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Il y a des livres indispensables lorsque l’on a une passion. Pour les amateurs de cyclisme, bretons qui plus est, Le grand dictionnaire du cyclisme breton (Cristel Editions) en fait partie.
Signé Georges Cadiou, qui a couvert quinze Tours de France pour la radio, et de nombreuses courses, cet ouvrage regroupe tous les grands noms du cyclisme breton, avec également un retour sur leur carrière, et des anecdotes à la pelle. 1600 entrées ! C’est une somme monumentale, à posséder impérativement en bonne place dans sa bibliothèque.
Pour en discuter, et après l’avoir quitté sur un excellent livre au sujet de Marcel Cachin, nous avons de nouveau interrogé Georges Cadiou.
Breizh-info : A quand remontent les premières grandes heures du cyclisme breton ? Qui a contribué à l’essor du cyclisme en Bretagne ?
Georges Cadiou : On note des courses en Bretagne dans les années 1870-80 mais la grande date des débuts du cyclisme chez nous c’est l’épreuve Paris-Brest et retour en septembre 1891 qui lance vraiment le cyclisme breton. C’est un Normand, Pierre Giffard, qui est à l’origine de la création de cette course dont la dernière édition eut lieu en 1951. Elle est encore aujourd’hui pratiquée mais seulement par les cyclotouristes. En 1903, avec le premier Tour de France, le cyclisme prend encore un nouvel essor. Ce premier Tour passe déjà par la Bretagne avec une arrivée d’étape à Nantes. Il atteindra Rennes en 1905 et Brest en 1906.
Breizh-info : Qu’est-ce qui explique cette passion pour le vélo en Bretagne selon vous ?
Georges Cadiou : Tout de suite, le cyclisme a plu aux Bretons et la passion perdure ! Pourquoi ? Peut-être parce que le caractère aventureux des Bretons s’est parfaitement retrouvé dans ce sport que l’on appelle chez nous ar marc’h houarn, le cheval de fer, une autre version de la Quête du Graal avec les chevaliers d’Arthur ! Et puis il y a l’exemple des champions qui sont arrivés très vite et qui ont suscité des vocations !
Breizh-info.com : Parmi les grands noms du dictionnaire que vous publiez, lesquels vous tiennent particulièrement à coeur et pourquoi ?
Georges Cadiou : Les quatre vainqueurs du Tour de France en premier lieu : 11 victoires à eux quatre. Deux pour Lucien Petit-Breton du Pays nantais, 1 pour Jean Robic, originaire du Morbihan, 3 pour Louison Bobet de Saint-Méen-le-Grand en Ille-et-Vilaine et 5 pour Bernard Hinault d’Yffiniac, quatre champions qui ont gagné bien d’autres épreuves. Je n’oublie pas Amélie Le Gal, dite Lisette de Quintin, la première grande championne cycliste qui brilla sur toutes les pistes d’Europe et d’Amérique en 1890-1900.
Breizh-info.com : Y’a-t-il une anecdote ou deux, insolites, au sujet d’un ou de plusieurs cyclistes bretons, que vous voudriez soumettre à nos lecteurs ?
Georges Cadiou : Des anecdotes, il y en a des tonnes mais ce qui a sans doute le plus marqué nos anciens c’est la victoire de Jean Robic, lors de la dernière étape du Tour de France de 1947. Il n’avait jamais porté le maillot jaune durant ce Tour et il l’endosse à l’arrivée ! Biquet comme on le surnommait est resté l’un des coureurs bretons les plus populaires.
Breizh-ifo.com : La Bretagne, ce sont des cyclistes, mais également une terre qui surprend parfois ceux qui s’imaginent des routes plates, et qui se retrouvent à sans cesse devoir alterner des petites côtes qui cassent les jambes et le rythme. Quels sont ces lieux mythiques ?
Georges Cadiou : Le lieux mythiques du cyclisme breton : en premier lieu Châteaulin, Plouay, Callac mais aussi toutes ces communes dans lesquelles avaient lieu les célèbres critériums comme à Gouesnou, à Plonéour-Lanvern, à Camors, à Ploërdut pour ne citer que ces lieux. Chaque village breton avait alors sa course de kermesse qui réunissait des foules vibrant aux exploits des champions, surtout lorsque les meilleurs Bretons venaient à bout des champions venus de France, de Belgique ou d’Italie !
Breizh-info.com : Assiste-t-on, actuellement, à un renouveau du cyclisme breton, avec des coureurs comme Gaudu, ou Barguil. Voyez vous dans les prochaines années un breton remporter le tour de France, ou de grandes classiques ?
Georges Cadiou : Depuis 1985, avec la cinquième victoire de Bernard Hinault dans le Tour de France, toute la Bretagne attend son successeur. Mais c’est aujourd’hui bien plus difficile de gagner le Tour. Le cyclisme s’est très largement internationalisé avec des coureurs venus de tous les continents. Le cyclisme breton reste vivace avec Warren Barguil, David Gaudu, Valentin Madouas et quelques autres. Des jeunes pointent le bout de leur cale-pied comme Eddy Le Huitouze, Ewen Costiou. Gagner le Tour ce sera très dur mais gagner des étapes ou de belles classiques çà oui je pense que c’est possible !
Propos recueillis par YV
Crédit photo : DR
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