L’autonomie bretonne. Oui, mais pourquoi donc ? [L’Agora]

Bonnets rouges

Un colloque s’est tenu ce samedi à Carhaix, sur la question de l’autonomie bretonne, rassemblant 150-200 personnes. N’y étaient conviées quasiment que des personnalités de gauche ou de centre-droit (bretonne, corse, ou catalane), toutes imprégnées par une grille d’analyse idéologique et politique restée figée dans le 20ème siècle.

D’où la question qu’il est fondamental, urgent de se poser aujourd’hui. La Bretagne autonome au 21ème siècle, mais profondément ancrée dans la Civilisation européenne, oui, c’est fondamental. Mais pour quelles raisons et sous quelles formes ?

C’est là qu’il devient indispensable de proposer notamment à la jeunesse bretonne du 21ème siècle une autre grille de lecture idéologique et d’autres propositions que celles qui sont encore émises aujourd’hui par ceux qui ont, de près ou de loin, contribué à nous amener dans la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui.

Premièrement, il faut en finir avec le mythe issue des luttes « décoloniales » comme quoi la Bretagne serait un pays colonisé, dans lequel on présente toujours le Breton comme une victime qui devrait systématiquement se comparer avec ses « frères » algériens, palestiniens, avec tous les « peuples en lutte » dans le monde. Il faut en finir définitivement avec ce vocable marxiste, ce lexique d’éternels perdants de l’histoire.

Non, la Bretagne n’est pas une colonie française. C’est même profondément humiliant que de se penser être un colonisé. D’ailleurs, ceux là même qui défendent aujourd’hui ce postulat sont ceux qui ont épousé l’idéologie républicaine française – sans le jacobinisme – et toutes les lubies sociétales qui en découlent aujourd’hui, gangrénant profondément notre société bretonne comme d’ailleurs, tout le reste de l’Occident. On en vient même à se demander parfois ce qu’ils reprochent à la République française tant ils en ont épousé toute l’idéologie. Car vouloir une Bretagne autonome pour y reproduire, sur un plus petit territoire, le même centralisme, mais aussi le même universalisme, c’est se tirer une balle dans le pied.

La Bretagne a simplement une histoire en partie distincte d’avec la France (comme d’avec l’Angleterre d’ailleurs), histoire faite d’alliances, de guerres, de conquêtes, mais aussi de soumission et de marchandages. La Bretagne a enfanté les Bonnets rouges, mais aussi Bertrand Du Guesclin. Elle a vu naitre les plus grands rebelles vis à vis de la France, mais aussi ceux qui l’ont gouvernée, et qui ont piloté, ici un ministre, là un Préfet, là encore un grand chef d’entreprise, son destin depuis plusieurs décennies.

Non, la Bretagne n’est pas une « terre d’accueil, ouverte sur le monde »

Si une petite minorité de Bretons a voyagé, au cours de notre histoire (aventuriers, serviteurs du roi de France, commerces divers…) , ce n’est pas le cas de la grande majorité des Bretons qui ont peuplé notre pays depuis des siècles, et qui sont restés majoritairement sur leurs terres.

C’est pourtant ce poncif qui sert à tout ce que la Bretagne compte de prêtres antiracistes et universalistes pour justifier le repeuplement progressif de nos contrées par des populations venues du monde entier. Voyez ce qu’ils ont accepté que la République française et ses valets fassent de nos villes, de Rennes à Nantes, de Brest à Saint-Brieuc..mais aussi de certaines de nos campagnes, au nom de la religion de « l’accueil de l’autre » depuis des décennies. Serions-nous à ce point des esclaves pour n’avoir ni la force, ni le courage, ni même l’envie d’imposer le rapport de force vis à vis de l’Etat pour décider qui nous voulons, et qui nous ne voulons pas, sur notre propre sol, sur la terre de nos ancêtres ?

Non, tout le monde ne peut pas être Breton

« Est Français qui veut, est Breton qui peut » clamait un slogan pertinent il y a quelques années. Et pour être Breton, hormis quelques exceptions naturelles, encore faut-il justifier d’une quelconque appartenance ethnico-identitaire à la Bretagne. Et ne pas avoir peur de dire que oui, le Breton expatrié depuis plusieurs générations à Paris a une légitimité bien plus importante en Bretagne que le Malien exploité dans un abattoir du Centre-Bretagne depuis dix ans. Que oui, la diaspora bretonne de par le monde est, par définition bretonne, ce que ne sont pas les innombrables extra-européens qui peuplent les « quartiers sensibles » des villes bretonnes – et qui d’ailleurs eux mêmes ne se revendiquent pas et ne se revendiqueront jamais Bretons.

