Nouvelle-Zélande. Une pétition pour changer le nom du pays afin de « gommer le traumatisme de la colonisation »

Nouvelle-Zélande

Le nom de Nouvelle-Zélande sera-t-il bientôt rayé de la carte ? Le parti représentant les Polynésiens autochtones du pays a lancé une pétition pour que le nom maori « Aotearoa » soit adopté à la place.

La Nouvelle-Zélande, un nom à connotation trop coloniale ?

La Nouvelle-Zélande pourrait reprendre dans le futur son nom maori, à savoir « Aotearoa » (à prononcer au-te-ah-ro-uh). C’est ce que réclame une pétition lancée par Te Pāti Māori (signifiant « le parti maori », représentant les Polynésiens autochtones de Nouvelle-Zélande) en septembre 2021 et qui a désormais recueilli 70 000 signatures.

Dans ce pays d’un peu plus de 5 millions d’habitants, ce nombre de signatures serait suffisant pour obliger le Parlement néo-zélandais à examiner officiellement cette proposition, qui a été présentée pour la première fois l’année dernière. Puis, dans un second temps, elle pourrait être votée ou soumise à un référendum.

Par ailleurs, le parti maori a également demandé au Parlement de rétablir les noms maoris originaux de toutes les « villes, cités et monuments » du pays d’ici 2026.

Dans une interview accordée à la radio américaine de service public NPR, la députée Debbie Ngarewa-Packer, co-dirigeante du parti Te Pati Maori, a déclaré que ces changements de noms devraient « nous permettre, non seulement de récupérer notre langage, mais aussi de gommer un peu du traumatisme de la colonisation ».

Les co-leaders du parti maori, Rawiri Waititi et Debbie Ngarewa-Packer. Source : npr.org

Quelle origine au nom de « Nouvelle-Zélande » ?

La diffusion de cette pétition est l’occasion de se pencher sur ce nom de « Nouvelle-Zélande ».  Ainsi, le pays est devenu une colonie britannique au milieu du XIXe siècle, mais Abel Tasman, un explorateur néerlandais, est considéré comme le premier Occidental à avoir posé le pied sur cette île du Pacifique Sud.

Il l’a nommée « Staten Landt » (« le pays des États », en néerlandais). ) en 1642. Par la suite, le territoire est rebaptisé « Nova Zeelandia » par les cartographes néerlandais, en référence à la Zélande, la province la plus occidentale des Pays-Bas. Puis cette « Nieuw Zeeland » deviendra « New Zealand » une fois le pays tombé aux mains de l’empire britannique en 1840.

Quant à l’origine du nom « Aotearoa », le média australien The Conversation rapporte que, selon les travaux d’un groupe d’universitaires de l’université néo-zélandaise de Waikato, l’origine précise de ce nom, qui se traduit communément par « long nuage blanc » ou « long monde lumineux », n’est pas connue.

Certains éléments indiquent qu’il est utilisé depuis longtemps. Sir George Grey a utilisé « Aotearoa » dans ses écrits en 1855 et 1857, il est mentionné dans les journaux en langue maori, et le Māori Legal Corpus, qui est une collection numérisée de milliers de pages de textes juridiques couvrant une période s’étendant de 1829 à 2009, mentionne « Aotearoa » 2 748 fois.

58 % de Néo-Zélandais favorables au maintien du nom actuel

Il est à noter que cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de diffuser l’usage du maori en Nouvelle-Zélande. Ces dernières années, plusieurs tentatives de réintroduction de la langue ont eu lieu. Ce fut notamment le cas en 2018, lorsque les services en charge de la gestion des déchets néo-zélandais ont lancé des bacs de recyclage multilingues dans certaines villes.

D’autre part, en 2020, le Conseil géographique de Nouvelle-Zélande (Ngā Pou Taunaha o Aotearoa), qui est l’autorité de dénomination des lieux de la nation, a approuvé près de 400 noms maoris à travers le pays. Plus généralement, le nom Maori figure désormais sur le passeport néo-zélandais et est de plus en plus utilisé par le public, les médias, les entreprises et le gouvernement.

À l’inverse, d’autres pétitions ont cette fois circulé afin que le nom de Nouvelle-Zélande soit conservé. Signe de cette opposition, un sondage réalisé à la fin de l’année 2021 rapportait que 58 % des Néo-Zélandais interrogés préféraient conserver le nom actuel.

Crédit photo : Flickr (CC BY 2.0/Ronnie Macdonald) (photo d’illustration)
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2 réponses

  1. La demande de changement de nom illustre un fait incontestable : malgré deux siècles de coexistence sur un même territoire et une religion commune, Maoris et Occidentaux restent deux peuples différents. Le « traumatisme de la colonisation » aurait été évité si les Maoris avaient éliminé les arrivants. Ils savaient y faire puisqu’ils ont eux-mêmes éliminé les Morioris. Mais ils ont laissé les migrants s’installer parce qu’ils y trouvaient leur avantage, puis quand ils ont vu où ça les menait, ils leur ont fait la guerre. Trop tard : ils ont eu le dessous et ont subi un grand remplacement. Ils forment à présent une population marginale sur une terre qui était celle de leurs ancêtres (arrivés trois ou quatre siècles avant les Européens).
    Tenter de faire coexister sur une même terre deux cultures très différentes est toujours difficile et de temps en temps meurtrier. L’éviter, c’est mieux.

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