Noël Le Graët, ambassadeur de Bretagne à Paris

L’Agence régionale de santé de Bretagne avait chargé l’expert Bruno Rossetti de pondre un rapport sur l’évolution de l’organisation des hôpitaux dans l’ouest des Côtes-d’Armor. Rossetti préconise en particulier la fermeture de la maternité de Guingamp et de son activité de chirurgie conventionnelle. Réaction de Vincent Le Meaux (PS), président de Guingamp-Paimpol agglomération, quelques jours plus tôt : « On reste toujours sur le scénario d’une fermeture de la chirurgie la nuit avec, par voie de conséquence l’impossibilité d’accoucher à Guingamp et un dispositif d’urgence qui me laisse pantois » (Ouest-France, Bretagne, jeudi 7 juillet 2022). Mais les miracles n’existent pas qu’à Lourdes. En effet il faut compter avec l’homme « fort » de Guingamp, Noël Le Graët, qui a le « bras long ». «  J’ai contacté Emmanuel Macron par SMS, mercredi 6 juillet, dans lequel je demandais si je pouvais lui téléphoner. Il m’a recontacté ce samedi 9 juillet. Le Président a pris le dossier en mains et m’a assuré que la maternité ne fermera pas. », explique le président de la Fédération française de football (Ouest-France, Bretagne, lundi 11 juillet  2022). « J’ai la possibilité de me battre pour le maintien de la maternité, ça me paraît logique d’œuvrer pour cela. J’assume de m’en mêler », poursuit celui qui fut maire de Guingamp de 1995 à 2008 (Le Télégramme, Bretagne, lundi 11 juillet 2022). Noël Le Graët veut également croire que le personnel soignant qui manque cruellement à Guingamp sera bientôt recruté. « C’est un message d’espoir que je veux donner ». Conclusion : pour les questions importantes, inutile de s’adresser à Philippe Le Goff (PS), maire de Guingamp, ou à Murielle Lepvraud (LFI), député de la circonscription ; il est préférable de téléphoner à quelqu’un qui possède des relations au plus haut niveau et dont le poids politique est important. D’autant plus que le président de la République n’a rien à refuser au président de la Fédération française de football.

Du personnel, des moyens, des crédits

En cas d’ouverture d’une ambassade de la Bretagne à Paris, Noël Le Graët semble tout désigné pour devenir le premier titulaire du poste. Avec lui, les affaires seraient rondement menées. On peut déjà lui transmettre quelques dossiers à traiter sans tarder. L’hôpital de Saint-Nazaire où « la situation est catastrophique », selon la CGT ; « maintenant, c’est de la gestion à la petite semaine », souligne Bernard Sculo, secrétaire du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (Ouest-France, Saint-Nazaire, mercredi 13 avril 2022). Le CHU de Nantes où le service des urgences accueille quotidiennement 225 patients, mais faute de lits d’hospitalisation, le service est saturé. En visite, François Braun, ministre de la Santé, explique : « Ma méthode, c’est d’aller sur le terrain, d’aller voir ce qui fonctionne bien, les innovations que l’on peut dupliquer, mais aussi ce qui ne va pas ». Olivier Terrien, élu CGT, lui répond : « Cette visite, c’est de la com. Le diagnostic est posé depuis longtemps. Nous, ce qu’on attend, c’est le traitement, donc des moyens. Et il y a urgence » (Presse Océan, jeudi 4 août 2022). « Urgences fermées de 19 h à 8  h 30 », voilà l’affiche  que les patients qui se rendent à l’hôpital d’Ancenis peuvent lire sur la porte du service (Ouest-France, Loire-Atlantique, lundi 18 juillet 2022). « Aujourd’hui, on en est à 63 lits fermé, dont 8, depuis le 16 mai, en soins intensifs de cardiologie et 9 en médecine polyvalente de gériatrie. On a 20 lits fermés en orthopédie, 15 lits sur 30 en neurochirurgie depuis le 1er avril et 8 en chirurgie thoracique cardiaque », annonce Yoann Rouvière, infirmier et délégué CGT au CHU de Nantes (Presse Océan, mercredi 25 mai 2022). A Carhaix, la situation demeure incertaine. L’annonce de la fermeture du service de soins pour la période estivale avait provoquée de vives réactions, à tel point que Olivier Véran, alors ministre de la Santé, avait assuré que le service « restera ouvert » grâce à une « réorganisation temporaire des activités ». « En 2022, ne soyons pas dupes. Si les syndicats ont rappelé qu’une petite victoire a été obtenue, le pire est à craindre après les élections législatives », assure Christian Troadec (régionaliste de gauche), maire de Carhaix (Ouest-France, Bretagne, mardi 10 mai 2022). On peut évoquer également la situation au service des urgences du CHU de Rennes. Mardi 12 juillet, mercredi 13 et jeudi 14, « nous avions beaucoup de patients aux urgences qui devaient patienter dans les couloirs faute de leur trouver des lits d’hospitalisation. Certains ont dû attendre quarante-huit heures », souligne le docteur Etienne Paulhet (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, lundi 18 juillet 2022). Voilà quelques dossiers, parmi bien d’autres en Bretagne, que Noël Le Graët – ambassadeur efficace – pourrait présenter au président de la République.

Bien sûr, l’hôpital de Saint-Nazaire « est sous tension, parce qu’il souffre en termes d’effectifs », souligne Hervé Carro, qui était candidat de l’UDB aux élections législatives dans cette circonscription. Mais ce régionaliste a forcément des propositions qui sortent de l’ordinaire : « confier à la Région la responsabilité des politiques de santé et faire de l’ARS un établissement public régional, dépendant des élus et non de l’Etat, associant les représentants des usagers » (Ouest-France, Saint-Nazaire, 4-5 juin 2022). Effectivement, ce n’est pas aux bureaux parisiens de décider s’il faut fermer l’hôpital de Carhaix. Responsabilité qui revient aux élus bretons… et aux contribuables bretons. Au conseil régional, on raisonnera ruralité et équilibre du territoire et pas forcément ratios. 

Bernard Morvan

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