Présidentielle. Pourquoi 226 000 électeurs ont-ils été radiés par erreur des listes électorales ?

électeurs

Lors du premier tour de l’élection présidentielle 2022, certains électeurs se rendant aux urnes dimanche 10 avril ont eu la désagréable surprise de constater qu’ils faisaient partie des plus de 226 000 Français radiés des listes électorales. Et, en conséquence, n’ont pas pu voter. L’automatisation de la mise à jour des listes électorales ainsi que de nombreux bugs informatiques pourraient expliquer ce désagrément.

Présidentielle : plus de 226 000 électeurs radiés

En effet, une information rapportée par le quotidien Le Parisien le 17 avril indique que, selon l’Insee, 226 962 électeurs français ont été radiés des listes électorales depuis les élections régionales de 2021. La raison officielle de leur radiation serait la « perte d’attache communale », une qualification que le journal présente comme « fourre-tout » dans son article.

En réalité, ces électeurs auraient été victimes d’une automatisation des listes électorales mais aussi de bugs des logiciels permettant leur fonctionnement.

Face à cette situation, les électeurs privés d’isoloir ont alors la possibilité de saisir les tribunaux de proximité. Il revient ensuite aux juges de ces derniers de prononcer leur réinscription d’office. Cependant, malgré une procédure accélérée pouvant parfois être effectuée le jour même, plusieurs Français n’ont donc pas pu s’exprimer dans les urnes lors du premier tour. Certains d’entre eux attendent désormais qu’une décision de justice soit rendue avant le 24 avril pour enfin avoir le droit de voter à l’occasion du second tour qui opposera Emmanuel Macron à Marine Le Pen.

Radiation des listes électorales : manquements des services municipaux ?

Quant à l’explication de la « perte d’attache communale » pour justifier une radiation des listes électorales, de nombreuses anomalies ont été rapportées par des électeurs à ce sujet. Auprès du Parisien, un homme explique par exemple que sa radiation pourrait être la conséquence de plusieurs déménagements successifs, lesquels ont toutefois eu lieu au sein même de sa commune. Dans le même temps, son épouse n’a quant à elle pas été radiée… Et d »autres cas eux aussi très paradoxaux ont été signalés.

Tout aussi ubuesque, une habitante du Val-de-Marne ayant déposé un permis de construire et payant la cantine dans sa commune s’est également vu radier des listes en raison de cette même « perte d’attache communale ».

Par ailleurs, une radiation peut aussi faire suite au retour d’une carte d’électeur en raison de sa non-réception par son destinataire, ce qui permet de déclarer son titulaire comme étant « non attaché » à sa commune. Un procédé paraissant d’autant plus expéditif qu’il comprend également les potentiels erreurs de la Poste dans la distribution du courrier…

Mais, lorsqu’une telle situation se présente, les services municipaux de la commune concernée sont dans l’obligation de vérifier que l’électeur en question n’a effectivement plus d’attache avec cette dernière avant de procéder à sa radiation des listes électorales. Un processus de vérification dont la plupart des mairies ne s’encombrent pas. Tout comme elles manquent très souvent à leur obligation de notifier aux électeurs déchus leur radiation.

Des bugs du répertoire électoral unique ?

De plus, le répertoire électoral unique (REU), fichier national tenu par l’Insee et instauré en 2019 pour se substituer aux 35 000 listes gérées par les communes, aurait également connu plusieurs dysfonctionnements. Et a exigé des radiations des listes injustifiées sans que des vérifications soient effectuées en conséquence par les services municipaux.

Du côté de l’Insee, on explique que, depuis la mise en place du REU, toute nouvelle inscription d’un électeur « écrase » automatiquement la précédente. Y compris lorsque l’inscription elle-même est une erreur informatique et que l’électeur victime de celle-ci n’a pas déménagé…

L’Insee pointe également des défaillances dans les systèmes informatiques des mairies locales. Sans que davantage de précisions n’aient été communiquées à cette heure. Gageons que les choses rentrent dans l’ordre d’ici dimanche !

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

3 réponses

  1. A quand le vote par internet ou par téléphone ?
    Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il y aura plus de magouilles; il y en a déjà trop !

  2. Quand on ne peux plus conduire suite à maladie et qu’on doive compter sur l’aide d’un tiers pas toujours de sa commune pour se rendre aux urnes, on ne peux que souhaiter la possibilité de voter par internet.
    Ne parlez pas de fraudes possibles : les banques et d’autres sites ont bien réussi à sécuriser leurs relations avec leurs clients et autres interlocuteurs.

  3. la start-up nation !!!
    mackinsey a reçu combien pour piloter la révolution numérique en france !
    bravo, continuez

Les commentaires sont fermés.

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

- Je soutiens BREIZH-INFO -

PARTAGEZ L'ARTICLE !

LES DERNIERS ARTICLES

ARTICLES LIÉS

ABONNEZ VOUS À NOTRE NEWSLETTER

Pas de pubs, pas de spams, juste du contenu de qualité !