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Après près de 6000 détenus libérés lors du premier confinement, et l’arrêt pour plusieurs mois des juridictions, la population pénale française correspondait enfin au nombre de places, et le problème de la surpopulation pénale avait été réglé. Mais comme les causes ne l’ont pas été, les maisons d’arrêt sont à nouveau trop pleines.
Prisons. Surpopulation carcérale : La France, championne d’Europe
Le 28 janvier 2022, le Monde s’intéressait à la surpopulation carcérale, qui est de retour : « le bénéfice de la baisse spectaculaire du nombre de détenus lors du premier confinement a été effacé en 18 mois. La France compte 69.448 personnes incarcérées, soit 11% de plus en un an, mais 1.7% de moins que les 70.651 de janvier 2020 ».
Lors du premier confinement, quelques 6000 personnes ont été libérées, soit en fin de peine, soit trop âgées pour être maintenues sans risque en détention, soit parce que les aménagements de peines – report, transformation de la détention en port du bracelet électronique…ont été plus facilement négociables, et de plus, les juridictions s’étaient arrêtées de longs mois, constituant un stock d’affaires en suspens que les tribunaux ont fini par réduire. La justice n’a pas su saisir cette « chance historique », comme le disait Nicole Belloubet à son successeur au ministère de la Justice Eric Dupont-Moretti, d’avoir autant de détenus que de place – et il faut reconnaître que la population pénale, non plus.
A fin janvier, 12.561 détenus étaient en surnombre, avec des établissements pénitentiaires qui en comptent parfois plus du double par rapport aux places disponibles, comme Bordeaux-Gradignan (728 détenus) et Nîmes (407 détenus). Près de 36 établissements avaient une surpopulation supérieure à 150%.
Si le recours au bracelet électronique a augmenté de 14% en deux ans (13.133 porteurs aujourd’hui), la détention à domicile sous surveillance électronique n’intéresse pas les foules – 1363 personnes étaient concernées fin septembre 2021. Les centres de semi-liberté, eux, ne sont remplis qu’aux deux-tiers de leur capacité, tandis que le nombre de condamnés en semi-liberté s’est effondré d’un cinquième (21%) en deux ans, à 1599 personnes. Parmi les personnes incarcérées, 27% ne sont pas encore jugées.
Certes, des places sont prévues – le premier quinquennat Macron devait permettre d’en construire 7000. Mais il y a du retard, et une partie d’entre eux sont des structures d’accompagnement vers la sortie (SAS), prévues à Osny (95), Meaux (77à, Caen (14) ou encore Orléans (45), qui comme leur acronyme l’indique, sont prévues pour les petites peines, ou les longues peines proches de la date de sortie – il s’agit notamment de les former pour les aider à retrouver un emploi, ainsi qu’un logement, les « sorties sèches » (sans aptitude à un travail, dispositif de réinsertion, ni accompagnement social) étant depuis des années un facteur de récidive clairement identifié.
Quant aux nouvelles maisons d’arrêt de Caen (500 places), Basse-Terre (200 places) ou le centre de détention Troyes-Lavau (490 places), elles vont surtout permettre de fermer des établissements vétustes. Et encore, ces dernières livraisons de places, prévues en 2021-22, attendront en réalité 2024. Il est aussi prévu de rénover la maison d’arrêt de Fresnes (94) et les centrales de Poissy (78) ey Chateau-Thierry, mais les budgets pour ce faire ne sont même pas encore arrêtés.
Tandis que le laxisme de la justice de Nantes est devenu proverbial, derrière les murs de la maison d’arrêt, les surveillants n’ont pas cette impression : « on nous envoie du monde à flux continu, et dans les autres maisons d’arrêt de la DI [direction interrégionale, dont le siège est à Rennes] aussi. Certes, il y a une délinquance impressionnante à Nantes, mais on constate aussi beaucoup de profils liés aux violences familiales, et comme pour ça il n’y a aucune tolérance, on nous rempli nos cellules », constate un surveillant, qui poursuit. « Cela dit, vu le taux de récidive pour ces faits et tous les autres, il est peu probable que la prison soit une solution, sauf pour les carrières des magistrats qui ont des objectifs à remplir, et beaucoup d’amour-propre ».
Louis Moulin
Crédit photo : DR
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Une réponse à “Prisons en France : le retour de la surpopulation carcérale, sans rémission”
fakeniouze ! la surpopulation carcérale n’est qu’un sentiment que les gaulois réfractaires ont:
https://damocles.co/stop-justice-laxiste/
la loi permet de vider les prisons assez rapidement