Portugal. Entretien avec André Ventura, le dirigeant du parti politique Chega.

Breizh-Info s’arrêtera le 31 décembre s’il manque 60 000 euros

Depuis 2013, vous lisez Breizh-Info gratuitement. Le journal ne vit que de ses lecteurs : sans votre soutien d’ici la fin de l’année, il n’y aura pas de Breizh-Info en 2027.

19 000 € réunis sur 60 000 € (32 %) — il manque encore 41 000 €.

Publicité

Donner par PayPal
Virement ou chèque

Lire l’appel en entier

Chers lecteurs, chères lectrices,

Les caisses de Breizh-Info sont vides. Pour tenir une année de plus, il nous faut 60 000 euros avant le 31 décembre. Si cette somme n’est pas réunie, le site cessera de paraître, 13 ans après sa fondation.

Depuis 2013, Breizh-Info vous informe chaque jour, en accès libre : des articles, des enquêtes, des entretiens, une revue de presse quotidienne, et une voix bretonne qui dit ce que la presse installée tait ou travestit.

Pas un euro d’argent public

Pendant que les grands titres de la presse encaissent chaque année les aides publiques, Breizh-Info fonctionne sans subvention d’État, sans milliardaire actionnaire et sans la manne publicitaire des grands groupes. Cette indépendance a un prix : nous ne dépendons que de vous. Quand les dons ne suivent pas, personne ne vient combler le trou.

60 000 euros d’ici le 31 décembre

Cette somme correspond à une année de fonctionnement du journal, ni plus ni moins. Si chaque lecteur attend que les autres donnent, personne ne donnera. 2 minutes suffisent, ce soir plutôt que la semaine prochaine. 10 euros, 50 euros, 100 euros, 1 000 euros : chaque don compte. Et si vous le pouvez, optez pour un virement mensuel : c’est ce qui permet au journal de voir plus loin que le mois suivant.

Comment donner

PayPal : faire un don en ligne ([email protected])

Virement (mensuel si possible), à l’ordre de ASPA (pour Breizh Information)
IBAN : FR76 1220 6004 0056 0172 3120 604

BIC : AGRIFRPP822

Chèque à l’ordre de Breizh Information : BP 201, 29834 Karaez/Carhaix Cedex

Publicité

André Ventura est le dirigeant du parti nationaliste portugais Chega (Ça suffit), qui compte 12 députés. Il a été candidat à l’élection présidentielle portugaise de 2021 et a obtenu près de 12 % des voix. Lionel Baland l’a rencontré pour Breizh-info.

Breizh-info : Votre parti a percé électoralement au Portugal alors que cela ne semblait pas du tout évident au départ. Comment expliquez-vous ce résultat ? 

André Ventura : Oui, de nombreuses personnes ont pensé que cela n’arriverait pas. Nous sommes désormais le troisième parti du Portugal, derrière les socialistes et les sociaux-démocrates et nous espérons devenir très rapidement les deuxièmes.

La raison de ce succès est que la population n’est pas contente. Elle est en colère à propos de différentes choses qui se sont déroulées au cours de la dernière décennie au Portugal : la corruption, les bas salaires en comparaison avec d’autres pays et les conditions économiques. Les Portugais se rendent comptent que des pays de l’Est, qui ont rejoint l’Union Européenne nettement plus tard que le Portugal, connaissent une croissance économique plus rapide et plus forte que celle de ce dernier. Les gens tiennent les partis du système, les socialistes et les sociaux-démocrates qui ont dirigé alternativement les gouvernements successifs, pour responsables de cette situation. Le peuple désire un changement réel et cela explique pourquoi Chega a un si bon impact auprès de la population et croît tant.

Breizh-info : Le Portugal rencontre-t-il un problème d’immigration ? 

André Ventura : Nous en avons un, mais il n’est pas, par exemple, comparable à celui que connaît la France. Nous sommes passés du pays d’émigration, que nous avons été durant des décennies, à un pays d’immigration.

Nous ne sommes pas opposés à toute immigration et aux immigrants. Nous désirons que les personnes qui viennent travaillent, payent leurs impôts et prennent part à notre vie commune et ne détruisent pas notre culture et ne vivent pas des allocations de la sécurité sociale émanant de l’État et des contribuables.

Des menaces existent. Ainsi, le Portugal a été, l’année dernière, le deuxième pays au monde dans le fait d’accorder la citoyenneté à des étrangers. Cela constitue un problème. De nos jours, le Portugal reçoit des milliers de personnes, et maintenant plus de gens issus d’Ukraine et d’autres pays d’Europe de l’Est. Nous devons être intelligents et discuter de la manière de les accueillir afin d’avoir une société qui vit en harmonie et pas en conflit entre communautés, constituées d’une part de minorités et d’autre part de la majorité de la population.

Breizh-info : Avec quels partis politiques d’autres pays désirez-vous être alliés ? 

André Ventura : Nous sommes membres d’Identité et Démocratie et nous désirons le rester. Attendons de voir ce qui se passe en matière de reconstruction de la droite en Europe, entre les conservateurs et Identité et Démocratie. Nous espérons faire élire plusieurs députés européens lors du prochain scrutin. Nous sommes contents d’être membres d’Identité et Démocratie, nous combattons pour Identité et Démocratie et nous sommes à l’aise avec cela.

Breizh-info : Et vous entretenez de bonnes relations avec Vox en Espagne ? 

