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La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage…. et la démocratie c’est museler l’opposition. C’est un gouvernement illégitime qui interdit une manifestation légitime. Cela s’est déroulé la semaine dernière en Italie, quand, à cinq jours de la protestation visant à dénoncer l’œuvre désastreuse du gouvernement de Mario Draghi prévue pour le samedi 28 mai, le mouvement politique Casapound recevait une notification de la préfecture lui signalant l’interdiction de manifester.
Le motif invoqué est ubuesque et représente un dangereux précédent pour la liberté d’expression en Italie : pour pouvoir autoriser la contre-manifestation à la manifestation, la manifestation de protestation originelle est interdite (n’ayez pas honte de relire la phrase si vous n’avez pas compris).
L’autre motivation reportée dans la lettre proviendrait d’un fantasmagorique tract (en fait elle reprendrait le tweet d’un sympathisant) citant “Qui ne participe pas à la manifestation est un Berizzi !”, du nom d’un journaliste obsédé par les droites radicales qui multiplie les demandes de censure partout où les opinions formulées lui déplaisent. La préfecture aurait retenu cette phrase pour invoquer une “menace” et interdire le cortège. On comprend aisément la dangerosité de la manœuvre. Si les autorités commencent à éplucher et retenir valides toutes les idioties publiées sur les réseaux sociaux, provenant qui plus est de personnes seulement proches des mouvements de dissidence, c’est la porte ouverte à toutes les dérives et les censures possibles et inimaginables.
Les raisons susmentionnées, nous l’aurons compris, n’étaient que prétextes, le véritable obstacle émanant des pressions politiques du Partito Democratico, qui n’accepte aucune opposition au gouvernement dont il fait partie. “Parti Démocratique” un nom tout choisi…
Casapound a toutefois décidé de défier les autorités en maintenant la protestation, organisant un sit-in dans la rue à peu de distance de la manifestation qui devait avoir lieu, en bas de l’immeuble qu’il occupe depuis 2003. De grandes banderoles ont été déployées, que nous traduisons ici : Voici pourquoi Casapound n’a pas le droit de manifester : 1.384.000 pauvres de plus, 10.000 entreprises en faillites, 30% d’augmentation du prix du pain, essence, lumière et gaz, 58ème place pour la liberté de la presse.
Le tout appelant à la démission de Mario Draghi, énième Président du Conseil des ministres imposé par les oligarchies, le peuple italien étant explicitement présumé incapable de choisir ses représentants par les urnes depuis 2011.
Plusieurs centaines de personnes, arborant des drapeaux tricolores italiens et autres banderoles “Ni Russie Ni Otan” y ont participé et ont pu écouter les discours du Président de Casapound Gianluca Iannone dénonçant le climat délétère qui règne dans le pays, de Sergio Filacchioni, responsable du mouvement estudiantin Blocco Studentesco, qui a rappelé les coupes budgétaires de bien 4 milliards d’euros dans l’éducation nationale et les conditions déplorables de l’instruction italienne, et enfin de Luca Marsella, porte-parole de Casapound, qui a souligné le silence des droites et autres partis d’opposition (Lega et Fratelli d’Italia in primis) quant au déni de liberté d’expression, rappelant que “la censure attaquera quiconque n’est pas aligné sur la pensée unique” et qualifiant de liquidateur le Premier Mario Draghi employé à vendre au rabais la nation.
Pendant ce temps-là, Goldman Sachs, la fameuse banque déprédatrice impliquée, entre autres, dans la faillite de la Grèce et l’effondrement boursier de 2008, dont Mario Draghi fut de vice-président pour l’Europe entre 2002 et 2005, tonnait “Les élections politiques [italiennes] de 2023 sont un risque pour l’Italie. Si la droite gagnait, les marchés puniraient le pays.”
Au moins, c’est dit.
Audrey D’Aguanno
Crédit photo : DR
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Une réponse à “Rome. Malgré la répression, Casapound a manifesté pour réclamer la démission du gouvernement Draghi”
en italie aussi, la liberté d’expression est réservée aux bien pensants