Hongrie. La Russie « menace la plus directe pour la sécurité du pays », référendum sur les sanctions : pragmatisme à Budapest

Hongrie
Si la Hongrie fait figure de pionnière en Europe en annonçant être le premier pays à vouloir consulter sa population sur la levée des sanctions à l’encontre de la Russie, le gouvernement de Viktor Orbán n’en demeure pas moins très méfiant vis-à-vis de cette dernière, considérant que Moscou était devenue « la menace la plus directe » pour la sécurité nationale.

Un référendum sur les sanctions en Hongrie

En France, si le conflit entre la Russie et l’Ukraine est le plus souvent appréhendé à la façon d’un match de football (c’est-à-dire en suivant une logique binaire) par les partisans des deux camps, la complexité liée à la géopolitique, aux réalités géographiques et aux interdépendances économiques conduisent d’autres pays à des approches plus nuancées. La Hongrie en est actuellement l’exemple, contrairement à certaines idées reçues…

D’un côté, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a répondu favorablement le 26 septembre à la demande de la coalition des partis Fidesz-KDNP d’organiser un référendum national portant sur les sanctions de l’Union européenne à l’encontre de la Russie.

Cette demande, annoncée le 22 septembre par Mate Kocsis, chef du groupe parlementaire du parti Fidesz au pouvoir, va donc faire des citoyens Hongrois les premiers en Europe à pouvoir s’exprimer sur le sujet. Si une majorité se dégageait clairement contre ces sanctions à l’issue du vote, Budapest serait ainsi en mesure de faire davantage pression sur la politique menée par l’UE en la matière. L’objectif de la Hongrie étant que les sanctions à l’encontre de la Russie soient levées avant la fin de l’année 2022 tandis que l’inflation atteint un niveau record depuis plusieurs décennies et que la crise énergétique frappe les ménages et les entreprises hongroises.

Selon Mate Kocsis, « ce n’est pas ce que l’élite bruxelloise avait promis aux citoyens européens. Après le premier train de sanctions, les prix de l’énergie ont doublé en un mois, puis triplé. La Russie s’est enrichie et l’Europe s’est appauvrie ».*

Viktor Orbán  : « Chaque pays a ses propres intérêts »

Par ailleurs, Viktor Orbán a d’ores et déjà affirmé qu’il tenterait de s’opposer à une huitième série de sanctions européennes contre le Kremlin, bien que jusqu’à présent, la Hongrie ait accepté les sanctions, même si elle a obtenu des concessions sur le boycott du pétrole brut qui prend effet à partir du mois de décembre.

Durant sa prise de parole lors de la séance d’ouverture du Parlement hongrois le 26 septembre, Viktor Orbán a en outre ajouté que, « sans les sanctions, l’économie européenne serait revigorée et pourrait éviter la récession ».

« Nous sommes confrontés à la fois à un conflit armé local et à une guerre économique mondiale en raison des sanctions économiques occidentales », a déclaré le Premier ministre hongrois. Il a affirmé qu’il fallait s’attendre à une guerre prolongée parce que l’Ukraine est soutenue par les États-Unis et l’UE avec des armes et de l’argent, et que les réserves de la Russie sont infinies en termes d’hommes et d’armes. « Au lieu de poursuivre et d’approfondir la guerre, nous exigeons un cessez-le-feu immédiat et des pourparlers de paix », a-t-il déclaré.

Avant de synthétiser que, « dans une guerre économique qui s’est mondialisée, chaque pays a ses propres intérêts, et les priorités de la Hongrie sont de protéger sa sécurité, son économie et sa souveraineté nationale ».

