Chypre. Confrontées à une « avalanche » de clandestins, les autorités demandent l’aide de l’ONU

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Le ministre de l’Intérieur de Chypre a demandé de l’aide aux responsables de l’ONU afin de stopper le flux de migrants à travers la zone tampon gérée par les Nations Unies tandis que le pays est débordé par la situation.

À Chypre, une « avalanche » de migrants

À Chypre, la pression migratoire d’origine extra-européenne est de nouveau intenable. À tel point que le gouvernement chypriote, par l’intermédiaire de son ministre de l’Intérieur le 26 septembre, vient de solliciter l’aide de l’ONU afin d’endiguer ce qu’il nomme une « avalanche » de migrants qui, depuis la partie nord de l’île sous occupation turque, traversent une zone tampon contrôlée par les Nations Unies pour demander l’asile, en nombre tel que les autorités ne peuvent y faire face.

Une zone tampon qui ressemble davantage à une passoire puisque, selon le ministre Nikos Nouris, 94 % des 15 130 clandestins ayant déposé une demande d’asile auprès de la République de Chypre (partie sud de l’île) entre le début de l’année 2022 et le mois d’août avaient traversé celle-ci. Ce chiffre est le double de celui de la même période de l’année dernière.

Le ministre de l’Intérieur chypriote s’est ainsi rendu à New York vendredi 30 septembre pour rencontrer le chef de cabinet du Secrétaire général de l’ONU, Courtenay Rattray, et le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, afin de les informer en détail de la situation.

Le rôle de l’ONU dans la gestion de l’immigration en question

Lors de ce déplacement, Nikos Nouris a discuté avec les représentants des Nations Unies de cette question de l’immigration illégale. En effet, si l’ONU est présente à Chypre depuis désormais 58 ans dans le cadre de sa mission de maintien de la paix, l’organisation n’a cependant pas le mandat de mener des opérations visant à arrêter le flux de migrants à travers la zone tampon. Problème : la force de maintien de la paix est seule compétente sur l’ensemble de cette zone tampon d’une distance de 180 kilomètres.

La zone tampon a été créée à la suite de l’invasion turque de 1974, déclenchée par un coup d’État visant l’union avec la Grèce. Seule la Turquie reconnaît la déclaration d’indépendance des Chypriotes turcs dans le tiers nord de Chypre, où la plupart des migrants arrivent sur l’île.

Autre difficulté à prendre en compte, le ministre chypriote de l’Intérieur a indiqué que trois villages chypriotes grecs sont entièrement situés dans cette zone tampon de l’ONU, qu’il a qualifiés d’« angles morts » où les autorités chypriotes n’ont pas accès et ne peuvent pas contrôler les passages de migrants.

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Carte de Chypre. Source : journals.openedition.org

Chypre : plus grand nombre de demandeurs d’asile par habitant

Par ailleurs, les autorités chypriotes grecques mettent en place des barrières le long de la zone tampon, notamment des clôtures en fil de fer barbelé et des systèmes de surveillance de haute technologie, et ont formé une unité de patrouille de 300 personnes destinée à bloquer les passages de clandestins.

D’autre part, si Chypre a intégré l’Union européenne en 2004, il s’avère que la zone tampon en question n’est pas considérée comme une frontière extérieure de l’UE. Or, toujours selon les propos du ministre chypriote de l’Intérieur, les 27 États membres de l’UE ont officiellement reconnu que la zone tampon était une porte d’entrée de l’immigration clandestine et ont donné aux autorités chypriotes le pouvoir d’empêcher les passages en utilisant tous les moyens employés aux frontières extérieures.

Enfin, les autorités chypriotes grecques accusent la Turquie de canaliser les flux de clandestins vers l’île puis vers sa partie sud. À savoir que la République de Chypre serait, selon Nikos Nouris, le pays comptant le plus grand nombre de demandeurs d’asile par habitant dans l’UE.

Toutefois, le pays ne fait pas partie de l’espace Schengen. En 2021, les autorités avaient lancé la construction d’une barrière anti-immigration devant à terme couvrir 11 km de frontières avec la partie turque de l’île.

Crédit photo : Capture YouTube (photo d’illustration)
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