Santé. Une anxiété en hausse, avec des conséquences dévastatrices [Vidéo]

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L’anxiété est un mal qui sévit de plus en plus en France, où un quart de la population se disait récemment touché. Ce phénomène est à prendre au sérieux puisqu’il peut avoir des conséquences graves sur la santé mentale et la vie professionnelle.

Anxiété : de plus en plus de personnes touchées

La crise sanitaire du Covid-19 n’aura pas contribué à améliorer la situation… En France comme aux États-Unis, nombreuses sont les personnes à se déclarer anxieuses. Un constat qui n’est pas à prendre à la légère puisque l’anxiété et la dépression sont deux troubles mentaux graves susceptibles d’avoir un impact sérieux non seulement sur la santé mentale, mais aussi sur la vie professionnelle et bien d’autres d’autres aspects du quotidien.

En France, au mois de décembre 2022, un quart de la population (24%) se disait anxieux. En même temps, un sondé sur six (17%) reconnaissait des signes d’un état dépressif. Au total, plus de quatre Français sur dix étaient concernées (41%), soit une proportion en hausse par rapport aux niveaux observés avant la pandémie.

Outre-Atlantique, une étude menée au début de ce mois de mai par les National Institutes of Health (instituts américains de la santé) rapportait que 31 % des adultes américains étaient victimes d’anxiété.

Le phénomène n’est pas nouveau puisqu’une étude réalisée en 2021 sur l’augmentation de l’anxiété et de la dépression chez les jeunes adultes aux États-Unis indiquait que la prévalence de ces deux troubles avait considérablement augmenté depuis le milieu du XXe siècle. L’une des populations les plus à risque est celle des jeunes adultes, à savoir les individus âgés de 18 à 30 ans, chez qui l’anxiété et la dépression  ont connu une hausse de 63 % entre 2005 et 2017.

En 2007 justement, une autre étude américaine a rapporté que les individus âgés de 18 à 25 ans étaient ceux qui déclaraient le plus grand nombre d’épisodes dépressifs (13 %) par rapport aux personnes plus âgées (7,7 % et 4,7 %). En 2016, 23 % des citoyens américains adultes ont déclaré avoir reçu un diagnostic de santé mentale, ce qui représente un taux élevé par rapport à d’autres pays à revenu élevé tels que le Canada (20 %), la Nouvelle-Zélande (13 %), le Royaume-Uni (11 %), l’Allemagne (9 %) et la France (4 %).

anxiété

Proportion d’adultes déclarant avoir reçu un diagnostic de santé mentale. Source : ballardbrief.byu.edu

Quelles causes pour expliquer cette anxiété ?

Pour expliquer cette anxiété davantage présente chez les Américains, l’étude précédemment évoquée souligne que les causes seraient multiples. En avançant cependant que les principaux facteurs y contribuant sont, entre autres, un temps passé sur les réseaux sociaux plus important, l’augmentation de l’isolement social ou encore le stress scolaire. En 2019, 22,1 % des étudiants américains ont ressenti une très forte anxiété quand 19,7 % se disaient déprimés.

Source : ballardbrief.byu.edu

Parmi les causes, mentionnons également le stress économique. En 2019 toujours, 36,9 % des étudiants américains ont déclaré que les inquiétudes liées à leurs finances étaient « traumatisantes ou très difficiles à gérer ». L’endettement universitaire, le début de carrière et éventuellement la première accession à la propriété peuvent s’avérer être une transition mentalement éprouvante pour les jeunes adultes récemment diplômés de l’université. Actuellement, aux États-Unis, il y aurait 44 millions d’emprunteurs de prêts étudiants, et 1 emprunteur sur 15 d’un groupe échantillon de cette population a envisagé de se suicider à cause de ses emprunts étudiants.

En parallèle, une autre étude a révélé que les jeunes adultes en proie à des difficultés financières sont 10 % plus susceptibles de souffrir d’anxiété et de dépression et risquent davantage d’avoir des pensées suicidaires que la moyenne des citoyens américains.

