Bon à savoir. Marine Le Pen, Corse, Colonna…les bonnes notes de Bernard Morvan

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Nous vous proposons une nouvelle rubrique, pas forcément régulière, dans laquelle Bernard Morvan vous relève quelques perles recueillies ici ou là dans la presse…ou ailleurs.

  • Marine Le Pen a une façon bien à elle d’analyser la situation en Corse : « J’ai toujours pensé que les poussées d’indépendantisme étaient la conséquence d’une forme d’abandon de l’Etat. Il y a une génération de Corses qui se dit « Est-ce que l’on ne pourrait pas faire mieux que l’Etat français ? » Je ne le crois pas. Il faut d’abord rétablir l’Etat dans ses obligations de protection. Quand il remplira son rôle, ces poussées indépendantistes reculeront. » (Aujourd’hui en France, samedi 26 mars 2022) Son week-end en Guadeloupe lui a certainement permis de réfléchir aux « poussées d’indépendantistes » lorsqu’une quarantaine de militants de L’Union populaire pour la libération de la Guadeloupe (UPLG) et de l’Alliance nationale Guadeloupe (ANG) sont venus la chahuter alors qu’elle enregistrait une interview pour France 3 dans le hall de son hôtel au Gosier ; elle « a pu être exfiltrée jusqu’à sa chambre, sous des jets de bouteilles en plastique et de billes en carton, par une porte dérobée via le parking de l’hôtel » (Le Figaro, lundi 28 mars 2022). En Bretagne, elle pourrait connaître un accueil comparable en s’aventurant dans certains quartiers : le Blosne à Rennes, les Dervallières à Nantes, Pontanézen à Brest…
  • Le philosophe André Comte-Sponville voit les choses plus finement : « La Corse est une île, avec une histoire particulière (elle n’est française que depuis deux siècles et demi), une langue propre, des problèmes spécifiques… Pourquoi ne pas en tenir compte ? Qu’elle reste au sein de la République, c’est évidemment souhaitable pour tout le monde. Mais pourquoi ne pas lui accorder ce que l’Italie accorde à la Sardaigne et à la Sicile, ce que l’Espagne accorde aux Baléares, ce que la France accorde à tel ou tel de ses département s ou territoires d’outre-mer ? » (Challenges, 24 mars 2022)
  • Yvan Colonna avait des liens avec la Bretagne. « Colonna : son nom est corse, son prénom vient du Finistère. « Yvan est le plus breton de mes enfants », avait confié au Monde Cécile Colonna lorsque son fils avait pris le maquis. Elle se souvient qu’Yvan « piquait dans [sa] bibliothèque Comment peut-on être breton ? de Morvan Lebesque (Seuil, 1970) » (Le Monde, mercredi 23 mars 2022). La mère d’Yvan Colonna, Cécile Riou, est originaire de Laz (près de Châteauneuf-du-Faou). Son cousin « Goazec » raconte : « Selon sa maman, Yvan était le plus breton de la fratrie. Il était toujours intéressé par l’histoire de la Bretagne qui faisait partie de lui-même. Il avait vraiment la fibre bretonne. » « Goazec » est un Breton courageux : « Quand on est en fuite, on peut en effet compter sur sa famille. Yvan n’est pas venu frapper à ma porte, mais si cela avait été le cas, je l’aurais bien sûr accueilli. » (Le Télégramme, vendredi 25 mars 2022). Il était donc normal qu’ « une dizaine de drapeaux, corses, sardes, basques et bretons flottent au-dessus de la foule massée » devant l’église de Cargèse lors des obsèques (Le Figaro, samedi 26-dimanche 27 mars 2022)
  • Ceux qui doutaient de l’existence d’un « peuple corse » ont compris qu’ils faisaient erreur à l’occasion des obsèques d’Yvan Colonna ; en effet il ne faut pas confondre Corse et Seine-Saint-Denis. Après l’arrivée du corps à l’aéroport d’Ajaccio : « Quelques dizaines de mètres avant le portail d’entrée des pompes funèbres, le cercueil est extrait du corbillard puis est porté en procession par les proches du défunt. Gilles Simeoni, président du conseil exécutif et ancien avocat d’Yvan Colonna, avance avec la foule, empoigne la bière et effectue quelques mètres en relayeur. » (Le Figaro, vendredi 25 mars 2022) Qu’en pense son « collègue » Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne ?

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Une réponse

  1. Cela prouve que de Marine le Pen et du RN, les bretons n’ont rien à attendre. Le RN reste un parti ultra-jacobin. Même si Marine Le Pen est d’origine bretonne par son père, elle n’est vraiment pas bretonne elle-même. Mais je ne suis pas surpris car le FN (ex RN) a dit, il y a quelques années, qu’il voulait carrément supprimer les régions et donc accentuer encore plus le pouvoir centralisé de Paris. Marine Le Pen ne mérite donc pas le vote des bretons mais il est inutile de la conspuer si elle nous rend visite, le mieux est tout simplement de de l’ignorer.

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