Moscou désormais « la menace la plus directe » pour la Hongrie

En s’en tenant aux propos du Fidesz et de Viktor Orbán mentionnés ci-dessus, d’aucuns concluront donc que l’exécutif hongrois est résolument pro-russe. Voilà donc le second point qui devrait donner à ces derniers matière à réflexion…

Lors d’une conférence organisée par le Conseil Atlantique Hongrois (ONG créée en 1992 et ayant joué un rôle important dans l’adhésion de la Hongrie à l’OTAN) vendredi 23 septembre pour son 30e anniversaire, Tamás Vargha, secrétaire d’État du ministère hongrois de la Défense a souligné que cette adhésion à l’OTAN avait permis à la Hongrie de transformer son « armée de masse de style soviétique » en une armée efficace et professionnelle.

Tamás Vargha, selon les propos rapportés par l’agence de presse hongroise MTI, a également salué le rôle crucial que joue l’OTAN pour assurer la sécurité dans la région euro-atlantique et en Europe. « Dans un environnement de sécurité qui évolue rapidement, qui est imprévisible et compliqué, le rôle de l’OTAN est hautement apprécié », a-t-il déclaré.

Le secrétaire d’État à la défense a également ajouté que « l’invasion de l’Ukraine par la Russie a renforcé l’unité au sein de l’OTAN », considérant désormais que la Russie était « la menace la plus directe pour notre sécurité, et cela ne changera que si Moscou modifie sa position agressive. »

Par ailleurs, si Tamás Vargha a martelé que tout devait être fait « pour favoriser le rétablissement de la paix en Ukraine », pas question non plus pour lui de verser dans l’angélisme : « Nous croyons que la paix exige la force », a-t-il ajouté en indiquant que l’armée hongroise avait accéléré son développement depuis le début de l’invasion russe.

Au cours de ce même événement du 23 septembre, Péter Sztáray, secrétaire d’État au ministère hongrois des affaires étrangères, a déclaré que, depuis le référendum de 1997, le « soutien de la population à l’OTAN, quelle que soit son orientation politique », a été un point de référence important.  Il en outre déclaré que la Hongrie avait adopté « une attitude cohérente et prête au consensus » depuis son adhésion à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, prenant en considération à la fois ses propres intérêts et ceux de ses alliés.

Concernant la guerre en Ukraine, Péter Sztáray a déclaré que « l’OTAN devrait se tenir à l’écart du conflit, mais cela ne signifie pas que les États membres ne pourraient pas soutenir l’Ukraine. »

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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6 réponses

  1. La Russie n’est une menace que contre ceux qui se sont alliés à l’Ukraine et cherchent à l’affaiblir. Poutine défend son pays !

  2. Après l’attentat contre les pipeline Nord Stream, où les USA sont impliqués par leur présence aux abords avec des navires de guerre et des mini sous-marin, où les Polonais sont impliqués du fait de l’inauguration le jour même de leur pipe avec la norvège, dont le trajet voisine celui des Russes..les Russes n’ont pas encore bougé. Clairement il s’agit de multiplier les provocations de manière à pouvoir déclencher l’article 5 de l’OTAN qui permet de voler au secours du pays membre attaqué. La Russie le sait. L’OTAN ira t-il jusqu’à une attaque en faux drapeau sur un pays de l’OTAN? C’est ce qu’ils font depuis le début de la guerre en Ukraine, accusant les Russes par media interposés. L’OTAN ira-t-il jusqu’à une mini-frappe nucléaire sur un pays allié pour en accuser la Russie et déchainer un tapis de bombe. Hélas, je les en crois capables. J’ai mis des piles dans mon compteur Geiger.

  3. orban n’a ni pull à col roulé ni doudoune et il ne veut pas que son peuple crève de froid cet hiver; quel salop

  4. Depuis Mars 2020!, nous sommes dans la 3 eme guerre mondiale US G7 Otan car les US et l’Occident perdent leur hégémonie mondiale par la Chine Russie Inde etc.
    Le dollar a régné pendant 1 siècle sur le pétrole le gaz etc
    A chaque fois dans l histoire qu un dominant perd , il déclenche une guerre.
    Y’a rien d intelligent et de scientifiques.
    C est simplement une question de pouvoir et d argent .
    En 2022 l être humain n a pas avancé.
    Si tu marche vers la lumière , l ombre sera toujours derrière toi

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