Ariane Bilheran : « Il faut exciter les foules et entretenir la peur pour obtenir la soumission »

Diplômée de l’École normale supérieure (Ulm), Ariane Bilheran est philosophe, psychologue clinicienne et docteur en psychopathologie. Spécialiste de l’étude des manipulations, de la perversion, de la paranoïa et du harcèlement, elle a publié de nombreux ouvrages consacrés à ces thématiques.

Les 24 et 25 septembre 2022, Ariane Bilheran participait à un colloque sur la crise sanitaire organisé à Peyrolles-en-Provence (Bouches-du-Rhône). L’objet de ce colloque consistait notamment à proposer une analyse critique des décisions politiques prises pendant la crise ainsi qu’à étudier le rôle de la fraude et de la corruption dans les sphères juridique, philosophique, psychologique, médiatique et scientifique. Lors de son intervention, Ariane Bilheran a détaillé les modalités d’exercice de la corruption philosophique et psychologique dans le cadre du phénomène totalitaire. « Le phénomène totalitaire fonctionne à l’idéologie. L’idéologie est une croyance qui n’est ni logique ni ne correspond à la réalité de l’expérience. C’est un discours dogmatique, sectaire auquel on va faire en sorte que les gens adhèrent par la propagande de masse », souligne la philosophe. Si la fraude et la corruption constituent des instruments sur lesquels l’idéologie doit s’appuyer pour asseoir son emprise sur les individus et la société, Ariane Bilheran observe que l’expansion du phénomène totalitaire requiert également l’adhésion pleine et entière des individus qui y sont confrontés. Un consentement qui peut notamment être obtenu par la manipulation des émotions et le recours à des mécanismes de répétition grâce au concours des médias.

« Le totalitarisme consiste à faire en sorte que les masses croient un certain discours et règlent leurs comportements par rapport à ce discours. On va veiller à ce que les individus, par l’intermédiaire des médias notamment, n’aient plus accès à leur esprit critique et soient conduits, au nom du bien commun, à commettre des actes qu’ils n’auraient jamais commis en d’autres circonstances », explique l’auteur de l’ouvrage Le Débat interdit.

Pour Ariane Bilheran, le discours proposé aux masses est d’ailleurs voué à évoluer et à investir d’autres champs afin de permettre au pouvoir totalitaire de maintenir son ascendant sur la population. « Il faut continuer à exciter les foules et à entretenir la peur pour pouvoir obtenir la soumission. Si on fige un seul discours, au bout d’un moment le cerveau humain est fait de telle façon qu’il va commencer à interroger ce discours figé. Il va sortir de la peur, de la sidération et commencer à interroger ce discours qui va lui paraître totalement irrationnel et paradoxal », observe Ariane Bilheran. « Aujourd’hui, nous voyons apparaître des discours dont la structure et la forme semblent similaires à propos de l’écologie, de l’énergie, de la guerre, etc. Cette structure est la suivante : il y a un danger terrible qui nous menace gravement et qui justifie la mise en place de mesures d’exception qui aliènent nos droits et autorisent le sacrifice d’une partie de la population », ajoute-t-elle. Si les discours évoluent, la culpabilisation des foules auxquelles ils sont destinés en constitue toujours un élément majeur. « Nous devenons tous des coupables en puissance, des coupables de consommer de l’énergie, des coupables d’émettre du carbone, des coupables de vivre. Tout ceci fait partie de la logique totalitaire. » Selon Ariane Bilheran, l’irruption du phénomène totalitaire peut aussi être vu comme le symptôme d’une société malade, qui a depuis longtemps perdu ses valeurs et ses repères. « Tout ceci est l’indication d’une décadence morale majeure, mais qui vient signer quelque chose qui était déjà là. »

Retrouvez le témoignage intégral d’Ariane Bilheran dans la vidéo signée Epoch Times

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

10 réponses

  1. La question est : comment s’en défendre? S’informer oui mais le totalitarisme contrôle aussi l’information. Raisonner avec les éléments connus? Ils se raréfient. Se regrouper avec des personnes qui pensent un peu? Oui mais chacun a dégagé une partie seulement du mensonge et adhère aux autres. Et puis le totalitarisme est basé sur l’émotionnel. Rien de raisonner. De plus il envahit toutes les sphères. S’en défendre tous azimuts est épuisant. Alors on finit par abandonner. un peu ou beaucoup et s’occuper de sauver sa petite vie dans ce tourbillon.

  2. Après tentative, il est impossible de partager cet article malgré (et peut être surtout en raison de) son grand intérêt.  » L’application est inactive?!?!….. »
    Jean Grolleau

  3. Bonjour, comment faites-vous Madame pour échapper à la censure, professionnelle, médiatique, etc… afin de faire connaître votre message? Je vois que vous écrivez beaucoup, je ne vous connaissais pas…

  4. Pas besoin de faire appel à la désinformation des médias pour enterrer un esprit critique qui n’ existe pas chez la grande masse des humains ! Celle-ci exige d’être guidée, c’est beaucoup plus confortable que de vouloir être libre car cela signifie aussi être responsable.
    la majorité des adolescents au-dessous de vingt ans, les votants de demain, ne croient pas aux institutions démocratiques, ne voient pas d’inconvénient à la censure des idées impopulaires, ne jugent pas possible le gouvernement du peuple par le peuple et s’estiment parfaitement satisfaits d’être gouvernés d’en haut par une oligarchie d’experts assortis, à condition de pouvoir continuer à vivre dans les conditions auxquelles une période de grande prospérité les a habitués, smartphone à la main bien évidemment. »

  5. Oui, l’Etat Providence Français est matriarcal, il nous biberonne, c’est ce que disent les masculinistes: le gynocentrisme… Les sacrifiés vont être les hommes, c’est ce que veulent les féministes…

  6. Quid de la Chine? Totalitaire? Ou seulement l’Occident? L’Humanité c’est seulement l’Occident, ou le monde entier? L’Occident dégringole, la Chine monte? Qui est totalitaire? Ce n’est pas clairement dit dans votre propos…
    Néammoins, je plussoie à votre discours, bravo!!!

  7. J’ai traversé difficilement l’époque de la plandemie qui n’est sans doute pas terminée… j’ai la chance que mon opinion sur ce qui s’est réellement passé soit partagée dans ma famille et avec mes quelques amis.. malgré tout ce fut difficile et je me suis sentie isolée au milieu d’un océan d’indifférence quand ce n’était pas de l’hostilité… j’appréhende la suite car je crois que Ariane Bilheran a raison nous n’en avons pas fini avec ce totalitarisme qui vient.. néanmoins trouver ce témoignage est réconfortant et je l’ai partagé avec les membres d’un association…

  8. la peur ! ils ont trouvé le bon filon, trop de pleutres dans la plèbe, mais paradoxalement parmi les gouvernants

Les commentaires sont fermés.

- Je soutiens BREIZH-INFO -

PARTAGEZ L'ARTICLE !

LES DERNIERS ARTICLES

ARTICLES LIÉS