Santé mentale. Une étude sur les Français et le parcours de soins dédiés.

Comment les Français perçoivent-ils le parcours de soin lié à leur santé mentale ? Dans un contexte de dégradation globale de la santé mentale, Livi (téléconsultation) et l’Institut YouGov ont sondé un panel de Français de plus de 18 ans sur leur vision des professionnels et l’accès aux soins psychologiques. 

  • 53 % des Français pensent que le médecin généraliste est une étape indispensable pour pouvoir consulter un psychologue 
  • 28 % pensent que les psychologues sont des médecins 
  • 1 Français sur 2 estime que la téléconsultation serait un bon moyen pour favoriser l’accès aux soins en santé mentale

Méthodologie : le 25 avril 2022, YouGov Direct a interrogé 500 Français âgés de plus de 18 ans, représentatifs de la population française. 

Méconnaissance des professions et de l’accès aux soins pour la santé mentale 

53% des individus interrogés pensent que le médecin généraliste est une étape indispensable pour pouvoir consulter un psychologue. « Ce n’est pas le cas, indique Maxime Cauterman, spécialiste en santé publique et médecine sociale et Directeur médical chez Livi. Chacun est libre de consulter un psychologue qui aura un rôle de conseil pour des personnes en souffrance psychologique sur des sujets tels que l’anxiété, l’estime de soi ou les situations conflictuelles en apportant un regard extérieur et professionnel pour se poser les bonnes questions et avancer. Néanmoins, depuis le lancement du dispositif MonPsy le 5 avril dernier, qui concerne plusieurs centaines de psychologues en France, le remboursement des séances auprès de ces praticiens n’est possible que si les soins ont été prescrits par un médecin généraliste, ce qui a pu causer une confusion chez les répondants. » 

Ils sont également 28% à indiquer que les psychologues peuvent prescrire des médicaments et sont docteurs en médecine. Cette dernière affirmation est notamment évoquée chez les jeunes 18-34 ans (33%). « Il faut rappeler que psychologues et psychiatres ont une formation différente et ont des rôles souvent très complémentaires. Le  psychologue en tant qu’expert du comportement et des émotions, accompagne les patients au travers de diverses thérapies. En revanche, en qualité de médecin, le psychiatre peut poser des diagnostics et prescrire des médicaments comme des antidépresseurs ou anxiolytiques. »  

D’ailleurs, pour 35% des interrogés, le psychiatre prescrit systématiquement des médicaments. « C’est un abus de langage dans la mesure où le psychiatre pratique aussi toutes formes de thérapies non médicamenteuses, selon ses orientations et les besoins du patient.. Psychologue et psychiatre sont deux  titres reconnus par un diplôme d’Etat. » 

Le tarif des praticiens : principal frein pour aller consulter

Et si la méconnaissance du rôle des praticiens fait clairement partie des freins à la consultation pour 21% des interrogés, d’autres paramètres impactent plus nettement le fait de sauter le pas ou non. Ainsi, 54% des répondants indiquent que le tarif est le premier frein qui dissuade de consulter un professionnel de santé. Un paramètre particulièrement évoqué chez les 18-34 ans (58%). Les autres principaux freins à la consultation concernent le doute sur l’efficacité d’une thérapie (33%) et la peur de se livrer (22%). Ce dernier frein est également particulièrement mis en avant chez les 18-34 ans (32%).

« Dans un contexte où les Français montrent de plus en plus de signes d’un état dépressif, en lien notamment avec la crise sanitaire, la réponse des autorités de santé s’organise. Les assises de la santé mentale fin 2021 ont contribué à faire émerger de nouvelles solutions. Et le jeune public est particulièrement concerné, ce qui demande une mobilisation collective. L’OMS en mars pointait un risque plus élevé de comportements suicidaires chez les jeunes depuis la pandémie. Un aspect confirmé par Santé Publique France dans une note en avril qui fait état d’un niveau élevé des passages aux urgences pour geste suicidaire, idées suicidaires et troubles de l’humeur chez les jeunes, dès 11 ans. »

Près d’un Français sur 2 favorable au développement de la téléconsultation pour favoriser l’accès aux soins en santé mentale

Parmi les outils permettant de favoriser l’accès aux soins en santé mentale, l’usage du numérique est plébiscité. C’est ainsi que près d’un Français sur 2 (47%) pense que le développement de la téléconsultation serait un bon moyen pour aider à sauter le pas. 

« Globalement, le numérique peut apporter une réponse rapide aux problématiques liées à la santé mentale qu’il s’agisse de l’accès aux praticiens ou de l’orientation des patients vers le bon professionnel. Il existe des signes positifs comme les investissements gouvernementaux avec la stratégie d’accélération Santé numérique, dotée de 650 millions d’euros et le renforcement de l’offre en santé mentale chez les acteurs de la téléconsultation. Il est désormais possible de proposer un suivi thérapeutique en ligne aux personnes se trouvant dépourvues de solutions d’accompagnement psychologique dans leur zone d’habitation ou pour une personne qui éprouve des difficultés à sortir de chez elle pour suivre un traitement thérapeutique adapté à sa pathologie, et donc les réaliser à domicile où elle se sent davantage en sécurité. La téléconsultation en santé mentale a aussi l’objectif de lever les blocages concernant l’appréhension à se faire accompagner par un professionnel et la reconnaissance d’un mal-être et favorise souvent la libération de la parole. En outre, la prise en charge peut aller au-delà de la seule téléconsultation avec le développement des  thérapies digitales pour une meilleure prise en charge de la santé mentale» 

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

- Je soutiens BREIZH-INFO -

PARTAGEZ L'ARTICLE !

LES DERNIERS ARTICLES

ARTICLES LIÉS