Alors il se trouvera toujours des idiots utiles ou faisant semblant de ne pas comprendre, pour rétorquer qu’un tel est là depuis deux, trois, ou cinq générations, qu’il parle breton et se sent Breton, qu’il joue de la musique bretonne, qu’il est totalement intégré en Bretagne. Mais ces gens là parlent de quelques dizaines (centaines ?) d’individus, là où l’on vous parle de ce qui constitue le socle identitaire et culturel d’un peuple. Et en termes macro, non, tout le monde ne peut pas être Breton y compris si il le revendique. Hormis encore une fois à épouser la doctrine républicaine française, qui fait de l’hexagone une terre où il suffit d’épouser la langue, et d’y faire un enfant (ou d’y habiter quelques années avec un travail) pour pouvoir obtenir la même carte d’identité que vous et moi….

Une fois ces constats effectués, et les choses remises en place, revenons à la question du départ, pourquoi l’autonomie bretonne, et sous quelle forme ?

Voici quelques éléments de réponse qui mériteraient d’être développés, pourquoi pas dans un ouvrage prochain.

  • A l’heure où la mondialisation des échanges, des économies, des hommes, montre chaque jour ses limites et ses conséquences désastreuses sur la planète, il est légitime de penser son territoire, sa patrie charnelle, comme étant l’espace géographique le plus sain, pour permettre à un peuple homogène (et quelques invités choisis et triés sur le volet) de s’épanouir.
  • L’autonomie bretonne devra être l’inverse du centralisme parisien. Et pourquoi pas d’imaginer une organisation autour des communes, puis des pays bretons, puis de l’entité bretonne globale, avec à chaque strate, non plus des élus, mais les citoyens eux mêmes qui, grâce aux technologies actuelles, voteraient pour leurs destins locaux, régionaux, chaque semaine ou chaque mois, chargeant ensuite des administrateurs d’appliquer les décisions prises par la population. La voici la vraie démocratie, le voici le vrai pouvoir par et pour le peuple.
  • L’autonomie bretonne, si elle passe nécessairement par la création d’une justice spécifique, d’une police spécifique également, ainsi que d’une multitude de prérogatives que la Bretagne ne possède pas aujourd’hui, ne passe bien évidemment ni par la constitution d’une armée bretonne, ni même d’une recherche spécifiquement bretonne. Il faudra, toujours dans une logique de réciprocité, travailler avec tous les autres partenaires qui constituent la civilisation européenne, pour mettre nos forces en commun dans les domaines qui ne peuvent relever d’un seul petit territoire comme la Bretagne, et notamment dans le domaine militaire.
  • L’autonomie bretonne signifiera la priorité, sur la terre bretonne, de Brest à Clisson, pour chaque autochtone de Bretagne, à acquérir un logement, un travail, ou à monter une entreprise. Qu’ils sont hypocrites ceux qui hurlent contre les résidences secondaires qui pullulent, tout en chérissant les maux qui produisent cette situation.
  • Cela ne signifie pas que des frontières et des barbelés seront mis en place aux frontières de la Bretagne, mais simplement que chaque membre de la communauté bretonne aura son privilège de sang, d’histoire, de culture, de base ethno-culturel, sur ceux qui prétendraient eux aussi à vouloir vivre dans notre pays. Ce raisonnement paraitra logique à la grande majorité des habitants de cette planète qui fonctionnent ainsi, sauf bien évidemment aux cerveaux malades des hommes-femmes/soja qui se reproduisent à vitesse grand V en Occident.
  • L’autonomie bretonne mettra fin aux maux dans les grandes métropoles, par une politique d’expulsions massives de tous ceux qui n’ont pas vocation à vivre avec notre communauté, par une politique judiciaire redevenue saine et non idéologique, par une politique pénale ferme mais juste (voyez l’état scandaleux des prisons bretonnes…) par une répression de tous les instants visant le trafic de drogue, par une politique de santé publique visant à faire que les générations à naitre ne connaissent plus ni alcoolisme, ni toxicomanie, ni médico-dépendance…
  • L’autonomie bretonne signifiera enfin, le retour aux valeurs traditionnelles qui constituent le socle de la civilisation européenne.  Un père, une mère. Une famille. Des enfants. Des spiritualités européennes. Une instruction dénuée de toute propagande idéologique et centrée sur l’acquisition des savoirs. Autant dire que les partisans du wokisme peuvent, là encore, préparer leurs valises (ou s’adapter à la société bretonne telle qu’elle est, pas celle issue de leurs fantasmes les plus morbides).

