu’Anselme Selosse est au champagne, le nec de la pureté et de l’authenticité.

Bonnes fêtes !

Raphno

Crédit photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

2 réponses

  1. Le corpinat est la denomination nouvelle pour les NON cava (les puristes et vrai pro) , ce n est pas du bas de gamme, et en general le procedè est biodynamique, biologique et le resultat est de haute qualitè.
    Rien a voir avec le cordon noir de freixenet ou autre codorniu qui sont des cava bas de gamme.
    Mieux connaitre pour opiner est un savoir, le champagne n est qu un nom, moi qui fut champenois durant mon adolescence, je puis vous assuré que le savoir faire et le respect du terroir est le secret. Vive le champagne des pays de l EST, (pourquoi pas?)

  2. Oui en effet, je n’ai pas abordé la rupture de l’association corpinnat de la DO cava , une association qui regroupe les meilleurs producteurs dont ceux que je cite en font partie je crois….
    Je voulais me borner à une simples comparaison entre champagne et cava mais j’apprécie votre complément d’info qui émane assurément d’un puriste!
    Raphno

Les commentaires sont fermés.

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

- Je soutiens BREIZH-INFO -

PARTAGEZ L'ARTICLE !

LES DERNIERS ARTICLES

ARTICLES LIÉS

ABONNEZ VOUS À NOTRE NEWSLETTER

Pas de pubs, pas de spams, juste du contenu de qualité !