André Ventura : Oui. Le dirigeant de Vox Santiago Abascal et moi-même avons de bonnes relations. De plus, nos partis respectifs ont des rencontres en commun. Cela, alors que Vox est chez les conservateurs – de l’ECR, les Conservateurs et réformistes européens – et que nous appartenons à Identité et Démocratie. Nous sommes très similaires en termes de croissance et de message, car les problèmes portugais sont, dans un certain nombre de domaines, les mêmes que ceux rencontrés par les Espagnols. C’est pourquoi nos deux partis ont connu une telle croissance au cours des deux ou trois dernières années.

Breizh-info : Au Portugal, avec quel parti désirez-vous prendre part au gouvernement du pays ? 

André Ventura : La situation est difficile. Les sondages le montrent : même les meilleurs d’entre eux établissent que nous devons aller au pouvoir en coalition avec le Parti social-démocrate – de centre-droit. Nous avons déjà déclaré que nous sommes prêts à prendre part à un tel gouvernement mais avec des préconditions : la réforme de la justice, du système de taxes et du système politique.

Si le Parti social-démocrate est disponible afin de s’asseoir, de parler et de discuter de telles réformes, peut-être pouvons-nous alors négocier une coalition en vue des prochaines élections législatives et ensuite former un gouvernement. Sinon, ce parti ne disposera pas d’une majorité pour soutenir son gouvernement. Il n’y aura pas de majorité à droite sans nous et nous ne serons pas membres de l’exécutif. Ces réformes que nous proposons sont celles dont le Portugal a besoin : lutte contre la corruption, réforme fiscale, réforme politique, ainsi qu’un certain contrôle de l’immigration.

Breizh-info : Quand avez-vous fondé votre parti politique, Chega ? 

Chega a été fondé en 2018. La plupart des dirigeants sont issus du Parti social-démocrate. Donc, ce sont des personnes provenant de ce parti qui ont créé Chega. Nous avons ensuite trouvé notre place au sein de l’espace politique. En quatre ans, nous sommes passés de rien à la septième place, puis nous sommes désormais devenus les troisièmes et nous désirons être les premiers dans quatre ans.

Breizh-info : Avez-vous accès aux médias au Portugal ? 

Au début, non. Mais comme nous sommes devenus la troisième force politique du pays, nous sommes désormais acceptés dans les médias, mais souvent ceux-ci sont hostiles à notre encontre. Mais désormais nous recevons le temps qui doit nous être normalement attribué en fonction des résultats électoraux que nous avons décrochés.

Au début, cela a été difficile car nous étions très fortement boycottés, tant à propos de notre message que de nos activités.

Breizh-info : Entretenez-vous des relations spéciales avec le Brésil, pays au sein duquel le portugais est parlé ? 

Oui, à cause de notre histoire et de notre langue, mais aussi en Afrique lusophone. Nous avons de très bonnes relations avec le président brésilien Jair Bolsonaro et avec son gouvernement. 

Propos recueillis par Lionel Baland

Illustrations  : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Une réponse à “Portugal. Entretien avec André Ventura, le dirigeant du parti politique Chega.”

  1. patphil dit :

    un politique qui veut lutter contre la corruption !!!

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

Politique

Jordan Bardella, les infortunes d’un dauphin

Economie, Tribune libre

Tribune libre. Pourquoi il ne faut plus parier contre le yen

Culture, Culture & Patrimoine

Raconter sa vie sans écrire une ligne : l’IA au service de la mémoire familiale

Politique

20 ans sans référendum : un essai propose aux candidats à la présidentielle 4 ou 5 consultations par mandat

Sociétal

Liechtenstein : le prince héritier oppose son veto à la légalisation de l’avortement

Sociétal

Les Français fatigués et saturés de l’information : une étude intéressante, une lecture très orientée

Football, Sport

Ligue 1 : adidas aux pieds de près d’un joueur sur 2, le maillot du PSG dépasse les 140 euros

Changement d'heure

Sociétal, Vie Pratique

Changement d’heure : cette nuit, une heure gagnée, une réforme toujours bloquée

Informatique

Comment repérer et supprimer les fichiers inutiles sur votre Mac sans supprimer ce qu’il ne faut pas

breizh

Sociétal

Autonomie, fédéralisme, langues : ce que veulent vraiment les Français, région par région

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

International

Le Yémen, ou les limites de la puissance militaire

Découvrir l'article

Football, Sport

Messi en majesté, Ronaldo par la petite porte : 2 adieux qui n’ont rien en commun

Découvrir l'article

International

Pétrole à plus de 100 dollars : de Djakarta à Lisbonne, la colère de la rue s’étend

Découvrir l'article

Sociétal

Le Portugal interdit le voile intégral : une loi symbole pour masquer une frontière qui ne se ferme pas

Découvrir l'article

Culture, Culture & Patrimoine, Histoire

Magellan, Elcano et le premier tour du monde : la série espagnole Sans Limites, qui manque de souffle mais vaut le détour

Découvrir l'article

Football, Sport

Mondial 2026 : Belgique et Espagne se retrouveront en quarts après deux huitièmes contrastés

Découvrir l'article

Football, Sport

Coupe du monde 2026 : le Portugal, l’Espagne et la Suisse en huitièmes, mais la VAR a encore tué le football

Découvrir l'article

A La Une, International

Quand des universitaires bruxellois classent un quart des électeurs européens à « l’extrême droite »

Découvrir l'article

Football, Sport

Coupe du monde 2026 : la Colombie et le Portugal foncent vers les seizièmes, l’Angleterre cale, la Croatie se relance

Découvrir l'article

Football, Sport

Mondial 2026 : Modric et Ronaldo, la tournée d’adieu de trop, pendant que Colombie et Ghana gagnent sans convaincre

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.