Perros-Guirec. Un résident secondaire d’Île-de-France interdit le droit de passage à sa voisine de 94 ans, désormais bloquée chez elle

Perros-Guirec

Dans un hameau près de Perros-Guirec, une femme de 94 ans ne peut plus quitter son domicile : son voisin, un Francilien ayant acquis la maison mitoyenne en 2007, l’a privée de son droit de passage en bloquant les accès au chemin. Ce résident secondaire déplore notamment les atteintes à sa « tranquillité » qu’engendreraient les visites régulières des infirmières chez la nonagénaire.

Une femme de 94 ans privée d’accès à sa maison par un résident secondaire

Ce qui pourrait initialement s’apparenter à un quiproquo de voisinage relativement banal prend une tournure particulièrement symbolique dans le Trégor. En effet, le quotidien Ouest-France révélait le 19 janvier que dans un hameau situé sur la commune de Perros-Guirec, au lieu-dit Keroullou, une femme âgée de 94 ans demeure désormais totalement isolée ou presque après que son voisin lui ait interdit l’accès au passage mitoyen desservant sa maison.

Jeanne Le Goff, habitant l’une des deux maisons mitoyennes depuis 1949, ne peut dorénavant accéder à sa maison qu’en empruntant qu’un chemin dangereux pour son âge.

La raison de cette contrainte ? Le propriétaire depuis 2007 de l’autre maison, résident secondaire installé en région parisienne, a décidé depuis quelques mois de ne plus laisser la nonagénaire utiliser le chemin habituel pour rejoindre son domicile en supprimant la servitude de passage traversant sa propriété. Le chemin en question reliant la route à la cour de Jeanne Le Goff.

La « tranquillité » du voisin perturbée par les allées et venues des infirmières…

Pour ne plus permettre à la femme de 94 ans d’emprunter l’accès en question, le voisin francilien a donc décidé de clôturer ce dernier durant l’été 2021 en installant deux portails. L’un situé au niveau de la route et l’autre situé en limite de son terrain et de la cour de Jeanne Le Goff.

Mais, en plus de rendre la vie impossible à la nonagénaire et à sa famille qui empruntaient donc la servitude de passage depuis des années, le voisin a également installé quatre caméras de surveillance. Des caméras dont maître Cockenpot, l’avocat défenseur du résident secondaire parisien, assure auprès du quotidien régional qu’ « elles ne filment que la voirie et la propriété » de son client, « en aucun cas celle de Jeanne Le Goff », assurant par ailleurs que ces caméras ont été déclarées à la gendarmerie.

Propriété de Jeanne Legoff en vert, propriété du voisin francilien en jaune. Source : Ouest-France.

Toujours selon l’avocat, la principale motivation de la fermeture du passage par son client réside le fait que « les soins infirmiers ainsi que les allers-retours incessants de sa famille [de Jeanne Le Goff, NDLR] provoquent un ballet de voitures », ce qui « nuit à la tranquillité » de l’homme résident en Ile-de-France mais ayant prévu de venir passer sa retraite dans sa maison bretonne.

L’autre chemin dangereux pour la femme de 94 ans, des documents jugés « illisibles » côté francilien

Le défenseur du voisin tatillon explique par ailleurs « qu’il existe d’autres chemins pour accéder à la propriété et les terres environnantes sont la propriété de la famille Le Goff ». Un argument qui semble fortement teinté de mauvaise foi puisque, selon la famille de Jeanne Le Goff, le droit de passage désormais supprimé était « le seul moyen fiable et pratique pour accéder et sortir de sa propriété », précisant par ailleurs que la femme de 94 ans n’avait « plus quitté son domicile depuis l’installation de ces deux portails ».

En ce qui concerne l’autre chemin évoqué par l’avocat, il consiste, pour la nonagénaire souhaitant sortir de chez elle pour rejoindre la route, à devoir contourner sa propriété en utilisant un passage très étroit entre sa maison et un bâtiment annexe puis à marcher dans le jardin. Sauf qu’à son âge, cet itinéraire « de secours » ressemble surtout à un parcours du combattant. « Toute seule, je ne peux pas, j’ai peur de glisser dans l’herbe », ​confie même Jeanne Le Goff.

Enfin, sur le plan juridique, la famille de cette dernière explique que le droit de passage était clairement mentionné dans l’acte de vente signé par le voisin francilien en 2007. Une famille Le Goff qui a ainsi décidé d’ester en justice, l’affaire devant être examiné le 27 janvier prochain par le tribunal de Saint-Brieuc.

Face à l’accusation d’avoir bafoué la servitude, l’avocat du résident d’Île-de-France déclare que les deux documents sur lesquels s’appuie la famille Le Goff, datant de 1850 et 1904 et stipulant le caractère « inaliénable » ​de la servitude par destination du père de famille, seraient « illisibles », arguant que le droit de passage codifié dans l’acte de vente en 2007 relevait d’une erreur du notaire…

Crédit photo : Pixabay (Pixabay License/MarlonTrottmann) (photo d’illustration)
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6 réponses

  1. ces parisiens lorsqu’ils arrivent en province se croient tout permis , plus de coqs, plus de cloches leur futurs voisins doivent déménager !!! et la plupart des gens n’osent pas dire un mot !!! n’importe quoi ! cela ne m’étonne pas, quand on voit ce qu’ils font pour les vaccins …!

  2. Encore un qui arrive en BZH comme en pays conquis !
    Partout où ces « doryphores » se posent , les problèmes de voisinage augmentent !
    comme ceux qui veulent interdire le chant du coq , les cloches des vaches et des églises et qui viennent 15 jours par an emmerder les locaux .
    Qu’ils restent dans leurs apparts de béton de m…..e

  3. Mais pourquoi ne pas s arranger à l’amiable ? Le nouveau propriétaire n’a qu’à proposer un aménagement fiable et sécurisé à ses frais pour cette dame agee en échange de l’ancien droit de passage qui en effet pass en plein milieu de chez lui.

  4. la loi ? pourquoi les zotorités ne la font elle pas respecter? un droit de passage n’est plus un droit?
    ils marchent sur la tête! il faut aller voter pour que ce genre de chose ne soit plus passé sous silence et SURTOUT pour que ça cesse

  5. Il ne faut jamais acheté un bien frappé d’une servitude.
    Droit ou pas droit, Parisien ou Breton, celui qui acquière une propriété frappée de servitude en aura marre à un moment donné de voir le voisin profiter d’une partie de propriété amputée, et encore plus lorsque la servitude passe au milieu de sa propriété.
    Donc plutôt que d’évider de s’énerver et perdre une fortune en avocats inutiles, même si la propriété n’est pas chère, passez votre chemin.

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