D’autres voix font entendre que cette hausse des cas d’anxiété et de dépression serait due à une plus grande sensibilisation, mais les recherches et les preuves à ce sujet sont limitées.

D’autre part, puisque les mots ont un sens, un trouble dépressif majeur est défini par des sentiments permanents de tristesse et de désespoir, associés à une perte d’intérêt pour les activités habituellement appréciées, qui peuvent perturber la vie normale et entraîner divers problèmes physiques et émotionnels.

Quant aux troubles anxieux, ils désignent une catégorie de troubles mentaux impliquant des épisodes répétés de sentiments soudains et intenses d’anxiété et de peur ; cette catégorie englobe les troubles anxieux généralisés, mais aussi d’autres affections telles que les phobies spécifiques, les troubles paniques et les troubles obsessionnels compulsifs.

Des conséquences parfois désastreuses

Quant aux conséquences de ces maux, ceux-ci ont un impact négatif sur les résultats scolaires et professionnels des jeunes adultes tout comme ils ont poussé de nombreuses personnes vers la toxicomanie et l’alcoolisme ainsi qu’à un niveau élevé de suicides…

Concernant ce dernier point, sur les plus de 47 000 personnes décédées par suicide en 2019 aux États-Unis, 90 % souffraient d’une maladie mentale pouvant être diagnostiquée. Bien que ce chiffre comprenne également les troubles de l’humeur et de la personnalité ne relevant pas de l’anxiété et de la dépression, le suicide reste largement répandu chez les jeunes adultes diagnostiqués avec ces deux troubles. En 2019, 13,3 % des étudiants américains ont déclaré avoir sérieusement envisagé de se suicider et 2,0 % ont déclaré avoir tenté de le faire.

De plus, selon l’enquête épidémiologique nationale sur l’alcool et les conditions connexes (National Epidemiologic Survey on Alcohol and Related Conditions) réalisée en 2010, 70 % des personnes ayant déclaré avoir déjà tenté de se suicider souffraient d’un trouble de l’anxiété. À noter par ailleurs que le nombre de suicides a augmenté de 30 % aux États-Unis entre 2000 et 2016…

Pour ce qui est de l’impact de l’anxiété de la dépression sur les performances scolaires et professionnelles, une étude a montré que 92 % des étudiants souffrant de dépression modérée à sévère présentaient des signes de difficultés scolaires (ils étaient plus susceptibles de manquer les cours, d’avoir de moins bonnes notes et d’avoir des problèmes interpersonnels importants à l’école). Les chercheurs ont également constaté qu’une dépression plus sévère est corrélée à un niveau de déficience plus élevé.

Les performances professionnelles peuvent également être affectées par les troubles de l’humeur et de l’anxiété. De nombreux jeunes adultes souffrant de dépression déclarent avoir des difficultés à trouver et à conserver un emploi, car la dépression sur le lieu de travail est associée à l’absentéisme et à une baisse de la productivité.

Enfin, de nombreux jeunes adultes américains se tournent vers l’alcool ou la drogue pour gérer leurs problèmes de santé mentale ou pour réduire les effets secondaires négatifs des médicaments psychiatriques. Selon le National Bureau of Economic Research (organisme privé américain de recherche spécialisé dans les sciences économiques), 69 % de l’alcool et 84 % de la cocaïne consommés aux États-Unis le sont par des personnes qui ont été diagnostiquées comme souffrant d’une maladie mentale à un moment donné de leur vie.

Du côté de l’Anxiety and Depression Association of America, on indique que 20 % des Américains souffrant d’un trouble de l’anxiété ou de l’humeur se tournent vers l’abus de substances pour soulager leurs symptômes.

Crédit photo : Pixabay (Pixabay License/fotorech) (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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Une réponse à “Santé. Une anxiété en hausse, avec des conséquences dévastatrices [Vidéo]”

  1. patphil dit :

    au lieu d’avoir peur, allez voter

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