Quand Yann Fouéré évoquait « La nécessaire autonomie territoriale des ethnies »

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Barr-Avel, blog nationaliste breton né en 2020, vient de rappeler un texte écrit par Yann Fouéré au sujet de « la nécessaire autonomie territoriale des ethnies », texte qui semble particulièrement d’actualité eu égard des évènements qui se précipitent, en Europe notamment.

« La démocratie, écrit Charles Becquet, n’est pas seulement tournée vers la liberté de l’individu, mais encore vers la liberté des communautés ethniques : à quoi bon chanter l’ère des temps nouveaux si un grand peuple peut opprimer un petit sous le prétexte qu’ils vivent côte à côte dans le même Etat… L’ancien régime avait ses princes de droit divin. Le nôtre a ses peuples seigneurs. » Et il ajoute : « Ce qui doit être condamné et répudié, c’est l’Etat plurinational centralisé, dernière réplique d’une époque disparue, et non le principe nationalitaire fruit du progrès social. »

Pour subsister, les ethnies et les groupes humains ont besoin, comme les hommes, de la protection de la loi. Comme toutes les créations naturelles, comme l’homme lui-même, elles y ont le droit le plus strict : elles ont le droit à la protection de leurs membres, de leurs langues, de leurs cultures, de leurs sols, de leur économie, de leurs religions, de leur intégrité territoriale ; ces droits collectifs sont parfaitement distincts de ceux des individus. Or le seul moyen d’éliminer l’oppression ethnique, la seule possibilité de protéger le groupe, sa culture, son intégrité et ses intérêts, est de créer des sociétés politiques à base ethnique : si l’ethnie ne dispose pas du pouvoir politique, elle est privée de sa suprême garantie. « L’autonomie, écrit Guy Héraud, est un élément indispensable de protection ethnique. Soutenir le contraire reviendrait à nier le rôle de l’appareil étatique dans les secteurs démographique, économique, social et culturel. Quand le groupe n’a pas la maîtrise politique et administrative de ces différents secteurs ceux-ci sont gérés à son détriment dans l’intérêt exclusif de l’ethnie dominante. »

Il est en général contraire à la nature des rapports ethniques et à l’histoire la plus récente qu’une communauté, parvenue à s’assurer le contrôle de l’Etat, ménage à ses minorités l’accès à l’autonomie : cela ne se produit que sous l’influence extérieure. Le problème reste donc insoluble en dehors de la « territorialisation » des ethnies et la reconnaissance de leurs droits à l’autonomie politique. Il est la seule alternative aux transferts inhumains de population par lesquels des Etats totalitaires ont voulu régler les problèmes ethniques ou de minorités.

L’intégration absolue des ethnies se révèle de plus en plus impossible, même entre les Grecs et les Turcs de l’île de Chypre qui ont pourtant cohabité longtemps. Elle devient contre nature si elle met en jeu des peuples et des races aussi différentes que les Noirs et les Blancs. Commentant ce problème au sujet des Etats-Unis, Thierry Maulnier indique que « l’intégration elle-même, à moins d’aller jusqu’au métissage universel ne donnerait pas l’égalité. Toute minorité, même si des droits égaux lui sont reconnus par les lois et les mœurs, se tient pour opprimée en tant que telle, en vertu même de la règle majoritaire de la démocratie, si elle ne dispose pas d’un statut d’autonomie.

Le métissage ne peut être l’idéal d’une civilisation : il accélérerait l’atomisation de l’homme et son déracinement ; il conduirait tout droit à l’avènement d’une société d’insectes. L’évolution la plus récente des idées et du droit précise que les Etats ont l’obligation d’assister les groupes raciaux, ethniques et culturels divers qui les composent dans leur développement particulier, culturel, économique et social. Ni les sociétés humaines naturelles, ni les ethnies, ni les cultures n’ont été faites pour s’intégrer les unes aux autres : aucune n’y reconnaîtrait plus son visage. Chacune d’elles peut apporter au monde un message, mais à la condition de conserver son identité. Le problème est de les faire cohabiter en paix afin que des échanges féconds puissent s’établir entre elles.

Certains philosophes croient au caractère hermétique des cultures, à leur succession dans le temps, non à leur filiation. De fait, la culture occidentale ne s’est pas révélée dans ses résultats éducatifs en Afrique comme un article d’exportation à toute épreuve. Priver un homme de sa culture pour lui en imposer une autre est de toute façon une mutilation. C’est en restant fidèles à elles-mêmes et en puisant dans leur propre génie que les ethnies africaines pourront apporter une contribution valable à la civilisation du monde. Les Noirs du Soudan du Sud ne peuvent accepter la cohabitation avec les Arabes du Nord qui veulent leur imposer leur langue, leur culture et leur religion. Les Jurassiens francophones supportent avec peine d’être minoritaires dans le canton germanisant de Berne. En Europe, comme aux Etats-Unis et en Afrique, la seule solution au problème apparaîtra vite comme étant dans toute la mesure du possible, la territorialisation des ethnies et la reconnaissance du droit de chacun à l’autonomie politique, par la création de régions-États, de districts et de cantons séparés.

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