En résumé, ça ne sera pas en vertu d’un « droit » à l’autonomie ou parce que nous exigerions quelconque réparations pour les noyades de Nantes ou le mariage de la Duchesse Anne que l’autonomie bretonne est souhaitable, et que nous devons nous battre pour elle.

C’est justement pour en finir – nous avons encore un peu de temps devant nous avant qu’il ne soit trop tard – avec la République française et les maux qu’elle entend nous importer après avoir laisser pourrir la situation et la vie de millions d’individus qui peuplent l’hexagone. C’est pour redevenir maître chez nous. C’est pour redonner la priorité à l’héritage du sang, et du sol. C’est pour pouvoir parler, lire, écrire, compter, inventer, débattre, créer dans nos langues.

C’est pour enfin, permettre à nos enfants de vivre dans une société sûre, apaisée, homogène, loin de la société mortifère qu’est devenue, aujourd’hui, la société française, du fait d’élites déconnectées, idéologues, vicieuses, lâches aussi, qui ont tout simplement abandonné les peuples dont elles avaient la charge.

Pour cela, il est évident qu’une nouvelle génération de Bretons doit se lever. Fonder un mouvement qui séduise son peuple, notre peuple. Qui réponde à ses attentes actuelles et qui ne se contente pas d’attendre que des mouvements français le fassent à sa place. Qui donne chaque jour un nouvel espoir à une population qui n’en peut plus de vivre la crise économique, sociale, migratoire, culturelle, sécuritaire. Un mouvement qui ait envie de donner le sourire aux visages de nos enfants.

Un mouvement visible, révolutionnaire, futuriste. Imperméable à la réaction, refusant la nostalgie d’une histoire mythifiée et les errements idéologiques d’un siècle qui a vu des dizaines de millions d’Européens s’entretuer pour satisfaire les élites jouant sur les nationalismes les plus idiots, les plus obtus.

La Bretagne autonome de demain, c’est la reprise en main, complète, de notre destinée. Vivre libre, pour ne plus subir, et pour ne pas mourir, en tant que peuple, et plus globalement, en tant que civilisation.

Ni hon unan. Evit ar vro, betek an trec’h.

Julien Dir

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8 réponses

  1. tout ce que fait la Bretagne en ce moment: dons pour les ONG, SOS mediterranée, faire des villages d’imigrés ! etc. si c’est ça l’autonomie que veulent les islamo gauchistes, faire de la Bratagne une BRETAFRICAINE ! il faugra faire une ligne de demarcation et herisser un mur !!!

  2. Eternelle malédiction du mouvement breton ! Pendant le plus clair du 20e siècle, il en était encore au 19e siècle, feiz ha breiz, sabots et chapeaux ronds. Au 21e siècle, il reste fixé sur des concepts décolonisateurs et droitsdelhommistes du 20e siècle. Pis, dans ses incarnations successives, il s’est presque toujours tortillé comme une chatte en chaleur devant les grands prêtres des modes politiques du moment. Il a été fasciste en 1940, technocratique après la guerre, gauchiste et union de la gauche à la fin du siècle dernier, mondialiste aujourd’hui, dans l’espoir d’obtenir quelques strapontins dans des conseils municipaux et quelques entrefilets dans « Le Monde » et « Libération » (tiens, ça existe encore, Libé ?). Il n’y a pas plus colonisé que nos autonomistes.

  3. Je partage la très grande partie de votre analyse, mais je ne vois vraiment pas comment on peut penser que la Bretagne ne soit pas une colonie de la France. Elle en a pourtant tous les aspects, hormis le fait que nous ayons le droit de vote (seulement celui de choisir entre les agents présélectionnés des élites), nous n’avons pas le droit d’enseigner notre histoire nationale, ni notre langue à la très grande majorité des enfants de notre peuple et les pouvoirs politiques principaux sont à l’étranger. Comment appelez-vous une telle situation ? Merci.

  4. Que des Bretons contaminés par la doxa rouge ou républicaine (ce n’est qu’une question de nuance), en viennent à comparer les descendants des Chouans aux fellahas algériens, est vraiment humiliant. Rappelons tout de même qu’un Européen digne de ce nom, ne saurait se considérer comme « colonisé » quand bien même sa terre serait occupée illégitimement. Oser un tel amalgame, c’est cracher tout bonnement sur l’essence de son peuple et partager le délirant égalitarisme jacobin.

  5. Texte tout a fait juste. La Bretagne n a rien a faire dans le temple de la connerie qu est le regime Elyseen.

  6. tout simplement parce qu’on est jamais si bien servi que par soi même! halte aux jacobinisme qui proposent des sachants qui pensent pour les bouseux

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