Langue bretonne : Rozenn Milin met les pieds dans le plat

On connaît Rozenn Milin ; elle fut la cheville ouvrière de TV Breizh, à l’époque où Patrick Le Lay était le grand manitou de TF 1. Malheureusement, François Fillon, à l’époque Premier ministre, empêcha TV Breizh d’être diffusé sur les ondes hertziennes ; ce fut donc un échec pour la chaîne faute de posséder une audience suffisante. Aujourd’hui, TV Breizh n’a plus de Breizh que le nom et se contente de diffuser des séries américaines. Et il y a plusieurs années que Rozenn Milin est partie. En octobre, elle a soutenu avec succès une thèse intitulée « Du sabot au crâne de singe. Histoire, modalités et conséquences de l’imposition d’une langue dominante. » (Rennes-2). Elle s’intéresse particulièrement à la mutation linguistique rapide en Bretagne. « Il y a bien eu en France une volonté affirmée d’éradiquer les langues autres que le français, à partir de la période de la Terreur sous la Révolution. L’école a été, non pas la cause, mais l’outil qui a permis de mettre en œuvre ce dessein, avec sa cohorte de punitions et de méthodes à base d’humiliation et de stigmatisation.

Dès lors, contrairement à ce que l’on entend et lit désormais régulièrement, d’innombrables témoignages montrent que l’abandon de la langue bretonne par ses locuteurs n’a pas été vécu si sereinement ; nombreux sont ceux qui ont été tellement infériorisés qu’ils ont fini par croire qu’ils étaient de fait, inférieurs, et par tout faire pour se conformer au modèle du dominant », écrit-elle (Le Peuple breton, novembre 2022).

La tentative de Yann Fouéré

Dans le passé, il y a bien eu quelques tentatives pour s’opposer à cette politique. La plus importante fut conduite par Yann Fouéré qui créa, en 1934, l’association Ar Brezoneg er Skol, à partir du Cercle des étudiants bretons de Paris. Dès la fin de l’année, ABES adresse une lettre circulaire et un exemplaire de vœux aux conseils municipaux de Bretagne. On postera 1 500 à 2 000 courriers de ce type deux fois par an, à la veille des sessions municipales. Le vœu est « que le Gouvernement se préoccupe de la question de la langue bretonne […] Qu’elle soit enseignée officiellement en même temps que le français dans les écoles publiques de Basse-Bretagne […] Son entrée officielle dans l’enseignement secondaire à titre de langue facultative valable pour l’obtention des titres et diplômes. » ABES « n’est pas une ligue ou un parti. Elle ne se réclame d’aucune tendance politique ou religieuse, d’aucune opinion bretonne définie ; elle se borne à grouper des hommes décidés à faire aboutir la réforme qui nous donnera le breton à l’école », assure Fouéré. Dans cette affaire, il fut aidé par Yann Sohier, le leader d’Ar Falz, le mouvement des instituteurs laïcs partisans de l’enseignement de la langue bretonne, qui affirmait « mes idées restent profondément communistes et bretonnes ». La partie ne fut pas facile pour Yann Sohier puisqu’il fut l’objet d’attaques de la part du journal Le Populaire de Nantes qui voyait une entreprise réactionnaire en toute action en faveur de la langue bretonne (Voir l’ouvrage de Sébastien Carney « Breiz Atao ! », Presses universitaires de Rennes)

Pour la période 2022-2023, 19 764 élèves sont inscrits des établissements où la langue bretonne est enseignée : 4 048 chez Diwan, 10 259 dans l’enseignement public et 5 457 dans l’enseignement catholique. On note une petite progression puisqu’en 2021-2022, on ne comptait que 19 336 élèves dans les établissements en question : + 428 (Le Peuple breton, novembre 2022).

Bernard Morvan

Crédit photo : DR
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6 réponses

  1. Demat,
    Je vis a Rambouillet et aimerais apprendre le Breton mon arrière grand père était Bretonnant et je me suis toujours senti attachée à la Bretagne et à sa culture auriez-vous s’il vous plait une adresse à me proposer
    Belle journée
    Noé

    1. bonjour,

      Adresse mél : [email protected]
      (enlever les caractères ENTROP pour avoir l’adresse exacte).
      Vous pouvez également nous écrire ici
      Téléphone

      En période d’ouverture un accueil téléphonique est assuré :

      en semaine tous les jours de la semaine de 18 h à 23 h
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      Adresse postale

      Mission Bretonne/Ti ar Vretoned
      22 rue Delambre
      75014 Paris

  2. L’assassinat de la langue bretonne (pas tout à fait réussi, Dieu merci !) par l’Etat français est un véritable crime, une honte absolue qui rend indécente toute mention des « Droits de l’Homme » par un dirigeant français. Un peu de pudeur, Messieurs !

    Oser faire la leçon aux Chinois à propos des Tibétains ou des Ouïgours quand on a un tel casier judiciaire, il ne faut pas manquer d’estomac !

    La destruction des ruines de Palmyre par Daesh a soulevé à juste titre l’indignation du monde civilisé. Que dire de l’ethnocide entrepris méthodiquement et poursuivi impitoyablement depuis plus de deux siècles sur le territoire de la République et qui est un crime plus monstrueux encore. Et on a vu, il y a peu, des misérables en appeler au Conseil Constitutionnel pour torpiller une loi susceptible de permettre aux langues minoritaires de survivre, une loi votée par la représentation nationale ! Dans quel monde vit-on ?
    Je sais bien : on reproche aux Espagnols la destruction des civilisations pré-colombiennes, aux Américains le massacre des Indiens, aux Turcs le génocide arménien, aux Allemands l’extermination des Juifs et cette liste n’est pas exhaustive ! « Tous ont péché », comme disait Saint Paul. La France avec le génocide vendéen et le meurtre prémédité, planifié, diaboliquement mis en oeuvre, de cultures multiséculaires et d’une richesse irremplaçable mériterait de figurer en bonne place dans cette liste de coupables. Avec l’hypocrisie en plus !

    Oui, il est vraiment temps d’arrêter le massacre et de devenir un pays « normal » !

    Marcel Texier, agrégé d’anglais, ancien professeur de français en Angleterre, en Suède, aux Etats-Unis et auteur de « La Bretagne n’a pas dit son dernier mot » (Yoran Embanner)

  3. Nous aimons énormément la Bretagne et les Bretons. Ne l’étant pas puisque Nantais, je pense que multiplier les disciplines linguistiques auprès de nos chères têtes blondes déjà si peu enclines à l’étude, est-ce bien raisonnable?
    D’autant plus que les langues dites « régionales » sont avant tout des patois avec des structures orthographiques assez pauvres .
    Sans rancunes amis Bretons !

    1. Pas breton car nantais! Comment se nomme le château au cœur de votre ville ? Le Breton un patois…pas plus que le français qui n est qu un dialecte roman… et structures orthographiques assez pauvres ! Trawalc’H ! occupez vous avec le pluriel breton et les mutations consonantiques…,ça vous occupera des années !

    2. Pauvre Quignon ! Nul en géographie et nul en histoire. Peu de connaissances linguistiques également. Tout ça n’est pas un crime. J’ai connu des gens qui étaient dans le même cas et qui n’étaient pas bêtes du tout, mais ils avaient l’intelligence de se taire sur les sujets qui manifestement dépassaient leurs compétences.
      Marcel Texier

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